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  • : DIOCÈSE DE TSHUMBE
  • DIOCÈSE DE TSHUMBE
  • : Église Catholique au Sankuru, en République Démocratique du Congo.
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  • Pierre Claude OKONDJO
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 10:00

Abbe-Jose-MPUNDU.jpgAbbé José MPUNDU, auteur du présent article, est l'un de grands animateurs du "Groupe Amos", créé en 1989; groupe de confession chrétienne qui prend racine dans la philosophie et la spiritualité du prophète Amos pour préconiser la non-violence en réaction aux violations des droits de l'homme et de la démocratie au Zaire, actuelle République Démocratique du Congo, son pays. Le 16 février 1992, il fut co-organisateur de la marche des chrétiens pour réclamer la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) sous le régime du Maréchal Joseph Désiré MOBUTU. Auteur de plusieurs écrits, José MPUNDU a reçu par deux fois, de "Pax Christi International", le prix de la Paix pour son engagement dans le "Groupe Amos". En tant que prêtre, il ne se contente jamais de discours qui sont absents d'action concrète.

 

La plupart des rapports que nous entendons sur les élections du 28 novembre 2011 en RDC, qu’ils viennent des missions d’observations tant internationales que nationales, disent pratiquement la même chose. En résumé, ils disent ceci: «Les élections, d’une manière générale, se sont bien déroulées selon les normes universelles, hormis quelques irrégularités observées par ci par là et des cas de violence avec mort d’hommes, irrégularités qui ne peuvent pas influencer les résultats des urnes ». Ces irrégularités, expliquent les uns et les autres, sont à mettre dans le compte d’une mauvaise préparation ou d’une négligence ou encore d’un manque de professionnalisme de la part des agents de la CENI. Presque tous terminent par inviter les candidats et le peuple à accepter le verdict des urnes qui sera connu le 6 décembre à l’occasion de la proclamation des résultats provisoires par le Président de la CENI.


Ces rapports sont manifestement idéologiquement orientés. Derrière ces rapports officiels obéissant à une certaine idéologie se cache la vraie réalité de nos élections. Pour moi, cette vérité du scrutin du 28 novembre pourrait se résumer en ces termes: des élections bâclées avec une volonté délibérée de tricher dans un climat de violence organisée.
 
Elections bâclées
Durant les cinq années de la législature qui s’achève, nous n’avons pas vu dans le budget de l’Etat une rubrique concernant la préparation des échéances électorales prévues par la constitution du pays.


Bien plus, la mise en place de la CENI qui devait remplacer la CEI s’est faite tardivement et on dirait dans la précipitation et sous une certaine pression tant interne qu’externe. La loi organique portant organisation et fonctionnement de la dite CENI porte en elle les germes du débâcle électoral que nous sommes en train de vivre. En effet, comment espérer avoir une commission nationale électorale indépendante lorsque celle-ci est composée par les politiciens qui vont concourir aux élections et que la majorité au pouvoir soit aussi majoritaire dans le bureau de cette institution? Comment avoir confiance en une institution qui n’a d’indépendance que le nom?


Le calendrier établi et annoncé par la CENI n’a pas été respecté. En effet, à part la date du 28 novembre qui a été maintenue à tout prix, les autres opérations ont toutes connues un grand retard qui normalement devait amener à repousser la date de la tenue du scrutin. Par conséquent, les élections se sont tenues malgré le fait que le matériel électoral n’ait pas été déployé dans tous les centres de vote.


Tout s’est passé dans un climat de précipitation comme si les élections étaient un but en soi et qu’il fallait les tenir même dans le désordre.
 
Volonté délibérée de tricher
Cette volonté de tricher ou de manipuler le processus électoral en faveur d’un candidat a commencé avec la révision cavalière de la constitution en réduisant le nombre de tour du scrutin à un seul tour. Une révision constitutionnelle qui n’a pas fait l’objet d’un référendum populaire et qui a été réalisée dans un climat de corruption avérée.


