Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : ANJASHI WA TSHUMBE
  • ANJASHI WA TSHUMBE
  • : Un espace web pour informations et communications, échanges et contacts, analyses, opinions et débats sur la vie. Champs d'intérêt: Vie de l'Église Catholique Romaine et vie en République Démocratique du Congo.
  • Contact

Profil

  • Pierre Claude OKONDJO
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.

Rechercher

15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 10:31

En 2014 et en 2015, il s'est déroulé au Vatican deux Synodes sur la Famille, Synode Extraordinaire et Synode Ordinaire, convoqués par le Pape François.

 

Encouragé par la recommandation du Saint-Père à développer les fruits et les grâces de deux Synodes, Mgr Nicolas DJOMO, Évêque de Tshumbe et Père Synodal aux deux précédentes assises du Vatican, vient de décider, dans la prière, de convoquer son premier Synode diocésain sur la Famille et le Mariage.

 

Dans sa lettre d'indiction, inspiré par la Solennité de l'Assomption de la Vierge Marie, Mgr Nicolas DJOMO entend convier l'ensemble de la famille diocésaine à un moment d'ouverture à l'action du Saint-Esprit pour partager et réfléchir sur les réalités concrètes que vivent les familles et les foyers dans toute l'étendue du diocèse.

 

Ce cheminement synodal pourra s'échelonner sur deux années pastorales, soit de 2016 à 2018. Il connaitra trois sessions qui pourront se tenir tour à tour en mai 2017 et en janvier et mai 2018.

 

Le Grand Séminaire Interdiocésain Saint Jean-Paul II de Shapembe à Lodja ainsi que l'Université Notre-Dame de Tshumbe, UNITSHU en sigle, prendront une part active aux recherches y afférentes.

 

En pièce jointe, in extenso, "la lettre d'indiction du Synode diocésain" sous la plume de Mgr Nicolas DJOMO, Évêque de Tshumbe.

 
Abbé Pierre Claude OKONDJO
Communicateur Social et Institutionnel du Diocèse.
Lettre d'indiction du Synode diocésain sur la "Famille" et le "Mariage"
Lettre d'indiction du Synode diocésain sur la "Famille" et le "Mariage"
Lettre d'indiction du Synode diocésain sur la "Famille" et le "Mariage"
Lettre d'indiction du Synode diocésain sur la "Famille" et le "Mariage"
Lettre d'indiction du Synode diocésain sur la "Famille" et le "Mariage"
Lettre d'indiction du Synode diocésain sur la "Famille" et le "Mariage"

Lettre d'indiction du Synode diocésain sur la "Famille" et le "Mariage"

Repost 0
Published by Mgr Nicolas DJOMO, Évêque de Tshumbe - dans MESSAGE EPISCOPAL
commenter cet article
30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 15:57

En marge du 40ème anniversaire du pèlerinage "ENYAMBA LA WAADI" initié par Mgr Albert YUNGU, le Conseil des Sages de l'Association "Ankutushu-Anamongo" a, le dimanche 28 juin 2015, convié les ressortissants du Sankuru à une rencontre tenue au Centre catholique Bondeko (Commune de Limete à Kinshasa), dont l'animateur principal fut Son Excellence Monseigneur Nicolas Djomo, successeur de Mgr Albert Yungu au poste d'Evêque de Tshumbe et actuel Président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO). A cette occasion, Mgr N. DJOMO a prononcé un éloquent discours sur le thème : "LE SANKURU, NOTRE MAISON COMMUNE". Vous en trouverez le texte intégral en pièces jointes (3 pages). Vu son intérêt intrinsèque, ce texte mérite une très large diffusion. Dans l'assistance a été remarquée la présence de la quasi-totalité des leaders politiques sankurois (leurs excellences MM. Lambert Mende, Léonard She Okitundu, Christophe Lutundula, Moïse Ekanga, Onosumba Yemba, Etumangele, etc.) et une forte représentation des femmes du Sankuru à Kinshasa.

Merci de tout coeur,

 

Professeur Célestin E. K. Dimandja

34, avenue Sécurité -

Q. Kauka Kinshasa-Kalamu République Démocratique du Congo

Tél : +243 810755900 - +243 998167041

 

LE SANKURU, NOTRE MAISON COMMUNE
LE SANKURU, NOTRE MAISON COMMUNE
LE SANKURU, NOTRE MAISON COMMUNE
LE SANKURU, NOTRE MAISON COMMUNE
LE SANKURU, NOTRE MAISON COMMUNE
LE SANKURU, NOTRE MAISON COMMUNE
LE SANKURU, NOTRE MAISON COMMUNE
LE SANKURU, NOTRE MAISON COMMUNE
LE SANKURU, NOTRE MAISON COMMUNE
LE SANKURU, NOTRE MAISON COMMUNE
Repost 0
Published by Mgr NIcolas DJOMO - dans MESSAGE EPISCOPAL
commenter cet article
24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 09:47
Profitant de l'occasion pour présenter ses vœux de Noël et de l'An 2015 à ses diocésains, Mgr Nicolas DJOMO, Évêque du diocèse de Tshumbe, par le biais de sa Lettre Pastorale n° 10/14, appelle à la paix au Sankuru.

 

«Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu» (Mt 5, 9).

Lettre Pastorale de Mgr Nicolas DJOMO, Évêque de Tshumbe, aux Prêtres, aux Diacres, aux Personnes consacrées, aux Fidèles laïcs, aux Femmes et Hommes de bonne volonté pour la paix au ankuru.  

 

Une joyeuse espérance à l’horizon de Noël

 

1. «Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière» (Is 9, 1). Telle est l’annonce du prophète Isaïe qui nous introduit dans le mystère de Noël. L’Enfant Jésus, «lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu», vient illuminer le monde et lui ouvrir un chemin d’espérance. Cette espérance naît de la présence de ce Dieu qui marche avec son peuple. Le «Prince de la Paix» (Is 9, 6), Emmanuel, nous a visités et, à sa naissance, les anges chantent: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime» (Lc 2, 14). Parce qu’il réconcilie les hommes avec Dieu et entre eux dans sa personne, Jésus est le Roi de la Paix. Il est notre paix, et sa naissance fortifie notre espérance d’une paix durable.

 

2. Accueillir et annoncer Jésus-Christ comme ‘Prince de la paix’, implique un engagement de foi, comme le rappelle le Pape François: «L’Eglise proclame l’Evangile de la Paix (Ep 6, 15). En annonçant Jésus qui est la paix en personne (cf. Ep 2, 14), la nouvelle évangélisation engage tout baptisé à être instrument de pacification et témoin crédible d’une vie réconciliée»[1]. C’est pourquoi je vous invite à célébrer Noël en méditant cette béatitude du Seigneur: «Heureux les artisans de paix, ils seront appelés Fils de Dieu» (Mt 5, 9) ! Je voudrais donc placer, d’une manière plus marquée, la recherche de la paix et le témoignage d’une vie d’artisans de paix au cœur de l’action pastorale de notre Diocèse. Je viens renouveler cet appel à la suite de celui que mon vénéré prédécesseur et père, Son Excellence Mgr Albert YUNGU, nous avait lancé en 1974 lorsqu’il conduisit, au nom du Christ, le peuple Onkutshu-Membele aux sources de son unité à Enyamba en vue de consolider la paix au Sankuru.

 

Un engagement qui témoigne d’une joyeuse espérance

 

3. En tant que Pasteur, je me réjouis de l’engagement des agents pastoraux de notre diocèse au service de l’Evangile de la paix. Je pense avant tout à mes confrères prêtres, mes premiers collaborateurs: leur engagement pastoral témoigne de leur amour du Diocèse et du Peuple du Sankuru. Je salue leur courage et leur persévérance, eux qui travaillent dans des conditions parfois très difficiles. Certains ont dû, au nom de leur engagement sacerdotal, subir des sévices corporels. D’autres, à la suite de tant d’autres disciples du Christ, ont fait don de leur vie dans un contexte de conflit et de violence, où la maladie et l’épuisement ont eu raison de leur vie faute de soins médicaux appropriés. Je rends grâce à Dieu qui a fait à notre Eglise particulière le don d’un clergé de plus en plus jeune et dynamique. Je salue aussi l’engagement constant des prêtres aînés qui sont un soutien et des modèles pour les plus jeunes. La célébration du 90ème anniversaire de naissance de Monsieur l’Abbé Albert MUTANGALA a été un moment fort de communion et de bénédiction pour notre Eglise particulière. Cet aîné nous donne l’exemple d’une vie sacerdotale vouée à l’éducation des jeunes. Grande est notre admiration à l’égard de Mgr Albert HIOMBO. Au-delà  de ses 80 ans il continue à servir notre diocèse comme Vicaire Général avec beaucoup d’amour et de dévouement, nous donnant toujours l’exemple d’une vie sacerdotale très marquée par l’abnégation et le détachement, à l’exemple du Christ Lui-même. Je voudrais rendre hommage au témoignage de vie exemplaire d’un autre aîné, l’Abbé Joseph LOKADI. Tout le peuple de Dieu a célébré ses 50 ans de vie sacerdotale dans la joie le 20 juillet 2014 à Shongakoy. D’autres célébrations se sont poursuivies à Lodja.  Il aura consacré la majeure partie de sa vie à la formation des futurs ministres de l’Evangile. C’est à bon droit que ses anciens élèves, prêtres ou laïcs, comme l’ensemble du peuple chrétien de notre diocèse, se réjouissent des fruits en eux de son apostolat en terme de valeurs spirituelles, morales et intellectuelles.

