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  • : ANJASHI WA TSHUMBE
  • ANJASHI WA TSHUMBE
  • : Un espace web pour informations et communications, échanges et contacts, analyses, opinions et débats sur la vie. Champs d'intérêt: Vie de l'Église Catholique Romaine et vie en République Démocratique du Congo.
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  • Pierre Claude OKONDJO
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 12:17

L’Eglise catholique est bien organisée au niveau de sa structure et les jeunes se retrouvent dans des mouvements d’action catholique reconnus.Tout jeune catholique qui a une proposition à soumettre à la hiérarchie a la possibilité d’exploiter les structures exitantes, notamment la commission des jeunes qui exite dans presque tous les diocèses.

 

L’engagement politique devrait amener à l’esprit critique en évitant de relayer des thèses qui n’ont aucun fondement juridique et  ecclésial. La laïcité n’est pas synonyme de laïcisme. La séparation de l’Eglise et de l’Etat signifie entre autres que l’Etat respecte le mode d’action du clergé qui répond à sa mission d’évangélisation dans le monde.

 

«La fidélité à l’Évangile selon le pape François, implique aussi que l’Église participe à la construction de la cité» (cf. Discours du pape François aux Evêques de la RD Congo). La participartion des évêques à la vie de la nation est un droit inaliénable qui doit être reconnu à tout citoyen. Les évêques comme tous les citoyens de ce pays ont le droit d’émettre leurs avis sur la marche du pays. Cela ne s’appelle pas faire de la politique.

 

Source: http://www.cenco.cd/?id_art=132

 

DES JEUNES INSTRUMENTALISÉS?
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Published by CENCO - dans OPINION
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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 22:09

Rien de neuf ne se dit sur la République Démocratique du Congo qui n’a jamais été dit. Rien ne s’écrit sur elle qui n’a pas encore été écrit. Tout a été dit, mais rien n’est fait. Tout s’écrit, mais rien ne s’applique. Débats, écrits, accords, dialogues, opérations…tout sur tout. Pourquoi un nouvel écrit? Vouloir excéder? Non. Vouloir faire nôtre le dicton du poète latin Horace: "Haec decies repetita placebit". "Telle œuvre ne plaira qu’une fois, tandis que telle autre répétée dix fois plaira toujours". La RDC est agressée, spoliée et meurtrie en continuation. Son destin va toujours de compromission en compromission. De qui lui viendra le secours? De débats ou des écrits? Des accords ou de dialogues? De nouvelles opérations? Une piste de solution. Si Dieu a créé le  congolais sans le congolais, il ne peut pas sauver le congolais sans le congolais. Congolais du monde entier, pour arrêter l’incendie qui embrase votre terre et sauver votre propre patrie, vous devez vous mobiliser pour agir. Debout!

 

Se caractérisant par trois éléments majeurs, le complot est une forme de communication qui a pour but la réalisation d’un acte collectif dirigé contre quelqu’un à partir d’un lien social qui repose sur le silence à l’égard de l’espace social et qui tient unis ses acteurs[1]. Il fait toujours penser à deux types de problèmes de communication: la communication interne et la communication externe.

 

 La communication interne se passe entre les acteurs qui participent au complot afin de leur permettre de bien peaufiner les stratégies de ce dont ils ont conclu le pacte. Dominée par la logique du secret, la communication interne exclut tous ceux qui ne partagent pas le projet qui sert de lien social. Le cercle des destinataires de l’information est bien limité. Tandis que la communication externe est celle qui se diffuse sur le complot dans l’espace social. Celle-ci consiste spécialement à dénoncer ce dont on est au courant et dont on ne partage ni les tenants ni les aboutissants. Elle sert à fragiliser les acteurs et donc à vider le complot de tout son contenu[2].

 

 Dans la sémiotique du complot contre la RDC, la coalition de grandes puissances et des multinationales exploite collectivement la réalisation de leur acte de surnoiserie dans un schéma à plusieurs volets.

 

I.- La RDC, pays où coulent le lait et le miel

À l’instar de l’ancienne Palestine qu’on a pu appeler «terre plantureuse et vaste, terre qui ruisselle de lait et de miel»[3], la République Démocratique du Congo, pays sous-continent, est naturellement reconnue comme une terre fertile. Elle est dotée d'une abondance de ressources minérales rares du nord-est au sud-est du pays (coltan, diamants, or, cuivre, cobalt, zinc, manganèse…), de ressources forestières et de faune (gorilles, okapis…) très riches et de vastes sols fertiles propres à l'agriculture (café, tabac, thé…)[4].

 

Depuis longtemps, bien avant le conflit de 1998, de telles richesses naturelles ont fait l'objet de troc, de contrebande et de trafic enrichissant la classe dirigeante de l'ex-Zaïre. Elles ont toujours exacerbé les convoitises des pays voisins, notamment le Rwanda et l'Ouganda pour ne citer que ceux là. Elles expliquent l'occupation des provinces dans l'est du pays par les troupes rwandaises et ougandaises entre 1996 et 2002, durant le conflit ainsi que les luttes fratricides entre le Rwanda et l'Ouganda sur le sol congolais[5].

 

 L'exploitation illégale des ressources de la RD Congo par ses voisins avec la participation des Congolais a commencé avec le premier conflit en 1996. Au fur et à mesure de la progression des rebelles de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL, en sigle) dans les régions est et sud-est de la République Démocratique du Congo, appuyés par une coalition des armées des pays voisins, notamment les armées rwandaises et ougandaises, leur chef Laurent-Désiré KABILA, a signé des contrats avec un certain nombre de sociétés étrangères. C'est le début de la main-mise des Rwandais et des Ougandais sur les ressources naturelles des zones passées sous leur contrôle.

 

 Reçu par la sous-commission chargée des services financiers de la Chambre des Représentants américains à propos de la politique monétaire internationale et du commerce, Nicolas DJOMO, Evêque de Tshumbe et Président de la Conférence Episcopale Nationale de la République Démocratique du Congo affirmait : «Je parle non pas en tant qu’homme d’affaires ou expert financier mais comme responsable religieux profondément troublé par la terrible violence et par la souffrance qui a dominé la vie dans l’est du Congo depuis 1996. Cette violence a détruit des familles, des villages et des communautés. L’un des principaux motifs de la violence est l’exploitation illicite des minerais de la part des différents groupes armés opérant dans l’est du Congo»[6].

 

 Par son intervention, le prélat congolais faisait sienne la préoccupation de l’Eglise Catholique du Congo  pour demander «que les entreprises minières protègent la vie et la dignité humaine du peuple congolais, en menant un commerce international respectueux des règles, transparent et responsable»[7].

 

 Depuis les accords de Pretoria de juillet 2002 entre la RDC et le Rwanda et les accords de Luanda de septembre 2002 entre la RDC et l’Ouganda, la place est restée vacante à une prolifération de groupes armés congolais et interégionaux. «Le pillage, qui était auparavant le fait des armées, a été remplacé par des systèmes organisés de détournement de fonds, de fraude fiscale, d'extorsions de fonds, d'octroi d'options d'achat d'actions comme dessous-de-table et de détournements de fonds publics sous la direction de groupes assimilables à des organisations criminelles, (.) qualifiées de réseaux d'élites (.) composés d'un petit noyau de dirigeants politiques et militaires, d'hommes d'affaires (.), de certains chefs rebelles et administrateurs.»[8]

 

Actuellement, l'exploitation illégale des ressources se poursuit par des réseaux structurés et par guérillas interposes. Le Rwanda et l'Ouganda conservent leur main-mise sur les richesses naturelles de l'est de la RDC. Ce pillage savamment entretenu représente une manne au détriment du peuple congolais.

 

Dès lors, en République Démocratique du Congo, pays où coulaient le lait et le miel, il n'y coule plus que des larmes et du sang. De là l’indignation de Nicolas DJOMO au Synode pour l’Afrique: "Nous déplorons le fait que la Communauté internationale ne fasse pas assez pour mettre fin à ces guerres et violences, en s’intéressant suffisamment à leurs véritables causes: le pillage des ressources naturelles. Elle s’est limitée à soigner les conséquences des guerres au lieu de s’attaquer avec détermination et de manière persuasive à leurs causes. Sur la même lancée, nous déplorons le fait que les souffrances et les vies humaines fauchées en RD Congo par ces guerres n’ont pas suscité la même indignation et la même condamnation lorsque cela arrive sous d’autres cieux"[9].

 

II.- Des voisins complices de la déstabilisation

Jamais dans l’histoire de l’Afrique, les litiges entre la République Démocratique du Congo et ses voisins n’ont envenimé le quotidien comme aujourd’hui.

 

Depuis 1996 les congolais ne se le cachent plus. La République Démocratique du Congo passe victime d’un complot d’agression et de déstabilisation menaçant de conséquence l’intégrité territoriale et bradant les ressources naturelles. De l’AFDL[10] à M23 (Mouvement du 23 mars) en passant par le RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie) et le CNDP (Congrès National pour la Défense du peuple)[11], les gouvernements qui se sont succédés en République Démocratique du Congo n’ont cessé d’accuser le Rwanda et l’Ouganda d’agression déstabilisatrice.

 

Le 29 octobre 2008, Émile BONGELI, alors ministre des médias et communication dans le gouvernement d’Antoine Gizenga, dans une conférence de presse tenue à Kinshasa, accusait le Rwanda d’agresser la RDC par le CNDP interposé. Il avait, à la même occasion, condamné la Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo, MONUC en sigle, et la communauté internationale pour ce qui se passe dans l’Est de la RDC. Emile Bongeli s’est, par ailleurs, insurgé contre l’allégeance de certains compatriotes qui, d’après lui, donneraient caution à la guerre qui sévit dans l’Est[12].

 

Fort du témoignage du ministre congolais, il y a lieu de soutenir que la déstabilisation de la République Démocratique du Congo connaît la participation des acteurs aussi bien internes qu’externes.

 

Après des relations fortement tendues entre la RDC et ses deux voisins de l’Est (le Rwanda et l’Ouganda), il fallait peaufiner une nouvelle stratégie afin de sauvegarder la survie de trois régimes aux prochaines élections. L’an 2009 a été salué, à cet effet, comme une année du début de la normalisation des relations. Les armes se sont tues. Les trois voisins vivaient le bon voisinage. Un semblant de paix régnait dans la région. Ainsi fut lancée la réouverture des Ambassades.

 

Le rêve de l’instauration d’un Etat de droit au pays de Patrice Emery LUMUMBA manifesté evec engouement par le peuple congolais en 2006 n’a enregistré aucun progrès significatif. En 2011, il s’est évanoui au travers du rendez-vous électoral du 28 novrembre qui s’est soldé par un constat de chaos: braquage, vol à mains armées, attaques à mains armées, arrestations, confusion indescriptible, violences parfois meurtrières. "Hold-up" électoral, le juste mot.