La révision du fichier électoral a été aussi réalisée dans le même climat de laisser-aller. On a parlé des doublons, des omissions, de la remise des cartes d’électeurs à des enfants, à des policiers et militaires ainsi qu’à des étrangers. La résistance opposée par la CENI à la demande d’un audit du fichier électoral s’inscrit dans le même cadre d’une volonté de tricher.


Durant le déroulement du scrutin, la présence des bulletins de vote déjà cochés en faveur d’un candidat est une preuve de cette volonté de tricher. On ne peut pas parler ici d’une simple irrégularité. Comment ces bulletins se sont-ils retrouvés entre les mains de ces particuliers ? Qui les leur a donnés?


L’exclusion ou la mise à l’écart de certains témoins des bureaux de vote ainsi que l’enlèvement de certaines urnes par des éléments armés pour des destinations inconnues sont aussi autant des preuves de fraude électorale.
 
Elections dans un climat de violence organisée
Déjà dans la période préélectorale, avant même la campagne électorale, nous avons observé des scènes de violence de la part de deux camps : la majorité et l’opposition. Nous noterons par exemple la destruction méchante voire l’incendie des sièges des partis ou des chaînes de télévision… des morts d’homme… Pendant la campagne et surtout le dernier jour de la campagne à Kinshasa, nous avons assisté à des scènes de grande violence.


Le jour même de la tenue du scrutin, on a enregistré des morts d’homme dans différents coins de la capitale et du pays. Et cela de la part de la population et de la part des éléments armés sous contrôle du pouvoir finissant.


Tous ces éléments que nous venons d’évoquer montre clairement, nous n’avons pas eu de vraies élections. Comme en 2006, nous nous sommes retrouvés dans une mascarade d’élections n’ayant pour seul objectif de donner une légitimité interne à celui qui a déjà été choisi par les « faiseurs de rois » dans nos pays du Tiers du monde et particulièrement en Afrique. D’où la manipulation non seulement des résultats mais aussi de l’opinion tant nationale qu’internationale pour l’acceptation du « verdict » des urnes. Un verdict que nous savons à l’avance truqué et trafiqué en faveur d’un candidat. Avec comme conséquence, comme en Côte d’Ivoire, la guerre civile.
 
 
Que devrait être le rôle de l’Eglise dans cette situation?
L’Eglise qui a participé activement à ce processus en s’investissant d’abord dans un grand travail d’éducation civique et électorale et ensuite dans l’observation des opérations du scrutin en déployant 30.000 observateurs à travers tout le territoire national, a le devoir de veiller à la proclamation de vrais résultats des élections. Au regard de ce qui se prépare, nous pouvons dire qu’il n’y a que la hiérarchie d l’Eglise catholique qui peut éviter au pays un second hold-up électoral et un coup d’état organisé qui pourrait déboucher à un bain de sang.


Aussi, nous croyons que notre Eglise pourrait s’inspirer de ce qui s’était passé aux Philippines à l’époque du président Marcos. En effet, après avoir triché aux élections, le président Marcos s’est proclamé vainqueur aux élections qui l’opposait à Madame Cori Aquino. C’est le Cardinal Sin, d’heureuse mémoire, qui a pris son courage prophétique à deux mains pour proclamer, à partir de la Radio Veritas , les vrais résultats des élections. A la suite de cette proclamation, les américains ont envoyé un hélicoptère pour prendre Marcos et l’ont amené aux USA où il est allé en exil.


Les évêques de la CENCO auront-ils ce même courage prophétique qui a animé le Cardinal Sin? C’est le souhait et l’attente de tout le peuple congolais.


Abbé José MPUNDU 

Prêtre de l’archidiocèse de Kinshasa
Tél. : +243997030932 ou +243818133765

E-mail: josempundu@ic.cd ou jose_mpundu2001@yahoo.fr  

 

 

 

 

 

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Published by Abbé José MPUNDU - dans VIE POLITIQUE
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commentaires

Kiddie Cook Books 22/07/2014 11:24

The Holy Catholic Church has much more important duties to perform in the society in these days. When we talk about the duties of a prophet, I think the most important one is efforts to maintain peace in the world. It will not happen simply by praying.