 

4. Je me réjouis aussi de l’engagement apostolique de toutes les personnes consacrées de notre diocèse et je les remercie pour les prières qu’elles ne cessent d’élever vers Dieu chaque jour pour nous. Prière et actions rythment leur vie, à l’imitation du Christ qui, pendant qu’il évangélisait, allait souvent sur la montage pour prier son Père. Les œuvres pastorales et sociales animées par ces consacrés sont des lieux d’évangélisation qui entretiennent la flamme de la foi au cœur de plusieurs générations.

 

5. Je salue aussi l’engagement bénévole de nombreux laïcs, ouvriers apostoliques dans la vigne du seigneur, en particulier nos catéchistes et le dynamisme de nos Communautés Ecclésiales Vivantes  (CEV), de nos mouvements d’action catholique et des mouvements de jeunesse. Ils contribuent tous à traduire et maintenir la foi vivante au cœur de la vie quotidienne.

 

Le Sankuru menacé par une spirale de violences

 

6. Chers frères et sœurs, l’Eglise est appelée à être attentive aux ‘signes des temps’ de son milieu d’apostolat. En observant le Sankuru, il devient de plus en plus évident, au fil des années, que ce District, terre de Patrice Emery LUMUMBA, risque de sombrer dans une escalade de violences multiformes: violences liées au climat socio-politique et électoral délétère, celles liées à la gestion du pouvoir coutumier (chefferies) comme celle liées aux questions foncières (terres arables, rivières, étangs, etc.). Presque chaque année le sang coule chez nous à cause de ces violences qui entraînent parfois mort d’homme.

 

7. Les violences tendent à devenir cycliques et doivent nous interpeller tous. Elles sont liées principalement aux périodes des compétitions électorales. Nous avons vécu des violences lors des échéances électorales des dernières années: 2005 à 2006; 2010 à 2011. D’aucuns avaient estimé que la perspective des élections provinciales n’avait pas été absente de l’irruption des tensions de fin 2013 et début 2014. D’autres graves violences éclateront en mars 2014 dans le même contexte. Violences souvent aux conséquences tragiques: incendies criminels de maisons d’habitation et même d’écoles. Crimes graves qu’on ne peut banaliser, car il s’agit des vies des familles entières qui se retrouvent brisées. A-t-on oublié que, dans la culture Tetela, incendier une maison équivaut à un homicide ? Et, comme si cela ne suffisait pas, le 12 octobre 2014 des attaques contre des ecclésiastiques et le saccage d’un couvent ont été impunément perpétrés, suite à la lecture dans les églises d’une lettre des Evêques relative au débat citoyen sur la révision constitutionnelle. En tant que Pasteur, je condamne toutes ces violences, et me fais volontiers le porte-parole de toutes les victimes, sans voix, qui réclament justice.

 

Les causes du cycle des violences au Sankuru

 

8. Quand nous regardons attentivement les événements douloureux que nous avons vécus, il nous apparaît que, en plus des compétitions électorales, certaines autres causes récurrentes sont à la base de ce cycle de violences. Parmi ces causes, on peut citer notamment l’absence de sanctions exemplaires contre les auteurs des infractions contre la loi et auteurs des crimes; l’absence d’une justice vraiment indépendante et équitable; l’absence d’une véritable autorité de l’Etat, celle-ci souvent inféodée aux partis politiques ou asservie par ceux-ci; une forte politisation de la petite territoriale et de la gestion du pouvoir coutumier; l’exacerbation des identités claniques et territoriales; la banalisation du discours de haine; le mauvais usage des médias, en particuliers de certaines radios dites communautaires; les violations des droits fondamentaux des citoyens; le chômage de masse et la pauvreté; la manipulation et l’instrumentalisation des jeunes; les injustices sociales réelles ou supposées; les campagnes électorales violentes.

 

9. Eradiquer les causes des violences au Sankuru: l’indispensable rôle des acteurs politiques

 

Le concours des acteurs politiques originaires du Sankuru nous est indispensable pour la pacification de notre future Province. Nos frères et sœurs ayant choisi pour profession l’activité politique méritent tous nos respects. C’est l’occasion de les remercier pour tout le bien, multiforme, qu’ils nous font dans divers secteurs de notre vie au Sankuru. La situation de violences à répétition qui nous préoccupe ne peut ne pas interpeler leur conscience. L’activité politique, art de l’excellence, a pour objectif de conduire à la prospérité ceux que l’on sert. Les acteurs politiques ne pourront y parvenir que si, au préalable, ils réussissent à leur préserver la paix. C’est pourquoi je les ai invités à se pencher sur une triste réalité bien connue: certaines stratégies politiques et campagnes électorales sont porteuses de germes de violences. Certains de nos principaux acteurs politiques ont pris l’heureuse initiative de traiter de ce sujet et m’ont fait l’honneur de m’associer à leurs rencontres. Celles-ci se montrent constructives et prometteuses, en dépit de difficultés de parcours. Je les encourage à reprendre rapidement ces contacts, car il en va de la sécurité et de l’avenir du peuple du Sankuru.

 

Le rôle des fidèles du Christ dans ces divisions et violences

 

10. Frères et sœurs, au milieu de ces épreuves, nous, chrétiens, avons un rôle spécifique à jouer: témoigner de la fraternité nouvelle et universelle en Jésus-Christ. Nous sommes tous enfants de Dieu, et donc frères et sœurs en Jésus-Christ. Voilà pourquoi nous sommes instamment invités à témoigner de Jésus-Christ en menant une vie d’artisans de paix. Ainsi pourrons-nous continuer à annoncer à tous la paix de Dieu et la réconciliation de tous en Jésus.

 

La paix, un attribut et un don de Dieu

 

11. Dans la Bible, Dieu est «Yahvé-Paix» (Jg 6, 24)[2]. Cette paix offerte par Dieu est aussi une aspiration de toute la création coupée de Dieu par le péché. Dans ce contexte, aspirer à la paix, c’est avant tout aspirer à retrouver l’harmonie et la bonté initiale (cf. Gn 1,4.10.12. 18.21.25.31). La violence déforme les relations entre les hommes et leur relation avec Dieu. Ce dernier ne peut habiter là où il y a la violence (cf. 1Ch 22,8-9). C’est pourquoi Dieu lui-même fait aux hommes le don de la paix en Jésus-Christ.

 

Jésus-Christ, notre Paix véritable (cf. Ep 2, 14)

 

12. C’est en Jésus, «Prince de la Paix» (Is 9,5), que s’est réalisée la promesse divine d’une paix durable. C’est lui qui a réconcilié les hommes avec son Père et entre eux: «C’est Lui, le Christ qui est notre Paix: des deux, Israël et les païens, il a fait un seul peuple ; par sa chair crucifiée, il a fait tomber le mur qui les séparait, la haine (…). Il voulait ainsi rassembler les uns et les autres en faisant la paix, et créer en lui un seul Homme nouveau. Les uns comme les autres, réunis en un seul corps, il voulait les réconcilier avec Dieu par la croix ; en sa personne, il a tué la haine. Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches» (Ep 2, 14-17). Ainsi, «la paix devient conjointement réconciliation avec le Père et réconciliation avec les frères en Jésus».[3] Saint Jean ajoute que Jésus devait mourir sur la croix pour «rassembler les enfants de Dieu dispersés» (Jn 11, 52).

 

13. C’est donc par la réconciliation et par l’unité de la nouvelle famille d’enfants de Dieu (Cf. 1Jn 3, 1-2) que Jésus est devenu notre Paix et qu’il nous a envoyés annoncer son «Evangile de la Paix» (Ep 6, 15) à travers le monde. Est- ce un hasard si l’Evangile commence par ce cri des anges devant le Prince de la Paix: «Paix sur la terre aux hommes, que Dieu aime!» (Lc 2, 14) et se termine par ce vœux du Ressuscité à ses disciples: «Paix à vous» (Jn 20,19.21.26)? Comme le dit le Pape Jean-Paul II, la mission et la vocation de l’Eglise consiste à «être dans le Christ ‘sacrement’, c'est-à-dire signe et instrument de paix dans le monde et pour le monde. Pour elle, remplir sa mission évangélisatrice, c'est travailler pour la paix»[4]. L’Eglise-Famille de Dieu, communauté d’enfants de Dieu, est donc appelée à rendre témoignage à la Paix de Dieu qui est Jésus-Christ.