 

Pour les observateurs du Centre Carter, invités par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI, en sigle), les résultats des élections du 28 novembre 2011 n’ont pas de crédibilité[13]. Les observateurs de l’Union Européenne, eux aussi, par la bouche de Bruce Wharton, sont arrivés peu ou prou aux mêmes conclusions que celles rendues publiques par le Centre Carter. Ils déplorent unanimement le manque de transparence et de nombreuses irrégularités dans le processus électoral[14]. Quant au Cardinal Laurent MONSENGWO, primat de l’Église Catholique en RDC, les résultats des élections du 28 novembre ne sont pas conformes à la vérité exprimée ni à la justice attendue[15].

 

Tout en exprimant la déception du peuple congolais dans le traitement du fruit des elections du 28 novembre 2011, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo,  après un moment de fluctuation, avait estimé, pour sa part, le processus électoral entaché de graves irrégularités remettant en question la crédibilité des résultats publiés. Pour les Évêques catholiques, seul le courage de la vérité peut libérer le grand Congo. On ne peut prendre le risque de continuer à gouverner le pays par défi[16].

 

En clair, lorsque le souverain primaire ne se reconnait pas dans le choix officialisé, il faut rendre son tablier.

 

 S’agissant de la nouvelle guerre qui continue à endeuiller les provinces du Kivu, en RDC, l'Organisation des Nations unies (Onu), fondé sur les interrogatoires de déserteurs du M23 à Goma, détient les preuves d’accusation du soutien du mouvement du 23 mars par le Rwanda. Elle met sur le banc des accusés le pays de Paul Kagamé qui assure aux soi-disants mutins l'approvisionnement en armes et même en hommes[17].

 

Le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement Matata, Lambert MENDE, ne dédouane pas le Rwanda d'avoir organisé les troubles à l'Est de la RDC.

 

Néanmoins, par mécanisme d’un «lapsus calami» rendant sans doute compte d’un «lapsus linguae», le porte-parole du gouvernement dénonce dans son point de presse ce qu’il appelle «la passivité des autorités rwandaises» face à une agression qui déstabilise la RDC à partir de l’Est. Est-ce vraiment une action de trébucher ou une erreur d’appréciation? Un jugement qui interroge.

 

La passivité est-elle dans le chef de l’agresseur ou du celui qui subit l’agression? Avec Emmanuel MOUNIER[18], j’accuserais plutôt de «atonie du comportement, d’absence ou de faiblesse de réaction aux influences extérieures, d’attitude de soumission», le gouvernement dont le ministre des Médias est le porte-parole. Les inactifs primaires présentent, selon Mounier, le maximum de passivité malléable. On aura beau dire, la République Démocratique du Congo, inactive depuis une décennie de pouvoir "kabiliste", présente le maximum de passivité devant le vol des ressources naturelles, le viol des hommes et des femmes, les agressions répétées du voisin Rwanda. 

 

Le 21 juin 2012, toujours au nom de son gouvernement, Lambert MENDE, accusait le Rwanda d’être responsable des filières de recrutement des rebelles du M23[19].

 

Le 31 août 2012, le Rwanda annonçait le retrait de ses 280 soldats de l’Est de la RDC. Au lendemain de l’annonce, des hommes en tenue des FARDC, lourdement armés, sont passés par Kibumba, pour rentrer au Rwanda. Ils sont venus de Rutshuru avec des militaires FARDC et, arrivés à la frontière, ils ont enlevé la tenue des FARDC pour rentrer au Rwanda avec leur tenue rwandaise, racontait à l'AFP un officier sur le terrain. D'après lui, il s’agissait de deux companies et non de 280 éléments seulement. Car disait-il: "J'ai vu 357 militaires arriver, dont 80 étaient FARDC. Ces 80 militaires sont restés" du côté congolais, a-t-il indiqué.

 

Le 02 septembre 2012, lors d’un point de presse, le Porte-Parole du gouvernement congolais réagissait à l’annonce du retrait relayée par les médias, accusant le régime de Kigali de verser dans la diversion:  "Une fois de plus, par le mensonge et la dissimilation, nos amis rwandais essaient de distraire l’opinion, d’opposer la République démocratique du Congo à son propre peuple, pour faire oublier des crimes graves qu’ils sont en train de commettre au Kivu".

 

III.- La décomposition des structures politiques de l’État

Les lecteurs des signes de temps en République Démocratique du Congo, dans le champ de l’information et de la communication sociales et politiques, ne sont pas peinés de découvrir que la sémiotique du complot contre la RDC s’inscrit dans le champ du politique. La décomposition des structures politiques de l’État en constitue un des premiers signes dont est victime le peuple congolais.

 

En effet, depuis 1996, la dimension politique vécue en RDC n’exprime en rien l’identité de la société congolaise. Depuis lors, les complices du projet continuent à défigurer l’État d’un pays qui se veut démocratique. Ainsi avait-il été imposée aux congolais la formule de "1+4". Le pouvoir est partagé selon la formule entre un président et quatre vice-présidents. Unique en son genre dans l’histoire des pays démocratiques!

 

Ensuite, sans identité politique de référence (cas des sujets rwandais hissés au sommet des institutions nationales), les acteurs du complot se situent par rapport à un projet d’action à entreprendre (balkanisation, bradage des ressources naturelles, partage du gateau, etc.). Point n’est besoin d’en savoir plus par rapport aux différents accords signés (La naissance de l’AFDL des suites des accords de Lemera signés le 23 octobre 1996; L'accord de cessez-le-feu de Lusaka, signé les 10, 30 et 31 juillet 1999; L'accord de Sun City fut formalisé 19 avril en 2002; L'accord de Paix de Prétoria, le 30 juillet 2002; L'accord de Luanda signé le 6 septembre 2002; Les accords d’Addis-Abeba signés le 15 juillet 2012).

 

Au niveau social, les participants à un complot sont à la fois en marge des réseaux dominants de la sociabilité et unis entre eux par un lien fort et solide (pensez aux formes sociales qui unissent une bande de voleurs – argot, règles de vie commune, codes de sociabilité -).

 

Au niveau politique, pensez aussi aux diverses formules des partis politiques telles l’AFDL, le RCD, le CNDP, le M23 qui, plongeant dans l’indignation des congolais, ont semé et continuent à semer la désolation en RDC à partir de l’Est.

 

IV.- Les acteurs et les éléments de complot contre la RDC

Des médias, nationaux et internationaux, stipendiés par les tireurs des ficelles, ont non seulement contribué à perenniser le triste sort des congolais mais, aussi, participé à la politique de la balkanisation, de la conspiration et du complot contre la RDC.

 

Au 31 août 2012, la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo, MONUSCO en sigle, comptait sur le sol congolais un effectif de 19.083 membres du personnel en uniforme, dont 17.006 soldats, 703 observateurs militaires et 1.374 policiers pour protéger les civils et consolider la paix; 953 membres du personnel civil international, 2.859 membres du personnel civil local, 573 volontaires des Nations Unies[20]. Un contingent d’une importance jamais égalée dans l’histoire de l’Organisation des nations Unies à travers le monde.

 

Depuis que ce gros contingent de la force de l’ONU a été déployé en République Démocratique du Congo, force est de constater que cette force n'a jusqu'à présent, été à la hauteur de sa tâche; elle n’a jamais sécurisé les zones troubles du pays. Après avoir bénéficié de l’hospitalité du peuple congolais, jamais la force de l’ONU n’a servi les intérêts de ceux qui l’hébergent. Bien au contraire, elle ne fait que se discréditer en brillant dans des compromissions.

 

Pendant qu’une enquête se diligentait localement par les autorités congolaises du Nord-Kivu après l’arrestation d’un agent de la MONUSCO accusé de contrebande de cassitérite entre la ville de Goma (RDC) et celle de Gisenyi (Rwanda), les congolais réitéraient le refus du maintien de la mission onusienne, la MONUSCO, en RDC[21].

 

De l’avis de certains observateurs, la répétition de scandales dans le chef de la mission onusienne devrait donc constituer un argument de taille contre son redéploiement quand on sait que les populations civiles continuent à souffrir d’exactions de la part des groupes armés et des forces loyalistes sous le regard expectatif des casques bleus de l’Onu.

 

Si la population de l’Est continue à être meurtrie, à se réfugier dans son propre pays ou à chercher asile dans d’autres, point n’est besoin de démontrer, non seulement la faiblesse et le manque de crédibilité de la mission, mais aussi la bonne foi de ceux qui y sont derrière.

 

Face au massacre des adeptes de Bundu Dia Kongo (BDK) dans le Bas-Congo en 2007[22], aux tueries de Kinshasa après les élections «non crédibles» de novembre 2011[23], à la confiscation des libertés fondamentales des Congolais à travers le territoire national, aux enlèvements et aux arrestations arbitraires, il y a de quoi se questionner sur la vraie mission de la fameuse force des Nations Unies en RDC. Quelle protection peut-elle prétendre donner aux civils qui meurent chaque jour comme des mouches?

 

Protéger la ville de Goma avec des chars et des blindés suffit-il pour pacifier la RDC? Où étaient ces casques bleus quand les congolais de Rutshuru, de Walikale, de Bunagana, du Katanga, de Kinshasa ont perdu la vie? Ne fallait-il pas la mort des casques bleus sur le champ de Bunagana pour mobiliser l’appui extraordinaire de la Mission onusienne aux FARDC ? Appui de stabilisation de la paix ou appui de vengeance? Croit-on qu’avec la présence d’une force onusienne aussi importante à travers le monde les congolais aient encore besoin du déploiement d’une nouvelle force neutre pour protéger les civils, consolider la paix et pacifier l’Est du pays? Combien de zones troubles ne dénombre-t-on pas en RDC quand bien même les éléments de la MONUSCO y sont parsemés?

 

La présence d’une mission onusienne au mandat toujours renouvelé, les effets du hold-up électoral ainsi que les accords du déploiement d’une nouvelle force neutre ne sont que des élements d’illustration d’un silence qui assassine.

 

V.- À la remorque de la justice des potentats

Visiblement, les acteurs du «statu quo» dans la vie sociale, politique et économique de la République Démocratique du Congo ne démordent pas.

 

Les manifestations planétaires de nombreux congolais et des amis de la RDC déferlant dans les rues du monde ne veulent que traduire l’indignation de ceux-ci contre le silence complice et assassin de ceux-là qui, hier, s’étaient mobilisés en faveur de l’Irak (20 mars 2003), de la Lybie (entre le 15 février 2011 et le 23 octobre 2011), de l’Égypte (25 janvier 2011) et de la Tunisie (17 décembre 2010), et qui, aujourd’hui, se mobilisent encore en faveur de la Syrie (15 mars 2011) et du Mali (22 janvier 2012) pour réclamer l’avènement d’un État de droit pendant qu’en République Démocratique du Congo on continue à produire des rapports sur rapports, à pondre des déclarations sur déclarations, à apposer des signatures sur signatures; à octroyer de nouveaux mandats à la Mission Onusienne et à plaider pour de nouveaux déploiements des forces sans effets palpables.