 

La paix est aussi une tâche humaine

 

14. Don par excellence de Dieu, la paix est en même temps un projet humain conforme à la volonté de Dieu. Ceux qui travaillent pour la paix, tirent la corde de l’histoire humaine dans la même direction que Dieu. «Heureux les artisans de paix, dit le Seigneur, ils seront appelés Fils de Dieu; Heureux ceux qui sont persécutés pour la Justice: le Royaume de Dieu est à eux» (Mt 5, 9-10). Pour bâtir la paix, les artisans de paix travaillent pour la justice et acceptent d’être persécutés pour elle. Ils savent que l’une consolide l’autre. Les quatre piliers de la paix sont «la justice, l’amour, la vérité et la liberté»[5].

 

15. L’Eglise-Famille de Dieu est appelée, en particulier en Afrique, à construire une société pacifique où se vivent les vraies valeurs d’une vie familiale authentique. «En effet, dans une saine vie familiale, on fait l'expérience de certaines composantes fondamentales de la paix: la justice et l'amour entre frères et sœurs, la fonction d'autorité manifestée par les parents, le service affectueux envers les membres les plus faibles parce que petits, malades ou âgés, l'aide mutuelle devant les nécessités de la vie, la disponibilité à accueillir l'autre et, si nécessaire, à lui pardonner. C'est pourquoi, la famille est la première et irremplaçable éducatrice à la paix»[6]. L’Eglise est appelée à témoigner de ces valeurs fondamentales. Plus que tout, elle est appelée à devenir pour tous «un lieu d'une authentique réconciliation, grâce au témoignage rendu par ses fils et ses filles. Ainsi, pardonnés et réconciliés, ceux-ci pourront apporter au monde le pardon et la réconciliation que le Christ, qui est notre Paix (cf. Ep 2, 14), offre à l'humanité par son Église. Faute de quoi, le monde ressemblera toujours davantage à un champ de bataille, où ne comptent que les intérêts égoïstes et où règne la loi de la force qui éloigne l'humanité de la civilisation de l'Amour espérée»[7]. Selon la doctrine sociale de l’Eglise, «la violence ne constitue jamais une réponse juste. Convaincue de sa foi au Christ et consciente de sa mission, l’Eglise ‘proclame…que la violence est un mal, que la violence est inacceptable comme solution aux problèmes, que la violence n’est pas digne de l’homme. La violence est un mensonge, car elle va à l’encontre de la vérité de notre foi, de la vérité de notre humanité. La violence détruit ce qu’elle prétend défendre : la dignité, la vie, la liberté des êtres humains»[8].

 

Repartir du Christ pour témoigner de la paix et de la réconciliation au Sankuru

 

16. Chers frères et sœurs, notre baptême a fait de nous des enfants de Dieu (1 Jn 3, 1-2). Cette appartenance à l’Eglise-Famille de Dieu est plus forte que toutes les autres appartenances qui restent fortuites et secondaires. Enfants de Dieu et fidèles du Christ, nous sommes appelés à témoigner de cette fraternité universelle. Les barrières de race, de clan, de tribu ou de territoire administratif n’existent pas pour un chrétien. Notre foi en Jésus-Christ a fait de nous «le sel de la terre et la lumière du monde» (Mt 5, 13-14). «Ambassadeurs du Christ» (2Co 5, 20), nous avons pour mission de semer la paix dans les cœurs de tous à travers nos villages. Des attitudes de fraternité, des gestes de paix et de réconciliation valent plus que tous les discours sur l’unité du Sankuru. Ne perdons pas cette volonté de vivre ensemble qui nous caractérise. «Laissons-nous réconcilier dans le Christ». En effet, c’est la grâce de Dieu qui nous donne un cœur nouveau et qui nous réconcilie avec lui et avec les autres[9]. De fait, seule une authentique réconciliation engendre une paix durable dans la société[10]

 

17. J’invite mes confrères prêtres, toutes les personnes consacrées ainsi que tous les agents pastoraux du Diocèse à devenir des «ambassadeurs de la réconciliation» et à persévérer dans leur engagement pour l’unité et la paix. Jésus a racheté «les hommes de toute tribu, langue, peuple et nation» (Ap.5, 9). Il nous invite à veiller sur eux tous, sans distinction. Tous les fidèles doivent bénéficier de la même sollicitude pastorale. Réconcilier les enfants de Dieu avec leur Père et entre eux, telle est notre mission. Rappelons-nous toujours cet appel à la réconciliation du Pape Benoit XVI: «pour réussir une véritable réconciliation, et mettre en œuvre la spiritualité de communion par la réconciliation, l’Église a besoin de témoins qui soient profondément enracinés dans le Christ, et qui se nourrissent de sa Parole et des Sacrements. Ainsi, tendus vers la sainteté, ces témoins sont capables de s’investir dans l’œuvre de communion de la Famille de Dieu en communiquant au monde, au besoin jusqu’au martyre, l’esprit de réconciliation, de justice et de paix, à l’exemple du Christ»[11]. L‘expérience de la réconciliation établit la communion à deux niveaux : d’une part la communion entre Dieu et les hommes, et d’autre part, elle rétablit également la communion entre les hommes. La réconciliation est aussi la restauration des relations entre les hommes au moyen de la résolution des différends et la suppression des obstacles à leurs relations grâce à leur expérience de l’amour de Dieu[12]

 

Campagne d’éducation à la paix

 

18. En plus de notre témoignage de vie comme artisans de paix, nous devons aussi entreprendre l’immense tâche d’éduquer nos communautés et nos enfants à la paix. C’est un devoir noble d’éduquer les nouvelles générations aux idéaux de vérité, de justice, d’amour et de paix. L’éducation à la paix constitue une préparation des temps meilleurs pour toute l’humanité[13]. Je souhaite que toutes nos familles chrétiennes, nos CEV, nos paroisses, nos écoles et nos institutions d’enseignement supérieur et universitaire deviennent des lieux d’éducation à la paix. Cette éducation insistera notamment sur les valeurs fondamentales de l’ouverture à l’autre, de la charité, de l’accueil, de la justice, de l’honnêteté, de la vérité, du respect de l’autre, du dialogue constructif, du souci du bien commun.

 

19. Une des priorités de cette éducation à la paix sera l’éducation au respect de la loi, fondement et gage de toute vie commune dans les Etats modernes. Comme l’a si bien dit le Saint pape Jean-Paul II, «l’éducation à la légalité est la première urgence dans l’éducation à la paix, car ‘le droit favorise la paix’, en évitant la tentation de recourir au droit de la force plutôt qu'à la force du droit»[14]. C’est le respect de la loi qui évite le recours aux actes de terreur comme les incendies de maisons d’habitation, les injures publiques et les diffamations gratuites. «C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix» (Jc 3, 18). Nos comportements d’hommes et de femmes d’Eglise, nos propos et nos gestes doivent être, toujours davantage, une source d’inspiration pour la réconciliation, l’unité et la paix au Sankuru.

 

Un programme pastoral axé sur la recherche de la paix

 

20. Le 19 janvier 2014, j’ai lancé à Lodja, avec les autres confessions religieuses et leaders communautaires, notre programme d’édification à la paix qui se poursuit. Au cours des Journées Pastorales d’avril 2015, nous serons tous invités à réfléchir et à définir les grands axes de notre programme pastoral. Au cœur de ce programme figurera notre engagement à consolider la paix et la réconciliation des enfants d’Onkutshu-Membele, forts de notre foi en Jésus, notre paix. La réconciliation surmonte les crises, restaure la dignité des personnes et ouvre la voie au développement et à la paix durable entre les peuples à tous les niveaux[15].

 

Conclusion

 

21. Frères et sœurs bien-aimés, confions notre soif de paix et nos efforts pour la paix, l’unité du Sankuru et la réconciliation de ses fils et filles au Cœur-Immaculé de Marie, Patronne de notre diocèse, afin qu’elle les présente à son Fils, Jésus notre Seigneur. Je voudrais terminer cette lettre par ces paroles de Saint Paul qui sont toujours d’actualité: «Le royaume de Dieu n’est pas une affaire de nourriture ou de boisson; il consiste en la justice, la paix et la joie que donne le Saint-Esprit. Celui qui sert le Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des hommes. Recherchons donc ce qui est utile pour la paix et nous permet de nous fortifier ensemble”. (Rm, 14,17).

 

En exhortant chacun et chacune à davantage coopérer à la cause et au ministère de la paix dans notre Sankuru, je vous adresse mes vœux les meilleurs d’une heureuse fête de la Nativité du Seigneur et  d’une nouvelle année 2015 pleine de grâces et de paix.

 

Avec ma bénédiction!

Donné à Tshumbe, le 22 Décembre 2014.

 

 

+ Nicolas DJOMO

Evêque de Tshumbe

 


[1] Pape FRANCOIS, Exhortation apostolique La joie de l’Evangile, (24 novembre 2013), n° 239.

[2] CONSEIL PONTIFICAL «JUSTICE ET PAIX», La justice dans le monde, typis polyglottis vaticanis MCMLXXI, (30 novembre 1971), n° 488.

[3] Ibid., n° 492.

[4] JEAN-PAUL II, Paix sur la terre aux hommes, que Dieu aime. Message pour la célébration de la XXXIIIème Journée Mondiale de la Paix,  (1er Janvier 2000), n° 20.

[5] JEAN XXIII, lettre-Encyclique  Pacem in terris sur la paix entre les Nations, fondés sur la vérité, la justice, la charité et la liberté, 1963, n° 35.

[6] BENOIT XVI, Famille humaine, communauté de paix. Message pour la célébration de la journée mondiale de la paix, (1er Janvier 2008), n° 3.

[7] JEAN-PAUL II, Exhortation post-synodale Ecclesia in Africa sur l’Eglise en Afrique et sa mission évangélisatrice vers l’an 2000, Libreria Editrice Vaticana, 1995,  n° 79.

[8] CONSEIL PONTIFICAL «JUSTICE ET PAIX», Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, Libreria Editrice Vaticana, 2004,  n° 496.  

[9] BENOIT XVI, Africae Munus. Un message d’espérance pour l’Afrique, Médiaspaul, 2012, n°20.

[10] Ibid., n°21.

[11] BENOIT XVI, Exhortation post-synodale Africae Munus sur l’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, la justice et la paix, (19 novembre 2011), n° 34.

[12] BENOIT XVI, Exhortation post-synodale Africae Munus sur l’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, la justice et la paix, (19 novembre 2011), n°21.

[13] Cf. JEAN-PAUL II, «Un engagement toujours actuel: éduquer à la paix», message pour la célébration de la journée mondiale de la paix, (1er Janvier 2004), n° 4.

[14] Ibid., n° 5.

[15] BENOIT XVI, Africae Munus, n°21.

Photos d'archives
Photos d'archives
Photos d'archives

Photos d'archives

Repost 0
Published by Mgr Nicolas DJOMO - dans MESSAGE EPISCOPAL
commenter cet article
21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 15:39
AFRIQUE/RD CONGO - Le Président de la Conférence épiscopale demande des règles rigoureuses en matière de contrôle sur les «minerais de guerre»
 
Kinshasa (Agence Fides) – «Soutenez des règles fermes sur la transparence des compagnies minières qui oeuvrent dans mon pays»: c’est l’appel lancé par S.Exc. Mgr Nicolas Djomo Lola, Evêque de Tshumbe et Président de la Conférence épiscopale de République démocratique du Congo face au Congrès des Etats-Unis.
 
 Mgr Djomo Lola a été écouté par la sous-commission chargée des services financiers de la Chambre des Représentants à propos de la politique monétaire internationale et du commerce. La Conférence des Evêques catholiques des Etats-Unis (USCCB) a sponsorisé l’audition de Mgr Djomo Lola, qui fait partie intégrante de la discussion parlementaire relative aux coûts et aux conséquences de la loi 111-203, dont l’article 1502 introduit des normes visant à interdire la commercialisation des minerais qui financent les groupes armés congolais (voir Fides 04/08/2010). La norme en question établit que les entreprises américaines enregistrées auprès de la SEC (l’autorité de contrôle de la Bourse américaine) devront déclarer si elles utilisent des minerais présents à l’état naturel dans les zones de conflit de la RDC ou dans un pays voisin. Dans ce cas, elles devront envoyer à la SEC un rapport concernant les mesures prises pour établir l’origine et la traçabilité de ces minerais. Les auditions devant le Congrès visent à établir la validité des mesures d’application de la loi, proposées par la SEC.
 
 «Je parle non pas en tant qu’homme d’affaires ou expert financier mais comme responsable religieux profondément troublé par la terrible violence et par la souffrance qui a dominé la vie dans l’est du Congo depuis 1996» a affirmé Mgr Djomo Lola. «Cette violence a détruit des familles, des villages et des communautés. L’un des principaux motifs de la violence est l’exploitation illicite des minerais de la part des différents groupes armés opérant dans l’est du Congo».
Selon le Catholic Relief Service (CRS), qui a coordonné le voyage de Mgr Djomo Lola aux Etats-Unis, le Président de la Conférence épiscopale de RDC a déclaré espérer que la Securities and Exchange Commission (SEC) émettra des règles rigoureuses afin de garantir que les entreprises et les consommateurs ne participent pas, à leur insu ou non, au commerce qui a entraîné la souffrance et la mort de milliers de personnes.
«L’Eglise au Congo a confiance dans le fait que la communauté des entreprises pourra et voudra s’unir à nous afin de protéger la vie et la dignité humaine du peuple congolais, menant un commerce international respectueux des règles, transparent et responsable. Nous sommes sûrs qu’elle ne tient pas à contribuer à la misère qui a affligé l’est du Congo pendant des années » a conclu Mgr Djomo Lola. (L.M.) (Agence Fides 19/05/2012).
Repost 0
Published by L.M. / Agence Fides - dans MESSAGE EPISCOPAL
commenter cet article
22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 14:02

 Le Sankuru, ancien District de la République Démocratique du Congo souffre du drame endurci de l'isolement national et international. Coupé du monde et du reste du Congo, le Sankuru ne s'offre aucune chance au bénéfice des investissements étrangers. L'Église Catholique qui est à Tshumbe apparaît comme une présence rassurante et stabilisatrice de la région. Son Berger, Mgr Nicolas DJOMO, Évêque du diocèse et Président en exercice de la Conférence Épiscopale Nationale, ne ménage aucun effort. Il s'emploie activement à améliorer la mobilité au diocèse et partout au Sankuru. Le dernier effort en date consiste à construire la route Tshumbe - Lomami-Manda devant permettre de relier le Sankuru à Kibombo pour accéder au "chemin de fer". Cependant, quant à la collaboration des enfants du Sankuru, les velléités des projets de société et la recherche des intérêts égoïstes incommodent de nombreux observateurs. "ANJASHI WA TSHUMBE" a voulu en savoir plus tendant son micro au Prélat Catholique. 

Jubile 01731.- ATSM: Bonjour, Excellence! Dans notre première interview sur le message bilan de l’agir pastoral et social du diocèse de Tshumbe au service du Sankuru, «J’ai vu la misère de mon peuple» faisait état de l’engagement du diocèse à la réalisation des projets de route. Où en êtes-vous au jour d’aujourd’hui?

VISITE PAST SHENGA+ N. DJOMO: Bonjour, monsieur l'abbé! Aujourd’hui, notre équipe est à pied d’œuvre sur le tronçon Lodja – Tshumbe avec la méthode «HIMO». Dans ce premier axe de notre engagement, nous aurons à effectuer les travaux de réhabilitation. Le grand ouvrage consistera à construire sur la rivière Loheyi un pont en béton armé. Après ce premier tronçon, nous entamerons les travaux du tronçon qui va de Tshumbe à Wembonyama via Onalowa par Shilo jusque Lomami à Manda, de façon à permettre de relier le Sankuru au "chemin de fer" en passant par Kibombo dans le Maniema. Le troisième tronçon, enfin, sera celui qui devra partir de Lodja - Katako-Kombe jusque Wembonyama.

Jubile 01732.- ATSM: Vous voulez relier le Sankuru au "chemin de fer", Mgr. Que voulez-vous dire clairement?

VISITE PAST SHENGA+ N. DJOMO: Sous le haut patronage du ministère des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction (ITPR), le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, après avoir établi un état des lieux, a eu à déplorer avec amertume la dégradation très avancée des infrastructures routières. Il veut un changement. Ce changement, je le vois sous un regard plus ample dans notre Sankuru. Quand je dis: "je veux relier le Sankuru au chemin de fer", je n'entends nullement promettre au peuple congolais du sankuru la construction d'un chemin de fer. La construction d'un chemin de fer ne serait jamais mal vue; elle contribuerait énormément au désenclavement, tant soit peu, du district. Mais, hélas! En clair, à partir des travaux de réhabilitation et de modernisation du tronçon routier Tshumbe - Lomami via Wembonyama, j'entrevois la possibilité d'ouvrir le Sankuru au trafic du chemin de fer en accédant à la gare la plus proche: celle de Kibombo, dans le diocèse de Kindu.

Jubile 01733.- ATSM: Nous souhaitons que cette énième initiative de votre Excellence débloque la participation avérée des fils et filles du Sankuru! Par ailleurs, en évoquant le tronçon Lodja – Tshumbe, votre Excellence parle de la méthode «HIMO». En quoi consiste-t-elle?

VISITE PAST SHENGA+ N. DJOMO: Entreprendre des travaux de réhabilitation et de modernisation à partir de la méthode dite "HIMO" signifie entreprendre ces travaux à partir d'une méthode basée sur la  Haute Intensité de la Main d'Oeuvre en vue d'occuper sainement la jeunesse, en réduisant le taux de chômage.Ce vaste projet dont le Sankuru constitue une des phases d'expérimentation devra s'étendra à toutes les instances géographiques du pays: instances provinciale et locale.

 

Jubile 01734- ATSM: Excellence, à en croire l'opinion publique, le style de votre agir pastoral donne l’impulsion nécessaire pour l’évangélisation, pour l’amour de la patrie et pour le «témoignage». Juste pour assouvir notre curiosité: d’où vous vient l’idée de penser à relier le Sankuru au "chemin de fer"?