 

Les congolais ne sont plus dupes, ils ne croient plus à toutes ces gesticulations. Le sang de plus de 6.000.000 de compatriotes a beaucoup coulé. L’heure a sonné de s’assumer soi-même et de penser à inventer l’histoire d’un Congo du temps contemporain. Car, les efforts et les intentions des uns et des autres ne bénéfient en rien de la confiance que peuvent mériter les "prix-nobel de la paix". Rien ne justifie que la vie fauchée dans d’autres pays soit plus sacrée que celle du peuple congolais délaissé à son triste sort depuis environ 16 ans.

 

La timidité avec laquelle "la justice des potentats" condamne les agresseurs de la RDC ne présage d’aucun avenir meilleur. Encore moins sa prise de position vis-à-vis du rendez-vous électoral du 28 novembre 2011. Et pourtant… Non, c’est trop!

 

VI.- Au nom de l’amour de la patrie, il faut se mobiliser et agir soi-même

On aura beau mentir ou jouer au malin, des illuminations ne finiront jamais de guider les congolais dans leur préoccupation.

 

Alors qu’on le qualifie de confidentiel et donc réservé, CongoOne y est parvenu. Dans un article publié dans les dossiers d’actualité, Raymond LUAULA décortique scrupuleusement un rapport de la Commission Électorale Indépendante (CENI) sur les élections du 28 novembre 2011 en RDC[24]. Le rapport que LUAULA qualifie de “rapport coupe-gorge” donne la pleine mesure de la planification de la tricherie et confond non seulement Ngoy Mulunda, le président de la CENI, mais aussi et surtout Roger MEECE, le représentant du Secrétaire général de l’ONU en République Démocratique du Congo.

 

La CENI, on le sait, a apporté son soutien à la falsification de la vérité dont s’est rendu coupable son Président et la Cour Suprême de Justice[25].

 

Pendant que les forces extérieures sévissent à l’Est du pays et mettent à nu l’incapacité des dirigeants congolais d’assurer la protection de leurs dirigés et de défendre l’intégrité territoriale, la priorité est aux assises du XIVe sommet de la Francophonie à Kinshasa. Une attitude qui cautionne la culture de la mort et de l’impunité. Une attitude qui complote un mauvais tour.  

 

Le pouvoir de la République Démocratique du Congo ne peut honnêtement continuer à défier le souverain primaire. Après lui avoir arraché sa légitimité, le politique national et le politique international veulent, coûte que coûte, l’obliger à boire le calice jusqu’à la lie en se détournant allégrement de son sort.

 

Saluant la décision de François HOLLANDE d’aller participer au sommet de la Francophonie à Kinshasa, un député français, non autrement identifié, se mit à expliquer la position de son gouvernement à un compatriote qui lutte pour la libération de la République Démocratique du Congo:  "le problème des Congolais est qu’ils sont assis sur toutes les matières premières indispensables à faire tourner le monde aujourd’hui; ensuite la classe politique Congolaise au pouvoir est égoïste, hautement médiocre, facilement corruptible, incroyablement malléable à souhait et complètement incapable de défendre les intérêts du Congo et de ses populations à l’intérieur et à l'extérieur. Pour preuve, des millions de victimes Congolaises et un Président de la République totalement étranger au pays, en mission d'affaiblissement de l’État, devraient faire sauter le gouvernement, mais nenni. Dans votre Congo tous vos parlementaires acceptent facilement l’inacceptable. Ajouter à cela une population paupérisée et fanatisée de même que des élites inconscientes, et vous vous retrouvez dans un trou sans fond. Hors en politique il existe comme dans la jungle, des prédateurs forts prêts à tout pour imposer leurs lois sur les plus faibles. Conclusion: Il vous faut changer de mentalité monsieur…. François HOLLANDE n'est pas Congolais et il n'a pas été élu pour veiller sur les intérêts du Congo! C'est donc NORMAL qu'il se rende à Kinshasa!”[26]

 

Si les complots sont aussi anciens que la vie politique, les historiens s'accordent à considérer que la première théorie du complot proprement dite fut celle, répandue à la fin du XVIIIe siècle, portant sur la Révolution française[27]. Il s'agit d'un moment crucial de l’histoire de France, puisqu'elle avait marqué la fin de l'Ancien Régime, et le remplacement de la monarchie absolue française par une monarchie constitutionnelle, puis par la Première République. Elle a mis fin à la royauté, à la société d'ordres et aux privilèges. Elle a légué, non seulement au peuple de France, mais aussi à l’histoire de l’humanité la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui proclame l'égalité des citoyens devant la loi, les libertés fondamentales et la souveraineté de la Nation, apte à se gouverner au travers de représentants élus[28].

 

En République Démocratique du Congo, si l’égalité des citoyens devant la loi n’est qu’une vaine expression, les libertés fondamentales et la souveraineté de la Nation, apte à se gouverner au travers de représentants élus, n’en sont pas moins. La sémiotique du complot et de la conspiration y reste toute entière inscrite dans le champ du politique national et international. Sinon comment comprendre que agressée, la République Démocratique du Congo puisse s’héberger dans la neutralité au lieu d’exiger des sanctions judiciaires pour défendre sa souveraineté et l’intégrité territoriale? Pourquoi accueillir la proposition d’une neutralité au moment où les infractions sont qualifiées et bien établies dans le chef de l’agresseur?

 

Dans sa sortie du 03 septembre, la Société Civile congolaise, forte de 32 organisations, venait d’adresser à cet effet une lettre ouverte au Président de la République, Joseph KABILA, avec comme objet: «La République est agressée: on n’a pas à être «neutre» pour défendre sa souveraineté et son intégrité»[29].

 

En effet, contre le peuple congolais et son destin, contre sa sécurité et celle de ses biens, avec la complicité des multinationales, le congolais, «négre de service», a trahi et continue à trahir au nom des appétits du pouvoir ou de l’argent; il devient l’acteur du complot ourdi contre lui-même et contre sa propre patrie. Lequel complot continue à développer des incidences sur le statut social, sur la vie et sur le réel de l’existence de tous les congolais.

 

Du dehors et du dedans, la République Démocratique du Congo fait face à un complot très pesant. Du dedans, au service de l’argent sale, beaucoup d’officiels congolais n’hésitent pas à pactiser avec le diable pour continuer à violer, à déstabiliser la RDC, à voler ses ressources naturelles. Ils préfèrent tirer profit de toutes les sources possibles au détriment de l’intérêt national. L’argent. L'erreur est de le considérer comme un but, alors qu'il n'est qu'un outil.

 

Du dehors, l'impunité dont jouissent des criminels de guerre, notamment celle de Jules MUTEBUSI et de Laurent NKUNDABATWARE, livre les congolais de l’Est à l'anarchie la plus totale. La même impunité concourt également à la dégradation de la situation dans la région.

 

Libre d’agir à son gré contre la République Démocratique du Congo, le Rwanda, bénéficiant de l’appui des autorités congolaises, ne se sent en rien inquiété. En 1996, accusées d’agresser la République Démocratique du Congo sous le parapluie de l’AFDL, les autorités rwandaises avaient trouvé refuge dans les allégations d’un "conflit congolo-congolais". La communauté internationale quant à elle s’était illustrée à véhiculer la version d’une guerre civile en RDC.

 

En 1998, les agresseurs ont fait semblant de se retirer du sol congolais alors qu’on les dénichait encore au sein du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD en sigle. Ce mouvement rebelle pro-rwandais hébergeait Laurent NKUNDABATWARE et Jules MUTEBUSI. Officier supérieur du RCD-Goma, puis chef du CNDP, Laurent NKUNDA gardait sous ses ordres des soldats qui avaient violé, torturé et tué des milliers de personnes à Kisangani, à Bukavu et à Goma. Jules MUTEBUSI, ancien officier du RCD-Goma, a lui choisi de s'établir paisiblement au Rwanda. Il est pourtant suspecté d'avoir commis des crimes de guerre, notamment lors de l'invasion de la ville de Bukavu en juin 2004.

 

Aujourd'hui, en 2012, s’abritant derrière une nouvelle version des éléments rwandais, M23, et bénéficiant d’un accord international d’impunité et de condamnation de complaisance, Paul Kagame continue à déstabiliser l’Est de la République Démocratique du Congo.

 

Succédant à Laurent NKUNDABATWARE, Bosco NTAGANDA, ex-CNDP, recherché pourtant par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, est promu. Il devient Général des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) en reconnaissance des services rendus. De Kinshasa et de Kigali, il reçoit, à ce titre, mission de combattre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et de permettre la réintégration des soldats du CNDP dans les FARDC. Secret de Polichinelle!

 

Chers compatriotes congolais, suite à la Révolution française, la prise de la Bastille a été rendue possible. Aujourd’hui, vous et moi, sommes meurtris, sans cesse négligés mais pas oubliés. Aimables compatriotes, au nom de l’amour de votre patrie, devenez maîtres de votre destin; divorcez d’avec les discours de division et de discorde, rompez avec les attitudes de traitrise et de médisance, unissez-vous, levez vos fronts. Faites de la Révolution française, non pas un objet de débats, mais une référence positive, autrement vous et moi, assisterons impuissants à la recrudescence de la violence et du viol, à la saignée de nos ressources naturelles, à la balkanisation de la terre de nos ancêtres, aux pertes continuelles en vies humaines. Vous et moi, observerons à nos dépends l’insoutenable agonie des avoirs qui nous reviennent et la désacralisation de la dignité de la personne humaine. Eux, seront jugés par les témoins de l’histoire. Quant à vous et moi, le courage de s’engager devra nous rendra libres. Nous devons accélérer la vitesse de la lutte dans les montées ou dans les virages de notre engagement pour sauver la patrie!

 

Pierre-Claude OKONDJO



[1] Bernard Lamizet, Ahmed Silem, Dictionnaire encyclopédique des sciences de l’information et de la communication, Ellipses, Paris 1997, voir le concept “complot”.

[2] L’article d’analyse qui approfondit cette notion de complot dans le "Dictionnaire encyclopédique des sciences de l’information et de la communication" nous a éclairés et nous nous en sommes inspires. Il est le fruit d’une équipe composée des universitaires, chercheurs et professionnels de l’information et de la communication, européens et américains.

[3] Ex. 3, 8.

[4] Conviction partagée par un Groupe d'experts mandaté par le Conseil de sécurité de l'ONU, Rapport intérimaire sur l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres richesses de la RDC, 22 mai 2002.

[5] Ibidem.

[6] Nicolas Djomo (Bishop of the Diocese of Tshumbe and President of the Catholic Bishops' Conference of the Congo (CENCO), Written testimony for the record to the subommittee on International monetary policy and trade, disponibile sur http://financialservices.house.gov/uploadedfiles/hhrg-112-ba20-wstate-ndjomo-20120510.pdf, may 10, 2012.  Source: http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/Monde/Les-eveques-de-RD-Congo-demandent-un-controle-rigoureux-de-l-exploitation-miniere-_NP_-2012-05-21-808734, 21 mai 2012.

[7] Ibidem.

[8] Source: Groupe d'experts mandaté par le Conseil de sécurité de l'ONU, Rapport intérimaire sur l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres richesses de la RDC, 22 mai 2002.

[9] Mgr Nicolas Djomo, Les souffrances et les vies humaines fauchées en RDCongo n’ont pas suscité la même indignation et la même condamnation lorsque cela arrive sous d’autres cieux, in “ANJASHI WA TSHUMBE” à l’adresse URL http://anjaashiwatshumbe.over-blog.org/categorie-11052393.html, source: http://anjaashiwatshumbe.over-blog.org/article--nous-deplorons-le-fait-que-les-souffrances-et-les-vies-humaines-fauchees-en-rdcongo-n-ont-pas-suscite-la-meme-indignation-et-la-meme-condamnation-lorsque-cela-arrive-sous-d-autres-cieux--37261783.html

[10] Ce mouvement, né des accords de Lemera du 23 octobre 1996, était soutenu militairement par des troupes composées essentiellement des Rwandais et des Ougandais et dans une moindre mesure des Burundais.

[11] Ancien mouvement insurrectionnel, le Congrès national pour la défense du peuple, le CNDP, intègre l’armé régulière et devient, depuis les accords de paix de 2009, un parti politique en RDC. Les deux ennemis scellent un mariage étrange pour un avenir qui ne profite qu’aux uns et aux autres et pas aux congolais. Radio France Internationale commentait l’événement dans une de ses émissions sur l’Afrique. Source: http://www.rfi.fr/afrique/20101213-rd-congo-ex-mouvement-rebelle-cndp-rebelle-rejoint-majorite-presidentielle

[12] Conférence de presse disponible sur le site de Radio Okapi. Source: http://radiookapi.net/sans-categorie/2008/10/29/rdc-le-gouvernement-accuse-le-rwanda-dagression/. C’est nous qui mettons en exergue les extraits en gras pour nous limiter à l’essentiel.

[13] Mission d’Observation internationale du Centre Carter, Elections présidentielle et legislatives du 28 novembre 2011 en RDC, Kinshasa 10 décembre 2011.

[14] Mission d’observation électorale de l’Union Européenne (MOE-UE), Communiqué de Presse. Rapport final d’observation et proposition des recommendations pour des réformes du rpocessus electoral,  Kinshasa 29 mars 2012.

[15] Cardinal Monsengwo Pasinya L., Conférence de presse au centre Lindonge sur les élections du 28 novembre 2011 en RDC, Kinshasa 12 décembre 2011, n. 3.

[16] CENCO, Le peuple congolais a faim et soif de justice et de paix. Le courage de la vérité (cf. 2Cor7, 14), Message de l’Assemblée plénière extraordinaire de la CENCO aux fidèles catholiques et à l’ensemble du peuple congolais, Kinshasa 11 janvier  2012, nn. 4, 6.

[17] Kléber Kungu, Guerre en RDC: L’ONU accuse le Rwanda de soutenir le M23,  dans “L’observateur”, 29 mai 2012.

[18] Emmanuel Mounier, Traité de caractère, 1946, p.398.

[21] Exportation illégale de la RDC, la Monusco prise la main dans le sac, in «Le Potentiel», 23/08/2011. De quoi est-il question? D’une banale affaire de transport frauduleux de 1200 kg de cassitérite dans un véhicule de la Monusco du Nord-Kivu vers le Rwanda. Le chauffeur a été intercepté.

[22] Anneke Van Woudenberg, signataire du Rapport de Human Rights Watch suite aux événements du 31 janvier et 1er février 2007, à Reuters, à Kinshasa, accusait mercredi l’armée gouvernementale d’avoir abattu une centaine de civils désarmés, dont certains étaient en train de prier, les 31 janvier 2007 et 1er février 2007, dans la province du Bas-Congo, dans l’ouest du Congo démocratique.

[23] Le 22 décembre 2011, un article de Human Rights Watch déplorait la mort de 24 victimes des balles et la détention des manifestants depuis l’annonce du résultat de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011.  

Source: http://www.hrw.org/fr/node/103905

 

[24] Raymond LUAULA, Hold-up électoral de 2011: un rapport «confidentiel» de la CENI confond Kabila, Roger Meece et Ngoy Mulunda! Samedi, 11 Août 2012 12:37. L’auteur partage son analyse sur le rapport de la CENI intitulé «Les élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2011, défis, stratégies et résultats», publié le 3 mars 2012.

Source: http://www.congoone.net/one/index.php?option=com_content&view=article&id=928:hold-up-electoral-de-2011--un-rapport-l-confidentiel-r-de-la-ceni-confond-kabila-roger-meece-et-ngoy-mulunda &catid=34:dossiers&Itemid=54

[25] Idem, Op. cit., § 2.

[26] Face à l’attitude d’un congolais qui s’insurgeait contre la décision annoncée de François Hollande de participer au sommet de la Francophonie à Kinshasa, la réaction d’un parlementaire fançais ne s’est pas faite attendre: clouer la RDC, ses dirigeants et les congolais au pilori. Cette réaction a été distribuée aux congolais à travers les groupes de discussions sur la RDC ("Le cri des opprimés" lecridesopprimes@yahoogroupes.fr , "Congo Résistance" CongoResistance@yahoogroupes.fr ,  etc.) le 24 août 2012 par Rolain MENA.  

[27] La Révolution française est la période de l'histoire de France comprise entre l'ouverture des États généraux en 1789 et le coup d'État du 18 brumaire (9-10 novembre 1799) de Napoléon BONAPARTE.

[28] Les extraits mis en gras limitent à l’essentiel la valeur du contenu.

[29] Société Civile de la République Démocratique du Congo, Lettre ouverte au Président de la République, Joseph KABILA: «la République est agressée: on n'a pas à être «neutre» pour défendre sa souveraineté et son intégrité», Goma 03 septembre 2012.

 

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Published by Pierre-Claude OKONDJO - dans OPINION
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 20:00

Face à l’horreur du destin de la vie sociale en République Démocratique du Congo, l’Église Catholique ne cesse de prendre parole pour elle-même et pour les sans «parole». Elle met en exergue les lamentations individuelles et collectives des congolais et espère certainement, par ses Messages, Communiqués et Déclarations, obtenir l’éveil de conscience de tout le monde pour protéger et défendre le pays. Une exploitation positive de la réalité géographique, culturelle et démographique du pays se conseille cependant pour mieux gagner dans l’exercice de la communication et dans la charge prophétique en y incorporant davantage les exigences de la communication interactive.


eveques 3Depuis au moins 3 décennies, le constat de la vie sociale et politique, en République Démocratique du Congo, est très amer. Les voix s’élèvent de toute part et l’Église Catholique s’en fait le canal privilégié pour dénoncer la triste situation du peuple congolais et élever le cri des sans voix. Dans son exercice de communication et dans sa charge prophétique, elle manifeste visiblement le souci d’émettre un avis en expliquant la situation du pays, pour consulter le destinataire de l’information, le séduire et le faire agir à travers le contenu des Messages, des Déclarations et des Communiqués de presse. Un pari pourtant difficile à gagner. C’est pourquoi, l’Eglise Catholique, dans son ensemble aurait intérêt à exploiter à son avantage la réalité géographique, culturelle et démographique du pays afin de concevoir une stratégie de communication très adaptée. C’est-à-dire utiliser le Français aux mieux outillés, les langues liturgiques et vernaculaires à ses usagés.


eveques 3Pour bâtir un Congo prospère et heureux, il faut opérer des choix fermes. Ainsi, réunis chaque fois soit en Assemblée Plénière, soit en Comité Permanent, ou encore en Conférence Provinciale, les Évêques rendent publics des Communiqués de presse, des Messages et des Déclarations qui s’adressent, non seulement aux dirigeants politiques du pays, mais aussi aux dirigés, aux forces d’influence externe et même aux pêcheurs en eau trouble.


eveques 3«Tout le monde se plaint», disent-ils. Eux aussi se plaignent. «Tout le monde se plaint» de la corruption devenue «le cadre général de vie et d’action politique»[1]. «Tout le monde se plaint» de l’impunité qui entraîne la dégradation des infrastructures de base, le découragement des opérateurs économiques, le mépris des textes et des normes[2]. «Tout le monde se plaint» de l’abandon du congolais par son propre frère qui le condamne à vivre en «laissé-pour-compte»[3]. «Tout le monde se plaint» de la faiblesse de l’Etat face aux forces externes[4]. «Tout le monde se plaint» de la priorité des affaires privées par rapport au bien de l’ensemble[5].


eveques 3Eu égard à la détérioration sociale et politique du pays, à sa menace d’embrasement et d’effondrement total de l’État de Droit, le peuple congolais en son entier a besoin d’un courage prophétique et héroïque pour prévenir le danger et sauver la nation. Les écrits des Pères Évêques, telles des prophéties, servent à communiquer non seulement pour échanger des informations, mais aussi et surtout pour émettre un avis, pour expliquer une situation, pour consulter les fidèles et le peuple congolais, pour les séduire, pour exercer sur eux un pouvoir de domination, bref pour éveiller indistinctement la conscience du peuple congolais et celle de ses dirigeants. Communiquer, dans le cas d’espèce, nous l’entendons comme la transmission d’un message à une personne ou à une cible pour la sensibiliser, pour la faire passer d’une situation de départ, critique, à une situation plus élevée. Ainsi dirions-nous du contenu que renferme le Communiqué de presse «La nation est en danger», «pourquoi avoir peur?», peuple congolais mobilise-toi[6]. C’est en cela que consiste justement la dimension stratégique d’une bonne communication.

eveques 3 I. La participation de l’Eglise Catholique à la charge prophétique du Christ

Utilisée par Dieu pour communiquer sa Parole (Hébreux 1, 1), la prophétie se révèle comme le moyen de communication sociale le plus important pour l’Église Catholique du Congo-Kinshasa.


eveques 3Comme une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour vienne à paraître, l’Eglise ne cesse de parler de la part de Dieu, au nom du peuple congolais, au peuple congolais et à ses dirigeants. Elle participe, sans se dérober, à la charge prophétique du Christ, et de par sa structure reconnue dans les statuts qui la régissent, elle déclare, lance les communiqués de presse et proteste contre un certain état de choses[7]. Son but essentiel et primordial étant «d’animer et soutenir par une attention constante la croissance et l’évolution de l’Église particulière au Congo, ainsi que les populations de la R.D.C[8].


eveques 3Depuis l’enclenchement du processus démocratique au Congo-Kinshasa, l’Église Catholique continue à prophétiser afin que les congolais et leurs dirigeants soient instruits et que tous soient exhortés[9]. Quelques–uns des documents, messages ou déclarations de nos évêques n’en disent pas autrement: «La nation est en danger, peuple congolais mobilise-toi», «A vin nouveau, outres neuves (Mc 2, 22)», «Changeons nos cœurs (Jl 2, 13»), «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix (Jn 14, 27)», «Il est temps de nous réveiller» [10], «Arrêtez cette guerre», «La justice grandit une nation» (Pr 14, 34).