VISITE PAST SHENGA+ N. DJOMO: Le Sankuru est dépourvu de chemin de fer. C'est connu. Je n'entends pas en construire un. Dans la perspective du progrès social et du développement du peuple congolais qui vit au Sankuru, j’estime plutot que nous devons prendre congé de tous les discours idéologiques et démagogiques traditionnellement tenus à notre peuple. Notre peuple n’en a que trop souffert. Le moment est donc venu de laisser parler les actes que de continuer à endormir nos fidèles et notre peuple par des projets de société riches en théories et rebelles en actes.

Je parle de chemin de fer en me référant au territoire de Kibombo dans le Maniema. Quand le gouvernement congolais m’a contacté pour solliciter ma collaboration à FONER, Fonds National d’Entretien Routier, j’ai refusé de me dérober à une opportunité aussi importante de développement et de progrès social au Sankuru. Réhabiliter nos routes et les moderniser, c'est offrir au peuple congolais qui vit au Sankuru et à ses visiteurs la possibilité d'accéder au chemin de fer en atteignant facilement Kibombo. De cette manière, le chemin de fer qui passe par Kibombo peut desservir également le Sankuru. Par voie de conséquence, comme je l'ai laissé entendre plus haut, le Sankuru sera alors relié au chemin de fer.

En effet, pour alléger tant soit peu la misère du peuple congolais en milieu rural, le Chef de l’État, monsieur Joseph KABILA, a voulu que, par mon humble personne, l’Église Catholique qui est à Tshumbe puisse construire une route au Sankuru. Ainsi ai-je signé le contrat avec le gouvernement congolais et ai engagé le diocèse à prendre en charge l'amélioration de la mobilité de notre population et de ses visiteurs afin de donner accès au Sankuru, en général, et au diocèse de Tshumbe, en particulier. Cette amélioration de la mobilité repose sur la réhabilitation des routes qui, comme vous le savez, peut bien apporter des bénéfices économiques et sociaux substantiels à la fois aux communautés rurales de notre Église locale et aux économies nationales de notre pays. Elle peut également ouvrir le Sankuru au monde et aider à faire connaître son peuple!

Jubile 01735.- ATSM: Comment se définissent les termes du contrat que vous avez signé avec le gouvernement congolais, Excellence?

VISITE PAST SHENGA+ N. DJOMO: Le contrat que j’ai signé avec le gouvernement congolais engage le Diocèse de Tshumbe aux travaux de réhabilitation et de construction des voies d'accès au Sankuru. Pour le premier tronçon, ces travaux s’inscrivent sur un terme qui peut aller jusqu'à 12 mois et bénéficient d’une assistance économique estimée à 1.200.000,00$. Réhabiliter et moderniser nos routes sont, pour moi, les indicateurs du mieux-être du Sankuru. Nous ne pouvons pas les négliger. La signature du contrat dont il est ici question justifie l'engagement du diocèse de Tshumbe à promouvoir le mieux-être du peuple congolais au niveau provincial et local. Les routes! Un des piliers de développement de notre grand pays. 

Jubile 01736.- ATSM: Excellence, de quel appui local et extérieur bénéficiez-vous pour rendre effectif ce projet? Avez-vous du matériel? Disposez-vous d’un personnel technique et ouvrier?

VISITE PAST SHENGA+ N. DJOMO: Au niveau national, nous bénéficions de l’appui d’un établissement public dont j’ai parlé plus haut à ma quatrième intervention. Le FONER, Fonds National d’Entretien Routier. Cet établissement a été créé par la loi 08/006-A du 7 juillet 2008 pour entretenir l’infrastructure routière nationale devenue très vétuste et même inexistante dans beaucoup de coins du pays. Tel est le cas du Sankuru, le centre de notre Congo. Dans ce district, le peuple congolais se sent isolé du monde et du reste du pays. Nous avons été à son écoute, nous connaissons ses besoins et nous voulons le servir davantage. Quant aux fonds qui puissent permettre d’arriver à terme du projet, l’enveloppe qui y a été allouée est celle qui doit couvrir un devis estimatif. Face aux imprévus nous ne pourrons que solliciter une nouvelle assistance. Elle peut être locale, nationale ou internationale. Un peu de matériel a été également mis à notre disposition. Le personnel technique, il se laisse trouver. Le personnel ouvrier, il ne fait pas défaut au Sankuru. Une équipe d’appui a été déjà formée sur les lieux; c’est elle qui vient de démarrer les travaux. Neuf photos illustrent bien le démarrage et l’engagement. La main à la pâte mettra en œuvre de nombreuses initiatives destinées à promouvoir le développement du Sankuru et à soutenir le progrès social de son peuple.

Jubile 01737.- ATSM: Excellence, sur le premier axe routier, à plus ou moins 40 Kms de Lodja, la traversée de la rivière Lokenye est toujours soumise à l’usage préoccupant du «bac Manda». Ce bac devient de plus en plus un outil à hauts risques pour la traversée de par sa vétusté. Nous vous exhortons à envisager, à court ou à long terme, avec l’appui du gouvernement congolais et des partenaires occidentaux, une solution de rechange qui puisse mettre un terme à toutes les tracasseries, offrant confort et sécurité pour la traversée vis-à-vis des conditions actuelles d’insécurité. Merci, Excellence!

VISITE PAST SHENGA+ N. DJOMO: Merci, monsieur l’abbé!

 

 

 

 

Interview réalisée par monsieur l'abbé Claude OKONDJO

Président de la Commission Diocésaine des Communications Sociales Tshumbe.-

DSC00811 

DSC00822

DSC00823

DSC00826

Mgr-DJOMO 6417

Mgr-DJOMO 6423

Mgr-DJOMO 6427

Mgr-DJOMO 6434

Mgr-DJOMO 6435

Repost 0
Published by Abbé Claude OKONDJO - dans MESSAGE EPISCOPAL
commenter cet article
27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 22:14

Interview de Son Excellence Mgr Nicolas DJOMO (+N. Djomo), Évêque de Tshumbe, accordée à «ANJAASHI WA TSHUMBE» (ATSM), pour un bilan social et pastoral du Diocèse de Tshumbe au service du Sankuru, pendant la guerre d'occupation du Congo-Kinshasa.

 

 

Doctorat-Ab.-Claude-005.jpg1).-ATSM: Bonjour Excellence! Dans le cadre de l’organisation du Centenaire de l’évangélisation de notre diocèse (1910-2010), vous avez accepté de répondre à nos questions pour nous livrer en avant-goût le bilan de l’agir pastoral et social du Diocèse de Tshumbe au service du Sankuru pendant la période qui couvre le "pendant" et l'"après" la guerre qui n'a que trop duré au Congo-Kinshasa.

 

Depuis 1997, vous servez le Diocèse de TshumbeSainte Marie comme Évêque. Bientôt 13 ans seront accomplis. Vous avez manifesté votre sollicitude pastorale, non seulement au peuple de Dieu qui est à Tshumbe, mais aussi à toute la population du Sankuru qui vit au centre de la République Démocratique du Congo. Pour servir ce troupeau qui vous a été confié, on vous a vu souvent au four et au moulin en volant au secours de la population congolaise des Diocèses de Kole et de Tshumbe. Dites-nous, Monseigneur, quelles sont les réalisations concrètes que nous pouvons inscrire réellement à l’actif de votre Diocèse en faveur du Sankuru?

 

120708_mgr_djomo.jpg+ N. Djomo: Je tiens tout d’abord à vous remercier de l’opportunité que vous m’accordez pour parler de notre Église particulière et établir l'inventaire de ce que nous avons donné comme témoignage évangélique "pendant" et "après" la guerre que connaît la République Démocratique du Congo. Pendant cette période, en effet, les conditions de vie étaient très critiques dans une région enclavée, victime de l'abandon et de la démission de la responsabilité politico-administrative du pays qu'est le Sankuru.

Pour soutenir des réparations morales et physiques de nos fidèles et de toute la population du Sankuru, l'agir social et pastoral de notre Diocèse a puisé à la source de l'Evangile selon Saint Matthieu: "j'avais faim, et vous m'avez donné à manger; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli; j'étais nu, et vous m'avez habillé; j'étais malade, et vous m'avez visité; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi!" (Mt 25, 35-36).
 

En fait, dans ses réalisations pastorales, notre Diocèse a couvert globalement 5 territoires administratifs du Sankuru: Kole, Lomela, Lodja, Katako-Kombe et Lubefu.

 

Ainsi donc:

·De 1999-2000, notre Diocèse a assuré l’importation de 12 tonnes de médicaments essentiels, -lot accordé par le Gouvernement Hollandais-, dont le transport, de Kinshasa à Goma, a été à charge de la Monuc. De Goma à Lodja le transport a été effectué par un avion affrété. La distribution de tous ces produits a été assurée dans les 5 Territoires à pied et à vélo, avec tous les risques que peut comporter une zone de guerre.