eveques 3De par la teneur de leurs différents documents, la charge prophétique de l’Église Catholique consiste non seulement à annoncer le Christ par le témoignage de la vie et par la Parole, mais aussi par les Communiqués de presse, les Déclarations, les Messages de protestation et de dénonciation. Les bergers catholiques, tout comme n’importe quel congolais de bonne conscience, savent que «la nation est en danger»[11] et qu’il ne faut avoir peur de rien [12] pour se mobiliser en faveur de son salut.


eveques 3Lors de la période cruciale de la Transition politique caractérisée par l’angoisse du peuple congolais, les évêques catholiques refusèrent d’observer le silence. Ils montèrent au créneau, écrivirent aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté en termes poignants:

«Nous vous adressons ce message sur la situation actuelle caractérisée par l’angoisse de notre peuple pendant cette période cruciale de la Transition politique dans notre pays. Notre conscience de pasteurs et de citoyens nous presse à défendre la dignité de la personne humaine créée à l’image de Dieu. En effet, nos compatriotes sont confrontés à l’incertitude du lendemain, à l’insécurité grandissante et à la misère intolérable»[13].


eveques 3Face «à l’incertitude du lendemain, à l’insécurité grandissante et à la misère intolérable», il faut certainement «défendre la dignité de la personne humaine» en proie à la guerre, au vol et au viol, aux injustes perquisitions, au risque de fusillade sur tout ce qui bouge, au péril d’incendies et de déportations. La population congolaise ne doit ménager aucun effort, elle doit donc s’armer de courage pour évanouir la passivité, dénoncer le clientélisme de cette injuste guerre et combattre les antivaleurs devenues «le cadre général de vie et d’action politique». Telle est la détermination des pasteurs catholiques.

eveques 3Pour eux, le Congo-Kinshasa n’est pas une propriété privée, il appartient à tout congolais. Ce n’est que vérité. Il faut donc protéger notre pays et le défendre. C’est pourquoi, les pasteurs catholiques continuent à lancer des exhortations insistantes:

«Relevez-vous! Soyez sans crainte» (Mt 17, 7). Car, en effet, l’avenir du Congo dépend de son peuple»[14].


eveques 3L’avenir du Congo-Kinshasa dépend effectivement de son peuple, peuple de grande bravoure qui a déjà démontré sa virtuosité en refusant la division du pays et en s’employant à défendre au prix de son sang l’intangibilité du territoire national. Ce peuple doit, du reste, accepter de boire le calice jusqu’à la lie.

eveques 3Certes, les dénonciations et les déclarations de l’Église Catholique du Congo-Kinshasane restent pas étrangères aux réalités de la vie sociale. Elles se fondent sur la référence aux sources personnelles et à celles de l’opinion publique. Mais hélas, si «la nation est en danger» et si l’intangibilité du territoire national est toujours menacée, au nom du patriotisme, la peur ne doit absolument se constituer en obstacle pour agir ou pour réagir. Le congolais ne peut se résigner à prendre des risques, encore moins à peaufiner une stratégie pour mobiliser tout le monde, carl’amour pour la patrie ne s’oppose nullement à la Foi. C’est un héritage à préserver jalousement. Jean-Paul II, dans son testament politique et spirituel, l’explicite:

"La Patrie est... l'héritage et, en même temps la situation patrimoniale qui découle d'un tel héritage; cela concerne aussi la terre, le territoire. Dans son sens original, la patrie signifie ce dont nous avons hérité de nos pères et de nos mères sur la terre" [15].


eveques 3S’imaginer la nation, la patrie comme fruit d’une simple convention ou d’une propriété privée, c’est aller justement à l’encontre de son sens profond. Jean-Paul II, citant la doctrine sociale catholique écrit:

"La doctrine sociale catholique considère que tant la famille que la nation sont des sociétés naturelles et ne sont donc pas le fruit d'une simple convention..., elles ne peuvent être remplacées par rien d'autre" [16].


Jean Izoulet, quant à lui, exposant cette conception de l'amour de la patrie, disait:

«L'amour de la patrie n'est pas un sentiment simple et superficiel, facile à improviser. Ce n'est pas un champignon qui pousse en une nuit. C'est une plante aux profondes et lentes racines» [17].


eveques 3Dans l’exercice de leur charge de père et de pasteur, les évêques ne cessent de se soucier de l’état spirituel et matériel, du progrès et du bonheur social et civil de leur troupeau et du peuple congolais. C’est ainsi qu’ils concourent à ce dessein par la publication des Messages, des Déclarations et des Communiqués de presse destinés tant aux fidèles qu’aux dirigeants et aux hommes de bonne volonté. Ils sont déterminés à sauver le Congo-Kinshasa, notre chère patrie.


eveques 3II. L’Eglise Catholique dans l’exercice de la communication interactive Communiquer, disions-nous plus haut, sert, non seulement, à échanger des informations, mais aussi à émettre un avis pour expliquer une situation, en consultant le destinataire de l’information, pour le séduire, le faire agir et exercer sur lui un pouvoir de domination.


Dans le domaine de la communication, grâce aux nouvelles technologies, il n’y a plus des spectateurs et des acteurs; la communication interactive permet d’établir une relation particulière avec les destinataires de l’information ou prospects en les rendant actifs.


eveques 3Ainsi l’Eglise Catholique cherche-t-elle, à travers des Communiqués, des Messages et des Déclarations, à personnaliser la communication, à instaurer un dialogue avec le peuple congolais en se concentrant sur les intérêts de celui-ci visiblement mis en péril à cause de la mauvaise gestion de la «res publica». Dans le cas contraire, il n’y a pas de communication interactive.


eveques 3Un des exemples de communication personnalisée qu’envoie l’Eglise au peuple congolais peut bien se comprendre dans «La nation est en danger, peuple congolais mobilise-toi», ou encore dans «Il est temps de nous réveiller», etc.


eveques 3En effet, personnaliser la communication, c’est promouvoir une communication interactive. L'Eglise Catholique, de par la teneur de ses Communiqués, Messages et Déclarations, s'adresse au peuple congolais de façon pertinente et attend que ce dernier soit plus enclin à communiquer avec elle, à réagir à ses sollicitations, à prendre part à la communication et à l’objet de celle-ci, bref à interagir. C’est en cela que consiste justement la stratégie de la communication interactive: le refus de subir la communication, la participation du peuple congolais à l'amélioration de sa propre situation. Les flux de communication seront d'autant plus interactifs, c'est-à-dire équilibrés, que le peuple juge élevées les capacités de l'Eglise à satisfaire ses attentes.


eveques 3Seulement voilà, s’il est facile pour l’Eglise Catholique d’écrire et d’envoyer des Messages, Communiqués ou Déclarations en langue française, il n’en est pas autant du destinataire. En République Démocratique du Congo, la langue française est en régression, elle n’est pas assimilée par l’ensemble du peuple.


eveques 3Outre la réalité de la langue française, celle de la superficie et de la démographie constitue le défi le plus sérieux à prendre en considération dans la stratégie de communication de l’Eglise Catholique avec le peuple congolais. Kinshasa héberge diverses ethnies du pays, mais Kinshasa ne représente qu’une infime minorité de la population nationale.


eveques 31. L’Eglise Catholique face à la superficie et à la démographie du Congo-Kinshasa En effet, s'il s'agit d’écrire pour informer davantage et attirer l’attention d’un public large, l’Église Catholique doit tenir compte de ce qu’est vraiment le Congo-Kinshasa, c’est-à-dire sa superficie et sa démographie d’autant plus qu’étant l’institution sociale la plus disséminée à travers les coins et recoins de la république par ses communautés ecclésiales vivantes et autres structures apparentées, l’Église Catholique serait bien placée pour comprendre la pertinence et l’enjeu de ses communications.


De par sa superficie, la République Démocratique du Congo est reconnue comme un pays aux dimensions continentales avec ses 2.345.409 km². Quant à sa démographie, le Congo-Kinshasa est le pays le plus peuplé d'Afrique centrale avec une population estimée à plus de 68 millions d'habitants[18]. Bien plus, le peuple congolais est composé de plusieurs centaines d’ethnies – certains donnent le nombre de 200, 250, plus de 365, 400 ou 450– formant différents groupes.


Si l’on a retenu seulement quatre langues nationales au Congo-Kinshasa (le kikongo, le lingala, le kiswahili et le tshiluba), l’existence de plus de 200 langueslocales y est une réalité. De ces langues, nous voulons citer celles parlées chez les Ambala, les Ambuun, les Angba, les Atetela, les Babindi, les Bango, les Bazombe, les Bemba, les Bembe, les Bira, les Hema, les Hunde, les Hutu, les Iboko, les Kanioka, les Kaonde, les Kuba, les Kumu, les Kwango, les Lengola, les Lokele, les Lundas, les Lupu, les Lwalwa les Mbala, les Mbole, les Mbuza (Budja), les Nande, les Ngombe, les Nkumu, les Nyanga, les Pende, les Popoi, les Poto, les Sango, les Shi, les Songo, les Songye, les Sukus, les Tabwa, les Tchokwé, les Téké, les Tembo, les Topoke, les Ungana, les Wakuti, les Yaka, les Yakoma, les Yanzi, les Yeke, les Yela, etc.[19]. Néanmoins, de nombreuses langues ont tendance à disparaître au profit de celles de grosses ethnies, d’où l’option de quatre langues précitées


En République Démocratique du Congo, à en croire les données des chercheurs, «le taux de scolarisation est de 52 % et le taux général d’analphabétisme très élevé – 33,2 %».
Les chances de réussite de communication des Évêques à un peuple largement analphabète reposeraient sans doute sur la prise en compte, non seulement de la superficie du pays, de sa démographie, mais surtout du niveau intellectuel dont disposent les destinataires des messages épiscopaux. Car une bonne communication sociale ne peut jamais négliger l’étude du milieu et la connaissance du public qui puisse permettre de concevoir et d’adapter le message à transmettre.


eveques 3 2. L’Eglise et les médias d’Eglise

Pour que l’Eglise Catholique du Congo-Kinshasa devienne, socialement et politiquement, plus communicative comme organe ayant un impact sur la société, elle doit gérer et disposer de ses moyens de communication sociale. Nous sommes d’avis qu’elle aura plus de chance à travers ses propres médias de parler d’elle-même et mieux présenter l’image dont elle veut se faire de la société dans laquelle elle est appelée á travailler. Elle doit donc s’assumer et chercher à s’approvisionner en médias autonomes, accélérer l’initiative de la formation du personnel, la promotion et l’obtention des médias audiovisuels à travers les diocèses et les différentes provinces ecclésiastiques sinon elle restera toujours objet de communication sociale dans les médias des tiers. Cela étant, je propose:

a.  que chaque diocèse et/ou province ecclésiastique ait sa radio et sa presse écrite et même des médias audio-visuels, afin de permettre la large diffusion des Messages et Déclarations. Sinon, au regard de la pauvreté et de la crise qui secoue le monde entier, se servir de l’exemple des pays occidentaux pour envisager une collaboration entre les diocèses, en tenant compte de l’éthnodiversité, afin d’entreprendre une action efficace en la matière.