·En 2001, le premier Bateau Humanitaire «Boboto II», partit de Kinshasa à Bena-Dibele, chargé de 700 tonnes de biens de première nécessité: médicaments, sel de cuisine, habits, tentes, savons, etc. Cette opération avait nécessité la reconstruction de tous les ponts entre Bena-Dibele et Lodja, de façon à faciliter l’acheminement des biens vers Lodja. Les 5 Territoires en étaient bénéficiaires.

·En 2002, le deuxième Bateau Humanitaire ramena au Sankuru un millier de personnes qui avaient fuit la guerre pour se réfugier à Kinshasa. Ces personnes venaient de 6 Territoires du Sankuru, c’est-à-dire en plus de 5 précités, il y en avait en provenance du sixième Territoire qu'est Lusambo.
·Après d’âpres négociations, avec d’un côté le Gouvernement à Kinshasa et de l’autre,  les Chefs Rebelles à Goma, en vue de requérir les autorisations nécessaires, la réouverture de la ligne aérienne Kinshasa-Lodja par un vol du Programme Alimentaire Mondial (PAM) a été effective. Cette opération a été utile à tous les 5 Territoires.

·Projet Santé. Des négociations laborieuses, conduites par S.E. Mgr Stanislas Lukumwena et moi-même, ont été menées à Washington avec l’USAID,  pour convaincre cet organisme à confier des fonds aux partenaires pour des projets de santé au Sankuru: CRS, MERLIN, AXXES et MSH. Grâce à ce financement, le secteur de la santé continue à être servi jusqu’aujourd’hui par ces ONG. En plus des soins apportés aux populations, des dizaines de Centres de Santé ont été construits, et nos hôpitaux ont été réhabilités et rééquipés toujours au profit de 5 Territoires.

·Projet Éducation. Il a connu la publication du manuel "Tako dia Tondo" pour des enseignements en langue Otetela, parlée dans une étendue considérable du Sankuru, la réhabilitation et la construction de 90 Écoles Primaires, tous réseaux confondus, sur les 700 existants. Ce projet n’a pas pu couvrir les Territoires de Kole et Lomela à cause de la langue Otetela qui n’y est pas officiellement utilisée.

·Tricycles pour les "personnes diversement valides", jadis appelées les "handicapés physiques", notamment les enfants victimes de la polio, de façon à leur permettre d’aller à l’école. Ce projet n’a pu couvrir que les Territoires de Lubefu, Katako-Kombe, Lodja et la partie du Territoire de Kole située dans le diocèse de Tshumbe–Dibele et Yenga.

·Projet de lutte contre le VIH/SIDA: il a permis de soutenir des programmes de prévention, de traitement, de soins, de réinsertion sociale des malades tenus en quarantaine et d'éducation pour un changement de comportements dans la vie affective. Ce projet a profité à tous les 5 Territoires.

·Projet construction de petits ponts en bois et en béton armé: il a été réalisé dans les Territoires de Lodja, Katako-Kombe et Lubefu. Au total 7 petits ponts en bois et 5 en béton armé, permettent d'unir ces différents axes en les ouvrant au trafic.

·Projet Mfudu-eenga (Oiseau voyageur): il nous a permis d'obtenir, de nos amis et bienfaiteurs, des vélos distribués aux jeunes désoeuvrés à travers beaucoup de nos villages pour leur offrir de petites activités économiques. Les Territoires situés dans l’espace du diocèse de Tshumbe en ont été bénéficiaires.
·Le Petit Porteur CESSNA 206, est un projet réalisé en partenariat avec Wings of Home ("Ailes d'Espérance"), une organisation oeucuménique basée à St Louis, dans l'Etat de Missouri, aux USA. Si nous avons voulu doter notre diocèse de cet outil de transport aérien, c'est avant tout pour des objectifs pastoraux: nous faciliter le service de l'Evangile, en vue de porter Dieu à tous, et conduire tous à Dieu, faciliter également le travail médical au Sankuru.

Doctorat-Ab.-Claude-005.jpg2).-ATSM: Certaines régions du Sankuru ont été victimes de sinistres particuliers, tels la cécité des rivières, la résurgence de la maladie du sommeil, la malnutrition, le phénomène des enfants de la rue, le manque d’électricité dans les institutions sanitaires, les attaques des Maï-Maï et j'en passe. Qu’en avez-vous fait, Mgr?

 

120708_mgr_djomo.jpg+ N. Djomo: Nous les avons ciblées avec des projets y afférents.

·Dans les régions de Lusambo, Lubefu, Ndjeka et Onema-Ototo, un projet de lutte contre la cécité des rivières (Onchocercose) a été réalisé par notre Diocèse.

·Dans les régions de Wembonyama, Lubefu et Tshumbe, nous sommes allés en guerre contre la maladie du sommeil.

·Pour établir des contacts avec les victimes des attaques des Maï-Maï et leur assurer la distribution des ustensiles de cuisine, habillements, etc., un projet réalisé par notre Diocèse a permis la construction d’une «Route de la réconciliation» entre Kiomi et Polepole. Tous les ponts de cette route ont été construits en bois.

·Dans les régions de Minga, Lubefu, Katako-Kombe, Dibele, Yenga et Kole, un projet nutritionnel fut réalisé.

·Dans la cité de Lodja, centre du Sankuru, quelques projets d’assistance aux enfants de la rue ont donné naissance à l’ouverture d’un Orphelinat.

·Afin de renforcer les capacités opérationnelles de l’Hôpital Général de Référence de Lodja, notre Diocèse a pu obtenir un groupe électrogène qui l'alimente.

·Dans les régions de Katako-Kombe et d’Okidi-a-Lomami, un projet de distribution de kits d’ustensiles de cuisine et de table, des tentes, des couvertures, etc., a porté secours aux populations sinistrées par les attaques,  le racket et l’extorsion organisée par des Mai-Mai, seigneurs de guerre .

 

Doctorat-Ab.-Claude-005.jpg3).-ATSM: Excellence, sur «les nombreux défis d’évangélisation qui se posent aujourd’hui» au Sankuru, en général, et au Diocèse de Tshumbe, en particulier, il y a lieu de parler de «renouvellement du trousseau liturgique», de «la réfection et la construction de nouvelles infrastructures pastorales et administratives», c’est-à-dire, les églises, les hôpitaux, les maisons de résidence et de service, etc. Les hôtes militaires que le Diocèse de Tshumbe a hébergés depuis le déclenchement de la guerre ont beaucoup détruit par où ils sont passés. Quelles solutions avez-vous apportées à ces destructions et à la vétusté des infrastructures pastorales et administratives du Diocèse?

 

120708_mgr_djomo.jpg+ N. Djomo: Oui, la destruction de beaucoup de nos infrastructures a été vraiment méchante. Elle avait frappé, non seulement les infrastructures pastorales et administratives, mais aussi les infrastructures scolaires et sanitaires du Diocèse. Le vol et la profanation des objets de culte a été déploré. Face à ces destructions, à la vétusté des infrastructures coloniales et à la maigre capacité des infrastructures administratives dont dispose notre Diocèse, nous avons décidé de réhabiliter les plus urgentes et de renforcer les capacités des infrastructures administratives avec la réalisation de certains projets de construction.

· Ainsi, la réhabilitation de l’Hôpital Général de Référence de Katako-Kombe, avec la coopération Belge/Solidarité protestante, est passée en acte depuis 2008.

·La construction de l’église paroissiale de Lodja Saint Désiré, dont les travaux se poursuivent, est une grande fierté pour notre Diocèse. Elle est la plus grande église de toute notre Province Ecclésiastique du Kasai avec en vue 1.200 places assises, selon l’estimation de l’Architecte.

·Une autre église est sur le point d’être inaugurée dans la paroisse St Charles Lwanga de Ndjeka.

·Beaucoup de nos écoles, primaires et secondaires, détruites ou construites en pisée, ont été réhabilitées et construites en matériaux semi-durables.

·La construction d’une résidence pour l’Évêque de Tshumbe a été portée à terme.

·La construction de l’Orphelinat Ste Thérèse de l’Enfant Jésus est également terminée. Elle a été inaugurée et bénie le 23 décembre 2009 et est déjà fonctionnelle. Nous en sommes au second Orphelinat dans notre Diocèse.

·Radio «Osase», Radio Communautaire, la «Voix de l’Evêque» est opérationnelle bien qu’elle fonctionne encore dans les locaux provisoires et ce moyen de communication social, je dois le reconnaître, nous est un précieux moyen d’évangélisation.

·Avec des ponts lancés sur les axes Tshumbe-Wembonyama-Lubefu et Tshumbe-Katako-Kombe-Lodja, notre Diocèse a déjà donné et continue à donner sa contribution au désenclavement du Sankuru.

 

Doctorat-Ab.-Claude-005.jpg4).-ATSM:  Quels sont les projets qui restent encore en vue dans l’agenda du Diocèse? 

 

120708_mgr_djomo.jpg+ N. Djomo: L’agenda de notre Diocèse est bien chargé, monsieur l’Abbé. En somme, nous avons des travaux en cours d’exécution  et des projets en vue.

 

A. Projets en cours d’exécution:

·La construction d’une Chancellerie pour l’administration centrale du diocèse a des travaux en cours.

·La construction d’un Centre Pastoral également a des travaux en cours.