b.  que le personnel ecclésiastique et laïc soit formé à l’évangélisation par les médias et à l’usage des moyens de communication sociale.

c.   que soient sensibilisés les agents pastoraux pour une large diffusion, dans leurs communautés respectives, des messages et déclarations des évêques lors des assemblées dominicales et autresoccasions de rencontre communautaire. En d’autres termes, nous suggérons la nécessité d’animer de plus en plus et de mieux en mieux les structuresexistantes des églises locales (les CEV- Communautés Ecclésiales Vivantes) et d'en créer autant que faire se peut là où elles feraient défaut.


eveques 3 3. Le français et les langues nationales
Si on considère son statut privilégié face aux langues nationales, le français, langue officielle du pays, n’est pas en danger en République Démocratique du Congo. Elle demeure le véhicule de l’enseignement à tous les niveaux, la langue d’usage dans la diplomatie, l’administration, les médias audiovisuels et dans la presse écrite.


eveques 3Toutefois, le français se pratique de moins en moins ou de mal en pis dans les communautés ecclésiales vivantes, dans les rencontrespubliques ordinaires, dans les églises, dans les catéchèseset les prédications. Son enseignement et son appren­tissage se dégradent de plus en plus et sa pratique est en forte régression par rapport aux langues nationales. La corruption devenue le cadre général de vie et d’action n’épargne en rien le niveau de l’éducation scolaire.


eveques 3La plupart de compatriotes recourent aux lan­gues locales. Kinshasaconstitue un mélange des ethnies et des cultures. Ses habitants sont unis dans la diversité où les grou­pes sociaux communiquentplus en langues nationales qu’en langue officielle. Les étu­diants en groupes d’études s’expli­quentmieux en langueslocales qu’en français. A tra­vers les médias audiovisuels, il y a plus des émissions en langues congolaises qu’en langue de Voltaire. Les émissions musicales qui attirent la jeunesse, pour ne pas les citer, la plupart d’entre elles sont réalisées en lingalaau détriment d’autres émissions en français.


Le français -comme on peut le voir- a cessé d’être un élément facile de cohésion nationa­le et le signe distinctif des étu­diants comme autrefois.


eveques 3Dans la stratégie de communication de l’Eglise Catholique du Congo-Kinshasa [20], point d’enseigne que la langue exploitée par elle se mesure à un obstacle majeur sur le terrain: la communication en langues nationales privilégiée au détriment de la langue française, choisie par contre comme véhicule d’expression et de transmission des Messages épiscopaux aux fidèles et au peuple congolais. Ce seul choix ne peut suffire pour atteindre, à mon avis, une grande audience.  Les chances de séduire et de sensibiliser un grand public s’amenuisent plutôt et par conséquent le choix du français posera des sérieux problèmes de communication dans quelques années dans notre pays.


eveques 3Concrètement, le souhait qui me hante dans cette réflexion serait que l’Église Catholique du Congo-Kinshasamette en valeur les quatre langues nationales du pays pour donner aux lecteurs congolais, destinataires immédiats de leurs messages, beaucoup de chance d’en décrypter le contenu. C’est de cette manière que l’on peut comprendre le succès des communications de beaucoup d’Églises Catholiques locales à travers le monde et même celui des églises indépendantes (avec des traductions instantanées en plusieurs langues).


eveques 3Dans la Cité du Vatican, les communications pastorales pontificales, si universelles soient-elles, n’excluent jamais le public le plus proche, le peuple italien; bien au contraire, elles lui réservent entièrement sa part autant que celle réservée aux publics lointains en livrant les mêmes Messages en français, en anglais, en espagnol, en polonais, en allemand et j’en passe. A vrai dire, il est mal venu de réserver la part du lion à un public externe en défaveur du public interne dans les communications destinées en priorité au public national. Force est cependant de constater que dans les Messages épiscopaux on pense rarement et/ou difficilement à les faire traduire en langues nationales. On a plutôt l’impression que même pour laver les linges sales, on préfère sortir du cadre familial.


eveques 3En France, jamais la Conférence des Évêques ne publie des messages en Anglais, car ils savent que le destinataire direct de ceux-ci est un peuple d’expression française. En Espagne, on communique en espagnol pour parler au peuple tout entier; en Pologne, les Evêques utilisent le polonais pour ouvrir les contenus des Messages à leurs ouailles; en Angleterre, c’est l’anglais et ainsi le contenu des Messages atteint son public.


eveques 3Ecrire en Français pour s’adresser à un public susceptible de ne se comprendre que moyennant l’usage des quatre langues nationales, serait se désintéresser des ouailles et du peuple, le public interne, pour ne viser que le public externe. Chacune des Eglises locales, pour parer à ce déficit de communication et avec la naissance des Commissions Diocésaines de Communication Sociale, devra logiquement, prendre en charge la traduction des messages en langues locales respectives pour tenir tous les fidèles au courant du contenu des assises épiscopales où qu’elles se tiennent.


eveques 3En somme, pour promouvoir une communication interactive, l’Eglise Catholique du Congo-Kinshasadevra connaître le pays et son peuple et penser à l’instauration des commissions linguistes à tous les niveaux afin de traduire les Messages, les Déclarations et les Communiqués de presse de la langue officielle aux languesnationales et en différentes langues liturgiques pour répondre aux besoins des fidèles catholiques et de tous les congolais dans les différentes provinces ecclésiastiques. De cette manière, les fidèles congolais se sentiront plus impliqués dans toutes les communications de leurs pasteurs. C'est un plus grand facteur de fidélisation si on parvient à transmettre une communication à un public qui reçoit des prédications en Songye, en Lingala, en Tshiluba, en Kikongo, en Kiswahili, en Otetela, en Kanyok et en d’autres langues locales. Le Bon Pasteur connaît ses brebis.



Abbé Claude OKONDJO

___________________________________

Notes de référence:


[1] Conférence Episcopale Nationale du Congo, Il est temps de nous réveiller (Rm 13, 11b).Appel à la vigilance pour sauvegarder la souveraineté nationale et bâtir notre destinée, Ed. du Secrétariat Général de la CENCo, Kinshasa 2008, n. 5.


[2] Idem, La justice grandit une nation (Pr 14, 34).Message aux fidèles catholiques, aux hommes et femmes de bonne volonté à l’occasion du 49ème anniversaire de l’indépendance de la RDCongo, Secrétariat Général de la CENCO, Kinshasa 2009, n. 7.


[3] Ibidem, nn. 8-9.


[4] Ibidem, n. 11.


[5] Ibidem, n. 14.


[6] Laurent Monsengwo, La nation est en danger. Peuple congolais, mobilise-toi.Communiqué de presse, Kinshasa 2004.


[7] Dans la structure de l’Eglise Catholique du Congo-Kinshasa, ainsi qu’il ressort de ses Statuts, on reconnaît l’Assemblée Plénière, le Comité Permanent, la Présidence, le Secrétariat Général, les Commissions Épiscopales et les Conférences Épiscopales Provinciales.


[8] Telle est la fonction que s’est assignée l’assemblée des Évêques de la République Démocratique du Congo conformément aux prescriptions du décret Christus Dominusdu Concile Vatican II et selon les précisions apportées par ses Statuts.


[9] Inspiré de Rm 13, 11b


[10] Message de la Conférence Episcopale Nationale du Congo aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté à l'occasion du 48ème anniversaire de l'indépendance, Ed. du Secrétariat Général de la CENCO, Kinshasa 2008.


[11] Laurent Monsengwo, op. cit., une œuvre également disponible sur le site de la Conférence Episcopale Nationale du Congo à l’adresse: http://www.cenco.cd/presidencenco/nationDanger.htm


[12] Cf. Conférence Episcopale Nationale du Congo, Pourquoi avoir peur? (Mc 4, 40), L’avenir du Congo dépend de son peuple,Message des Evêques aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté à l’occasion du 45e anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, Ed du Secrétariat Général de la CENCO, Kinshasa 2005, consultable dans http://www.cenco.cd/presidencenco/messageJuin2005.htm


[13] Idem, préambule.


[14] Idem, n. 24.


[15] Jean-Paul II, Mémoire et identité, Le testament politique et spirituel du pape, Flammarion, Mayenne 2005, p. 76-79.


[16] Jean-Paul II, op. cit., p. 87.


[17] Jean Izoulet, in Mgr Henri Delassus, L'esprit familial, dans la famille, dans la cité et dans l'Etat, Société Saint-Augustin, Desclée De Brouwer, Lille 1910, réédité aux ESR, p. 25-26.


[18] Sources: données fournies par FAO, 2005 et par Wikipédia, l’encyclopédie libre, sur http://fr.wikipedia.org/wiki/République_démocratique_du_CongoPolitique, consulté par nous le 20 juillet 2009.


[19] Ibidem.


[20] À en juger par l’expérience et par le vécu, je crois savoir qu’il se pratique un complexe mal géré dans l’usage des langues nationales en République Démocratique du Congo. D’aucuns pensent que le Français est une langue du «savoir vivre en société» utilisable entre inférieur et supérieur, absolument en public, et que les languesnationales ne seraient réservées qu’en famille et dans les cercles restreints. Que de fois n’a-t-on pas traité de mal éduqué un inférieur qui parlerait à son supérieur en langue nationale, en langue maternelle! Sous d’autres cieux, par contre, on est toujours fier d’utiliser sa langue maternelle en public ou en privé. Le complexe, quand tu nous tiens! 

 
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 01:11

La situation toujours préoccupante de la République Démocratique du Congo ne peut laisser la conscience des fils et filles de ce pays indifférente. Si d’aucuns ont choisi d’utiliser la voie de la diplomatie, d’autres se sont penchés sur la voie d’analyse et de réflexion pour un éveil de la conscience individuelle et collective; d’autres, sur la voie de la prière, du jeûne et du recueillement pour qu’avec Dieu vienne la victoire du peuple; d’autres, par contre, estiment qu’il faut se faire entendre par le langage des armes; et enfin d’autres, par ailleurs, attendent la voie des urnes. 
La volonté internationale d’aider la République Démocratique du Congo à se tirer des ennuis sociaux, politiques et économiques qui tourmentent toute sa population depuis belle lurette se révèle à maints égards bien maigre, moins sincère et de faible consistance. Il suffit de s’informer sur l’issue d’un périple qui a conduit dans un passé récent les chefs de certaines confessions religieuses du Congo-Kinshasa auprès des Gouvernements et des États, tant africains, européens qu’américains pour s’en convaincre. Ce petit tour du monde effectué par une bonne délégation de chefs des Églises de l’ancien Congo-Belge, loin de s’inscrire dans l’agenda d’une simple villégiature, a été un véritable exercice diplomatique d’interpellation et de sensibilisation. Un exercice de dure épreuve qui n’aura accouché vraisemblablement que d’une réponse à un "sale nègre" et à une "présence indésirable" et qui appelle les congolais à ne compter avant tout que sur leurs propres efforts. La communauté internationale a son agenda. L’intervention de Mgr Nicolas DJOMO au Synode tenu dans la Cité du Vatican sur l’Afrique, en sa qualité du Président de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo démocratique, le démontre à sa manière:


Nous déplorons le fait que la Communauté internationale ne fasse pas assez pour mettre fin à ces guerres et violences, en s’intéressant suffisamment à leurs véritables causes: le pillage des ressources naturelles. Elle s’est limitée à soigner les conséquences des guerres au lieu de s’attaquer avec détermination et de manière persuasive à leurs causes. Sur la même lancée, nous déplorons le fait que les souffrances et les vies humaines fauchées en RD Congo par ces guerres n’ont pas suscité la même indignation et la même condamnation lorsque cela arrive sous d’autres cieux. Sinon, comment expliquer la résurgence et la virulence des violences que l’on continue de condamner des bouts de lèvres sans envisager des actions efficaces de manière à mettre fin une fois pour toutes aux causes de ces violences. Ne partageons-nous pas la même humanité? [1]


Décidément les congolais ne savent plus à quel saint se vouer. Ils se rendent de plus en plus compte qu’ils passent de Caïphe à Pilate, sans atteindre l’objectif de l’unité nationale, de la paix et de la sécurité.