·La construction d’un Centre de Ressourcement Spirituel se poursuit.

 

B. Projets en vue:

·La construction d’un troisième et d’un quatrième Orphelinat de notre diocèse aura son site à Lodja sous la gestion des Sœurs Passionistes et à Bena-Dibele.

·Une maison pour personnes âgées à Shinga Ste Véronique. Les travaux devraient débuter au cours de cette année 2010.

·Un Complexe scolaire privé (de la Maternelle au Secondaire) s'érigera à Shinga Ste Véronique et dont le financement est bien assuré par la Communauté de l’Emmanuel.

·Le projet de construction d'un Centre pour des "personnes diversement aptes", celles qu'on appellait jadis les "Handicapés", est dans la phase de recherche de financements.

 

Doctorat-Ab.-Claude-005.jpg5).-ATSM: Selon les dispositions de la nouvelle Constitution de la République Démocratique du Congo, le nouveau découpage territorial compte le Sankuru parmi les nouvelles Provinces du pays. Excellence, que pensez-vous de cette réalité en terme de projet?

 

120708_mgr_djomo.jpg+ N. Djomo: Pour accueillir comme il se doit cette nouvelle entité administrative de notre pays chez nous, notre Diocèse s’applique à plus d’un titre dans la réalisation de certains projets:

·La construction de la route Lusambo-Lubefu jusqu'à Lodja avec les fonds de la Coopération Technique  Belge (C.T.B.). Méthode IMO, construction d’ouvrages d’art. Les travaux seront exécutés par la C.T.B.

·La construction de la route Lodja-Tshumbe-Wembonyama-Shilo-Manda jusqu’à la Lomami. Fonds  FONER (fonds du Gouvernement de notre pays). Méthode IMO. Construction d’ouvrages d’art. Exécution confiée  à notre Diocèse.

·Le projet PAIDECO Sankuru: projet financé par la Coopération Technique Belge. Réhabilitation des infrastructures immobilières des  chefs-lieux des Territoires. Ce projet a été sollicité par le Diocèse, mais l’exécution sera assurée par la C.T.B.

 

Doctorat-Ab.-Claude-005.jpg6).-ATSM: Retenez-vous encore quelques défis à relever dans le Diocèse de Tshumbe, Mgr?

 

120708_mgr_djomo.jpg+ N. Djomo: Lorsque nous aurons achevé la série des constructions en cours, il va falloir se mettre de toute urgence à la construction de chapelles à travers les villages et les Communautés Ecclésiales Vivantes. C’est un des défis que je retiens très urgent.

 

Doctorat-Ab.-Claude-005.jpg7).-ATSM: Auriez-vous quelque chose d'autre à ajouter, Excellence?

 

120708_mgr_djomo.jpg+ N. Djomo: Je voudrais remercier distinctement tous ceux qui, de l'une ou de l'autre manière, ont contribué à donner vie à tous les différents projets. Grâce à la collaboration de tous les membres de la communauté diocésaine, notre Église Particulière a donc pu apporter divers soulagements aux populations du Sankuru fortement éprouvées par de longues années de guerre et leurs conséquences: je pense ici aux prêtres, aux religieux et religieuses, aux laïcs engagés, aux agents de nos différents bureaux diocésains, qui, portés tous par la même espérance et par souci d’évangélisation, nous avons pu témoigner de l’amour de Dieu pour tous et étendre la compassion du Christ à tous les sinistrés du Sankuru.

D’une façon toute particulière, je dis toute ma gratitude à mes  collaborateurs et confrères dans le sacerdoce, eux qui ont toujours su percevoir mes intuitions, les encourager  et surtout les traduire en projets concrets. Pour la réalisation de certains projets, beaucoup d’entre eux ont dû travailler nuit et jour: signe de leur amour pour notre peuple et notre cher Sankuru.

 

Au nom de la communauté diocésaine je remercie, de tout cœur, nos partenaires, amis et bienfaiteurs d’Outre-Mer. Sans leur générosité il ne nous aurait pas été possible de réaliser ces projets.

 

Le diocèse entier est tout aussi reconnaissant envers nos différents bureaux diocésains chargés de la réalisation de ces projets: Caritas-Tshumbe (projets d’urgence), BDOM (projets santé), Rêves-Éducation (projets éducation), Commission Justice et Paix (projets liés à l’éducation civique et à la protection des groupes vulnérables), Bureau des constructions (pour les constructions d’édifices ecclésiastiques). Que soient ici remerciés les Directeurs de ces bureaux ensemble avec leurs équipes. Nous devons beaucoup à leur sens d’abnégation, à leur dévouement  ainsi qu’à leur dynamisme.

 

Avec la fin de la guerre et de la période post-conflit, une nouvelle ère pourra bien commencer, celle de la reconstruction générale et du développement. L’Église, dont la mission essentielle et primordiale reste l’annonce de l’évangile de Jésus-Christ, accompagnera toujours notre État dans ses efforts pour le développement de notre pays, conformément aux recommandations de la Doctrine Sociale de l’Église.

 

Merci à vous aussi, monsieur l’Abbé, pour la réalisation de cet organe de liaison et d'information.

Doctorat-Ab.-Claude-005.jpg8).-ATSM: C'est à nous que revient le plaisir de ce grand honneur, Excellence. Ce n'est pas toujours évident qu'en 13 ans d'épiscopat on puisse abattre un travail de telle envergure. Nous vous en savons gré.  



Propos recueillis par monsieur l'Abbé Claude OKONDJO
Administrateur du blog.-  

Mgr Djomo bateau Scan04

Mgr Djomo pirogue Scan06

Mgr Djomo distribution vivres Scan02

HGR DIKUNGU PHOTOS Abb+® LOWA 044

P1040021

 

Repost 0
Published by Abbé Claude OKONDJO - dans MESSAGE EPISCOPAL
commenter cet article
4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 16:04

 Cent ans d'évangélisation est un événement grandiose! Le Diocèse de Tshumbe se prépare à le célébrer dans la gratitude au Seigneur et dans la reconnaissance aux premiers missionnaires, hérauts de la Bonne Nouvelle, qui se sont employés à faire connaître le Christ dans les conditions les plus inadaptées par rapport à leur culture. Dans sa lettre pastorale, le Berger de Tshumbe s'adresse au Clergé et à tous les agents pastoraux pour une mobilisation tous azimuts.


Aux Prêtres,

Religieux,

Religieuses,

Auxiliaires de l’Apostolat,

Séminaristes,

Catéchistes,

A tous les fidèles,

 

Notre Diocèse entre dans une grande ère de son histoire. Christ, « lumière des nations »(Cfr Lc 2, 32 ) s’est levé dans notre terre et sa Parole est devenue une sève dans notre vie. Cent ans d’Évangélisation est un événement grandiose à célébrer dans une profonde action de grâce.
 

La foi que nos pères ont reçue des missionnaires et qui demeure jusqu’à nous est un grand bienfait pour nous car le Seigneur lui-même a dit : « Personne ne peut venir à moi si le Père ne l’attire »(Jn 6,44). C’est Dieu qui a semé en nous par le travail des missionnaires l’Évangile libérateur du Christ.

Nous sommes très reconnaissants, à ce Dieu, auteur de tout bien, qui a disposé les choses de sorte que sa Parole qui transforme atteigne notre terroir et travaille à la manière d’un ferment pour faire germer dans nos coeurs la vie nouvelle dans le Christ.

Nous rendons un hommage reconnaissant aux premiers missionnaires, témoins et soldats du Christ. Mus par cette volonté "d’annoncer la bonne nouvelle aux limites du monde"(Mc 16, 15 ), ils nous ont transmis la parole que leurs pères avaient reçue.


Avec le concours de braves catéchistes et enseignants, leur travail missionnaire reste d’un éloge sans flatterie. Ils ont enduré la chaleur et la pluie, traversant forêts et savanes, avec tous les risques qu’elles comportent pour gagner une chose : les âmes au Christ.


Ce travail ne s’était pas arrêté avec le départ des missionnaires Européens. Après eux, le clergé autochtone et les fidèles, qui avaient augmenté en nombre, ont pris conscience de continuer à vivre la foi au Christ et de la transmettre aux autres générations.


Cet engagement pour modeler un homme nouveau « né de l’eau et de l’Esprit» (Jn 3, 5) a atteint cent ans aujourd’hui. Nous devons rendre grâce au Seigneur et nous réjouir de ce travail ecclésial pour la cause de l’avènement du Royaume de Dieu.


Notre regard restera toujours fixé sur Jésus-Christ, afin de faire face à tous les nombreux défis d’évangélisation qui se posent aujourd’hui et auxquels, nous sommes invités à trouver des solutions, en tant qu’une Église qui a fait son temps et devient adulte.

 

I. BREVE HISTOIRE SAINTE DE NOTRE DIOCESE


La célébration du centenaire de l’évangélisation nous mène à nous rappeler la petite histoire sainte de notre Diocèse. Le grand souvenir de l’événement que nous voulons célébrer est profondément un acte d’action de grâce. Car nous nous rappelons que notre histoire est celle de la marche du Seigneur avec son peuple à qui il a communiqué son message.