Au peu d’intérêts de la Communauté internationale qui peine à s’engager avec détermination pour résoudre l’imbroglio congolais s’ajoute la complicité active de nos gouvernants assoiffés du pouvoir et plus enclins à l’enrichissement personnel qu’à la recherche du bien commun et du développement du Congo de Patrice Emery Lumumba. On peut se référer à ce sujet au "Rapport final du Groupe d’experts sur la République démocratique du Congo (S/2009/603)" [2] pour se rendre à l’évidence de la nécessité de la prise en charge du Congo Démocratique par ses propres fils et filles. De quoi dépendent impérativement le futur du pays et le mieux-être de sa population.


Des accords au service de l’agresseur du Congo-Kinshasa ne font que s’observer au fil des jours et au gré du temps. La dernière preuve en date est celle qui devrait défier les élus du peuple complices de trahison: l’entrée du CNDP au gouvernement national après l'AFDL et le RCD.


Nul n’ignore, au Congo-Kinshasa et chez Paul Kagame, l’identité et le rôle joué par Laurent NKUNDA dans ce groupe armé [3]. Qu’est-ce qui a changé maintenant pour que l’ennemi d’hier, acteur de l’holocauste du Congo déploré par les Congolais, devienne l’ami d’aujourd’hui? Pour servir aux dépens de qui?


L’appui que les élus du peuple accordent à ceux qui attentent à la vie de ce même peuple, la conclusion des alliances stratégiques entre le Gouvernement et ses ennemis, ne sont-elles pas des pièces à conviction pour soutenir la thèse d’une intrigue préparée au sommet de ceux qui ont le devoir d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens en RD Congo? Jusques à quand doit-on encore se poser la question de l’origine de la trahison du peuple congolais? Qu’avons-nous de plus à chercher à croire que le peuple congolais ne soit désabusé par ses propres responsables? L’aigle n’engendre point la colombe, dit-on. De là à comprendre justement l’inspiration de l’appel lancé en son temps par les Évêques du Congo-Kinshasa, sous le titre «Il est temps de nous réveiller» (Rm13, 11b)[4]. Dans leur clairvoyance les pasteurs catholiques éditaient déjà et publiaient un Communiqué de presse et un Message bien limpide: «La nation est en danger», «pourquoi avoir peur?»[5].


Treize ans[6] de guerre meurtrière et du silence de décideurs du monde, treize ans de perte en vies humaines, treize ans d’un regard distrait des Églises sœurs aux efforts qu’entreprennent l’Église Catholique du Congo démocratique et les hommes de bonne volonté, treize ans de guerre et d’indifférence de la Communauté Internationale ne peuvent que démontrer l’abandon «programmé» du Congo-Kinshasa par ceux auprès de qui il pouvait bénéficier d’une assistance d’amitié, de fraternité ou d’humanité.


Seul contre tous, avons-nous dit. Et de nous interroger: Le Congo démocratique, vivra-t-il ou ne vivra-t-il pas? Croirait-on ici à un constat de désespoir ou d’illusion? Loin de là. C’est plutôt l’expression d’un coeur brisé et débordé. Le cœur d’un congolais qui se cherche puisqu’il se sent trahi et abandonné.

J’interroge toujours les signes de temps. Et voilà que le fameux rapport des experts continue à révéler:


(…) les officiers du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), en particulier le général Bosco Ntaganda, détiennent toujours des armes lourdes acquises pendant leur période de rébellion, alors même qu'ils sont officiellement intégrés dans les FARDC et contrôlent toujours des activités génératrices de revenus et des administrations locales parallèles. Le Groupe présente aussi des preuves documentaires indiquant que le général Ntaganda continue d'agir en tant que commandant en second de l'opération Kimia II.


Il serait faux de croire que le peuple congolais est ignare, naïf, dupe pour se complaire à sauver les apparences en lui parlant du maintien de la paix, de la sécurité ou de l’autorité rétablie, des progrès de reconstruction ou des raisons d’espérer, alors qu’on rappelle aux esprits avisés le personnage type de la comédie de l’art: Polichinelle.


Joseph KABILA, prenant la parole, devant les élus du peuple, à l’occasion d’un rendez-vous de fin d’année, n’a pas minimisé les insuffisances de sa gestion et son déplaisir d’être à la tête d’un troisième plus vaste pays de l’Afrique[7], géré par lui depuis trois ans:


L’heure, disait-il, n’est pas à l’autosatisfaction.. (…) les conditions de vie des populations congolaises, … partout ailleurs, demeurent largement en deçà de leurs légitimes attentes [8].


En fait, au regard des machinations montées par les autorités du pays et rendues publiques par le groupe d’experts sur le Congo, au regard des appuis des officiers supérieurs dont il est fait mention dans le rapport présenté au Conseil de Sécurité des Nations Unies, serait-on encore tenté de contredire les allégations de trahison et de balkanisation qui respirent au sommet de la gestion de l’État? À quoi viendrait servir l’intégration d’un groupe armé non étatique [9] au sein d’une armée supposée l’être, si on veut maintenir la paix et assurer la sécurité dans toute l’étendue du pays?


Nous n’avons aucune prétention d’énumérer ou de répéter de façon ennuyeuse et monotone des plaintes, des reproches ou des demandes des congolais soucieux de leur Congo. Il ne nous appartient pas non plus de défiler ici toutes litanies des saints. Les bons et vrais amis d’un Congo jaloux de sa souveraineté, Congo fort, libre et indépendant ne se défigurent pas; ils ne vont pas manger à tous les râteliers, ils ne se servent pas des causes opposées au bien de la nation pour faire du profit. Ils veulent le bien de la nation, la libération totale du pays.


Ensemble, avec ces amis bons et vrais du Congo, avec la résistance qui doit une fière chandelle à tous ceux des patriotes qui luttent et payent de leur vie pour dire non aux envahisseurs et aux traîtres, nous vaincrons. Mais alors quand? À Pâques ou à la Trinité?


Oui, la sécurité et la paix au Congo-Kinshasa ne sont pas enterrées, elles reviendront, car les jours qui se bousculent ne se ressemblent pas. Les paroles de la chanson de Malbrough qui dateraient de 1709 et que je reprends pour une raison bien évidente rendent les congolais fiers de la réputation acquise à travers le monde d'être «invincibles» grâce à leur détermination de sauver et défendre la patrie.


La détermination de la libération du Congo-Kinshasa oblige tous les congolais à se démener sans cesse en faveur de leur pays comme un diable dans l'eau bénite puisque la République Démocratique ne devra son salut, sa libération, sa sécurité et sa paix qu’à la sueur de chacun des fronts de ses fils et filles. C’est pourquoi, à travers une mobilisation massive de tous les congolais, où que nous soyons, le pays, aujourd’hui sinistré, vendu et négligé, nous devons témoigner de notre détermination de nous prendre en charge et de nous libérer par nous-mêmes en lançant le dé pour retrouver les balises d’une démocratie véritable dans la paix et l’unité pluriethnique.


Force est de conclure que dans notre pays, il ne fait plus aucune illusion sur la paix et la sécurité hypothéquées par nos dirigeants actuels. Mais loin de nous montrer pessimistes quant à l’avenir du peuple congolais et à la libération de son pays, nous devons nous rendre compte que l’éveil de conscience individuelle et populaire qui se déploie ça et là, au Congo-Kinshasa et dans la diaspora est entrain de semer du bon grain. Néanmoins faut-il que ce grain soit protégé et trouve du bon fumier.


Les objectifs que l’on peut donc prêter à l’éveil de conscience populaire dans la situation de crise que le Congo démocratique connaît depuis plus de deux décennies consistent à permettre à chaque congolais d’être auteur et acteur de sa vie et du pays, aboutir à une prise de conscience de ce qui se passe en nous, autour de nous et en dehors de nous et nous inviter à prendre parti. Cet éveil donne ainsi les moyens à tous les congolais d’être acteurs de transformations sociales et politiques. En cela, il insuffle de l’espoir, en montrant que le Congo actuel peut changer et vivre mieux. «Car, sans la paix et la sécurité, aucune politique de développement, moins encore de promotion humaine, n’est possible» [10] .

Faut-il encore se demander si la paix et la sécurité en République Démocratique du Congo ne sont pas devenues une «monnaie d’échange» pour pérenniser la présence au pouvoir, pour reconduire sans cesse le mandat du maintien de la paix (paix jamais restaurée), pour attenter à la vie et à la dignité de la femme congolaise, pour ne jamais arrêter de grignoter les ressources du sol et du sous-sol au détriment du mieux-être des congolais, du développement et du progrès social du pays? En tout cas, les avoirs du Congo-Kinshasa ne coûtent rien aux «transnationaux» associés aux contrats léonins. Ils se disputent les ressources du Congo-Kinshasa comme un cadeau, car ces sociétés transnationales se rémunèrent avec ce qui aurait pu revenir de plein droit au peuple congolais [11].



Abbé Claude OKONDJO

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Notes de référence:

[1]
Nicolas DJOMO (Mgr), Président de la Conférence Episcopale du Congo-Kinshasa (CENCO, en sigle), Nous déplorons le fait que les souffrances et les vies humaines fauchées en RDCongo n’ont pas suscité la même indignation et la même condamnation lorsque cela arrive sous d’autres cieux, Message au deuxième Synode sur l'Afrique, Rome 2009, publié intégralement
sur le blog de l’Abbé Claude OKONDJO à l’adresse suivante: http://anjaashiwatshumbe.over-blog.org/         


[2]
Source: http://www.un.org/Docs/sc/ (United Nations Security Council, Site du Conseil de Sécurité des Nations Unies). Lettre datée du 23 novembre 2009, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1533 (2004) concernant la République démocratique du Congo. Ce rapport complet de 294 pages, traduit de l’anglais, est disponible à l’adresse http://www2.reliefweb.int/rw/RWFiles2009.nsf/FilesByRWDocUnidFilename/AZHU-7YM4C8-rapport_complet.pdf/$File/rapport_complet.pdf 


[3]
Que sait-on de Laurent Nkunda? Un personnage suffisamment connu dans les pays des grands lacs et dans l’opinion internationale accréditée. Durant le génocide rwandais en 1994, Nkunda, alors étudiant, se trouve sur le sol du Rwanda où, en plus de ses études en Psychologie, il reçoit une autre formation à la vie de rebelle par le FPR, ex-rébellion rwandaise dirigée alors par monsieur Paul Kagame, aujourd’hui président du Rwanda, et James Kabarebe, chef de l'armée rwandaise. Présent en République Démocratique du Congo, il a évolué au sein du RCD dont il a été membre. Il s'est illustré lors des massacres de Kisangani en août 2002 et a été largement soutenu par le Rwanda au cours des dernières années.