En effet, la date du 04 février 1910 est celle qui est inscrite en lettres d’or dans les annales ecclésiales du Diocèse de Tshumbe. Les missionnaires de la Congrégation du Coeur Immaculé de Marie (Scheutistes) s’étaient installés au poste de LUSAMBO au début du dernier siècle. L’écho de leur travail d’évangélisation se fit entendre et le Chef OKITONGOMBE du village MENGA OTETE, s’était rendu à LUSAMBO pour requérir la présence des missionnaires chez les Atεtεla. Le contact qu’il a pris avec ces missionnaires aura des répercutions : ces derniers visiteront d’abord sporadiquement la nouvelle terre à évangéliser, en étudiant la possibilité de construire une première mission. WEMBONYAMA ne répondant pas à leur assentiment, ils trouvèrent le site de MENGA OTETE et c’est là que le Père Achille DEMUNSTER et ses compagnons célébrèrent la première messe, le jeudi 04 février 1910.


Menga est la porte d’entrée de la Parole de Dieu chez les Atεtεla. «Souvenez-vous de ce début».


Dans les conditions les plus inadaptées par rapport à leur culture, ces héros de l’évangile se sont mis à établir et implanter des postes de mission, des chapelles et ferme-chapelles en intensifiant le contact avec la population par des visites aux communautés, à la tête desquelles ils établissaient des catéchistes comme leurs auxiliaires.


Ils n’ont pas seulement été des bâtisseurs d’églises, mais ils ont travaillé à la traduction en langue Otεtεla des livres de prière et de la liturgie, les Saintes Écritures et le catéchisme.


Aussi, la Parole de Dieu, puissance de libération, a été toujours et partout accompagnée des oeuvres caritatives pour la promotion humaine: les écoles, foyers, hôpitaux, orphelinats, ateliers, garages, etc. Tout se réalisait au prix d’énormes sacrifices et d’abnégation, de la patience et surtout de l’amour du Christ et du souci de l’Eglise.


En 1931, les Pères scheutistes céderont la place à la Congrégation des Pères Passionistes.

Ces deux congrégations missionnaires qui se sont succédé dans notre diocèse nous ont laissé des traces de l’Amour de Dieu. L’évangile qu’elles nous ont annoncé a été puissance de cet amour de Dieu qui nous invite à devenir enfants de son royaume. Nous ne pouvons jamais oublier ces envoyés de Dieu sur notre terre.


Appelés par les circonstances historiques à quitter petit à petit notre terre, les missionnaires ont laissé un héritage : la naissance d’un clergé autochtone et la croissance merveilleuse de la jeune Église au SANKURU.


En 1945, le premier noir tεtεla est ordonné prêtre à Tshumbe Sainte Marie: c’est l’Abbé Victor WANDJA KEMBOLO (+ 1988). Cette ordination a été vécue comme un événement spécial et elle sera devenue signe de vocation pour de nombreux jeunes garçons qui répondront à l’appel du Seigneur avec leur entrée au Séminaire. Quelques années plus tard, d’autres seront ordonnés prêtres à la suite de Mgr WANDJA : les Abbés DJAMBA Alphonse (+ 1991), KAINDA Victor (+ 1983), MUTANGALA Albert, YUNGU Albert (+1997), MAMBE Paul (+ 2004), HIOMBO Albert, OLAMBA André (+ 1992), etc. A petits pas se forme le clergé autochtone, le nombre des prêtres augmente chaque année.


La destinée pastorale est définitivement confiée aux fils t«t«la avec l’ordination épiscopale de S.E. Mgr YUNGU Albert (1928-1997) en septembre 1968, en succession à Mgr Joseph HANGENDORENS (+1976), premier évêque du diocèse.


A côté du jeune clergé fleurissent deux congrégations diocésaines: les Soeurs de Saint François d’Assise et les Frères de la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ.


Par la suite cette jeune Église, laissée par les missionnaires, a eu à faire face aux nouveaux défis pastoraux. Le travail consistera à renforcer la foi et à la susciter davantage par l’annonce de l’Évangile, intensifier la préparation aux sacrements, redynamiser la vitalité des communautés, créer de nouvelles stratégies de la lutte contre les sectes, renforcer les capacités d’apostolat au niveau des Vicariats Forains. D’autres défis sont à relever tels: la formation continue des catéchistes, l’animation des communautés sur la prise en charge matérielle de l’Église par ses propres  fidèles; les efforts pour rendre les célébrations liturgiques plus belles, plus participatives et attrayantes. Cela passe, entre autres, par le renouvellement des outils et objets du culte: ornements, vases et livres liturgiques; la réfection et la construction des églises, chapelles et autres lieux de prière.


Ces défis sont nôtres, ils sont permanents et nous devons tous nous unir pour les relever. Après cent ans, nous avons déjà acquis la maturité chrétienne. Il faudrait agir pour plus de performance dans notre champ d’apostolat, en comptant sur la grâce divine et la participation individuelle de chacun de nous, en tant que membre de l’Eglise Famille de Dieu et croyant au Christ Sauveur. 
 

II. PREPARATION DE LA CELEBRATION DU CENTENAIRE


Chers frères et soeurs,


Les cent ans d’évangélisation de notre diocèse sont un grand évènement qui ne saurait passer sous silence, sans répercuter son écho dans l’ensemble de notre diocèse.


Ma rencontre avec les jeunes du District du Sud, partis en colonie de vacances à MENGA du 28 au 29 juillet 2008, a été le signe précurseur de la préparation dont je vais vous parler.


Sous l’inspiration du Vicaire Forain et des autres prêtres et responsables de différents mouvements de jeunes catholiques, MENGA, porte d’entrée de l’évangile chez-nous, a accueilli les premiers pèlerins de ce site historique de notre diocèse. Une messe d’action de grâce y a été célébrée le 29 juillet de cette année.


Trois gestes symboliques ont été posés au cours de cette rencontre et je souhaite qu’ils caractérisent l’ensemble des célébrations de cet événement diocésain:


- l’implantation d’une croix en souvenir du "Christ-Sauveur" de l’humanité ;


- les torches de feu tenues par les pèlerins, symbole de la foi reçue et que chacun a la responsabilité de propager ou transmettre à l’autre ;


- le geste de réconciliation par la confession individuelle et le lavement des mains.


Ces trois gestes seraient une manière pour nous de vivre cette grande étape de notre vie de foi en Christ-Jésus, en lui offrant un caractère intérieur.


Pour suivre pas à pas les grands axes de la célébration du centenaire, j’ai mis sur pied un comité organisateur qui nous proposera un chronogramme du centenaire.


La date du 23 novembre 2008 est celle de la Solennité du Christ-Roi de l’Univers. Elle a été choisie comme jour du lancement officiel de la célébration du centenaire.

De cette façon, une messe solennelle sera célébrée par District et au niveau de diverses paroisses de notre diocèse.

A partir de ce jour, nous suivrons le chronogramme du centenaire. Les thèmes qui nous seront proposés sont à intégrer dans nos intentions de prière.


Laissez-moi vous rappeler, chers frères et soeurs, ces quelques points qui retiendront toute notre attention :


1°) La nécessité de la purification intérieure par des occasions de confessions individuelles.

2°) La contemplation du christ dans le Saint Sacrement par l’exercice de la prière d’adoration, tradition tombée en désuétude dans certaines paroisses ;

3°) Le climat de fraternité et de communion de foi par l’organisation des prières oecuméniques ;

4°) La préparation liturgique quotidienne qui doit inclure la "prière du centenaire" à la fin de chaque célébration eucharistique et à chaque rencontre des fidèles à la prière.

 

III. EXHORTATION FINALE


Mes Chers diocésains,


Alors que nous rendons grâce au Seigneur pour sa marche avec nous à travers l’histoire, je vous invite tous à garder vive votre foi et votre espérance. Laissez-vous transformer chaque jour par la parole du Seigneur qui a fait de vous des disciples du Christ.


Que votre charité se fasse de plus en plus inventive et que chacun de vous trouve comme une obligation ecclésiale son soutien individuel à l’Apostolat de notre Église.


A l’âge de cent ans, notre diocèse ne doit plus toujours compter seulement sur le soutien matériel extérieur. Travaillons ensemble pour soutenir notre Église qui doit rester solide à partir de notre solidité de foi au Christ.


Que chaque fidèle de notre diocèse, de près ou de loin, et tous nos amis s’unissent à nous par leur participation matérielle et spirituelle à la réussite de la célébration de ce grand souvenir de notre histoire.


Que la Vierge Marie, Reine des Apôtres et patronne de notre Diocèse

intercède pour nous.

Je vous accorde tous ma bénédiction apostolique.

 

Donné à Tshumbe Sainte Marie, le 23 novembre 2008

en la fête du Christ-Roi de l’Univers.


+  Nicolas DJOMO,

Évêque de TSHUMBE

Repost 0
Published by Mgr Nicolas DJOMO, Evêque de TSHUMBE. - dans MESSAGE EPISCOPAL
commenter cet article