 

[4] Conférence Episcopale Nationale du Congo, Il est temps de nous réveiller (Rm 13, 11b). Appel à la vigilance pour sauvegarder la souveraineté nationale et bâtir notre destinée, Ed. du Secrétariat Général de la CENCO, Kinshasa 2008.  Ce Message constitue un signal fort et clairvoyant pour stimuler la vigilance du peuple congolais afin de l’inviter à prendre en mains la sauvegarde de la souveraineté nationale. Ensemble nous pouvons bâtir la destinée du congolais.


[5]
Idem, aux adresses électroniques http://www.cenco.cd/presidencenco/nationDanger.htm et http://www.cenco.cd/presidencenco/messageJuin2005.htm 


[6]
La République Démocratique du Congo est le théâtre d’une guerre délibérément négligée et qui aura coûté, depuis 1996 jusqu’à ce jour, la désolation et la vie à des millions des personnes humaines. Une guerre qui voit surtout le Rwanda et l'Ouganda soutenir différents groupes armés en action au Congo.


[7]
En effet, derrière le Soudan et l’Algérie, la République Démocratique du Congo occupe la troisième place en superficie.


[8]
Joseph KABILA,  Discours sur l’État de la Nation, Kinshasa, 02 décembre 2009 (ACP), § 4.


[9]
Cfr Rapport final du Groupe d’experts sur la République démocratique du Congo…, rapport complet, p. 3:  “Le rapport contient une analyse sur l'intégration des groupes armés non étatiques dans les FARDC dans le cadre du processus d'intégration accélérée entamé en janvier 2009 ainsi qu'avant et pendant les opérations militaires conjointes des FARDC et des Forces de défense rwandaises (FDR), Umoja Wetu et Kimia II”. Il s’agit bien entendu du groupe armé non étatique, CNDP, qui sème la désolation à  l’Est du Congo-Kinshasa et qu’au travers des accords peu transparents pourra prochainement être copté dans le gouvernement de Monsieur Kabila Joseph.


[10]
Le potentiel, un des quotidiens du Congo-Kinshasa, 2010: année de grands enjeux et défis, Kinshasa, 31 décembre 2009.


[11]
On sait trop bien sur la présence de grands groupes miniers: Anglo American, Phelps Dodge, BHP, Rio Tinto, Billiton, etc.. On n’ignore pas non plus ce que vaut la présence de l’actionnaire belge, George Forrest, dans le Mining Limited (KML) du Katanga. Que dire de révélations contenues dans le rapport courageux de Christophe Lutundula, resté pendant huit mois en souffrance sur le bureau du président de l'Assemblée nationale, Olivier Kamitatu!

 

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 22:57

Dans l’histoire du christianisme, le continent africain a toujours été aligné comme une zone d’arrière-garde où la pratique de l’animisme rivaliserait avec la foi chrétienne catholique. Jamais on ne pouvait s’imaginer que la religion catholique y connaîtrait l’essor qui hisse aujourd’hui le continent en porte-étendard.


En cent ans, selon un rapport fondé sur des documents analysés par la Conférence épiscopale allemande, le nombre des catholiques en Afrique accuserait une augmentation la moins attendue dans le monde. C’est-à-dire, entre 1900 et 2000, on y passe de 1,9 à 130 millions des chrétiens catholiques. Les deux grands pays du continent, à savoir le Nigeria et la République démocratique du Congo, en vedette, minimisent statistiquement le nombre qu’on croirait être l’apanage des pays traditionnels catholiques comme l’Italie, la France, l’Espagne ou la Pologne [1].

Si aujourd’hui, les conflits armés qui ne cessent d’y élire domicile, saccagent son patrimoine, déciment sa population et paupérisent celle-ci, profanent les maisons de Dieu, y a-t-il vraiment raison de se plaindre de l’afflux des immigrés africains qui quittent leurs terres en quête d’une vie de sécurité sociale et économique ?


Par ailleurs, au moment où l’Europe et l’Amérique perdent de leurs valeurs légendaires, l’Afrique récupère et gagne le prix de noblesse avec son courage du bon sens et sa détermination à abattre les anti-valeurs sociales et religieuses.

Il y a belle lurette, on le sait, la misère et la pauvreté constituaient le péché suprême de l’Afrique. La pratique matrimoniale de la polygamie et le taux de fécondité passaient pour un handicap éthique et pour une menace démographique devant une monogamie toujours éprouvée pour l’Amérique autant que pour l’Europe. Il y a belle lurette, enfin, l’Afrique fut considérée comme le berceau de l’analphabétisme où la clairvoyance des uns se moquait de la pauvreté intellectuelle des autres.

Aujourd’hui, l’heure est à l’ironie du sort, le temps est aux démonstrations du revers de la médaille. Les regards de vrais témoins de l’Histoire se tournent vers l’Afrique. Les discours des honnêtes gens encensent le continent du sous-développement et ne veulent dissimuler en aucun cas la possibilité de voir l’Afrique voler au salut de l’humanité entière dans un futur proche.

Si aujourd’hui la France prétend ne plus avoir besoin de l’Afrique, elle ne pourra cependant pas oublier que sa position de « championne européenne des naissances, selon les mots de Michel Godet, elle la doit surtout à ses immigrés » [2].

Combien serons-nous sur la terre en 2050 ? Oui, en démographie, rien n’est jamais sûr. Mais prenant en considération les dernières tendances contenues dans un rapport rendu public par l’ONU, le 13 mars 2007, il est estimé que l’Europe subira une hémorragie, passant de 731 millions d’habitants à moins de 670 millions d’ici 2050 contre 965 millions d’habitants recensés en 2007 à près de 2 milliards pour la seule Afrique. Voilà pourquoi avec Dominique Mataillet, il y a lieu de soutenir que seule une immigration importante permettra à l’Europe d’éviter un désastre humain d’ici 2050 [3]. Une des raisons pour mieux comprendre l’infiltration des immigrés qui n’a de clandestine que d’apparence. Une immigration dont le boom de l’infiltration s’accompagne d’une stratégie visiblement plus peaufinée et réjouissante qu’innocente et inquiétante. Les experts de l’ONU sont plus formels et clairs là-dessus : « l’Allemagne, la Russie, l’Italie, l’Espagne, pays où l’Indice synthétique de fécondité (ISF) est passé en dessous du seuil de renouvellement des générations, seront particulièrement touchées » [4]. Voilà qui dit tout !

D’où viendra le supplément des habitants de l’Europe et de l’Amérique ? Des régions les moins développées de la planète, répondent les experts de l’ONU. Mais c’est précisément l’Afrique, confirme le rapport, qui fournira le gros du contingent. Mais hélas, face aux ravages de l’inflation des guerres, les confessions religieuses qui s’adonnent à maintenir la foi de leurs fidèles ne peuvent pas ne pas compter sur la générosité des églises sœurs des pays d’outre-mer pour reconstruire leurs temples, renouveler leurs matériels des cultes et s’approvisionner en matières eucharistiques. De quoi le devoir de l’Afrique de se sentir fière, mais surtout de quoi continuer à prier pour que les "fidèles" ne désertent la foi en Dieu comme il se vit dans d’autres continents de la planète.

Avec ce motif d’honneur et d’orgueil, les opérateurs pastoraux doivent certainement doubler d’effort pour s’employer avec dévouement à prêcher à temps et à contretemps. Ils doivent rassurer et permettre de devoir se préparer à conjecturer que la foi chrétienne (celle des catholiques notamment) va cesser d’être liée au continent européen. D’ici à vingt-cinq ans, selon la prédiction des évêques allemands, l’Europe n’en sera plus le centre.

Les temps changent et l’Afrique marque décidément des points. À la lecture de l’histoire de l’humanité et des signes de temps, l’Afrique peuplera le monde, son peuple sauvera la famille fondée sur le mariage ; il restituera à la personne humaine sa dignité de créature à l’image de Dieu. L’Afrique inondera sans doute l’Europe non seulement de ses ressources de terre, mais aussi de ses ressources humaines. La grande force de l’Afrique, c’est bien sa foi, sa culture et sa population. Sa grande faiblesse pourtant, ce sont ces Etats qui trahissent le peuple, s’aliènent et hypothèquent tout au service des décideurs du monde.


* Article déjà publié chez AgoraVox, le média citoyen, http://www.agoravox.fr/, le 05 octobre 2007, sous le titre: Afrique : le catholicisme en essor, et disponible pour la lecture sur http://lrd.yahooapis.com/_ylc=X3oDMTVnamwzMTBhBF9TAzIwMjMxNTI... avec les divers commentaires des lecteurs. La présente publication est illustrée. 

[1]
Cf. Ces données ont été rendues publiques par les évêques allemands dans la documentation du récent congrès « Mission mondiale. Congrès international de l’Eglise catholique », disponibles dans la livraison du 19 juin 2007 du site internet http://www.zenit..org pour lire en intégralité l’article.

[2] Michel Godet, Taux de fécondité. Le revers de la médaille, in « Challenges » n° 64, du 25 au 31 janvier 2007, p. 29.

[3] Dominique Mataillet, Population, croissez et multipliez, in « Jeune Afrique » n° 2410, du 18 au 24 mars 2007, pp. 12-13.

[4] Idem, p. 12.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 22:50

Face aux dangers qui guettent à nouveau la République démocratique du Congo, les évêques invitent à rester éveillé pour sauver la maison d’un incendie international qui menace d’embrasement tout son patrimoine national. La situation d’insécurité qui se vit actuellement à l’est du pays justifie l’appel à la mobilisation lancé aux hommes de bonne volonté et pris en compte par les dernières assises du Conseil de sécurité[2]. L’épiscopat du Sud-Kivu prend position et tranche : « Apparemment, tout est réuni pour qu’une nouvelle guerre éclate : infiltrations massives et systématiques depuis le Rwanda, retour de la haine ethnique dans les médias, carnages cruels à l’arme blanche... L’armée est incapable de nous défendre, des cadres de l’armée sont de vrais criminels connus pour leurs crimes, mais le gouvernement ne fait rien »[3].


À l’occasion du 47e anniversaire de l’indépendance du pays, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) vient d’adresser, à l’issue de sa 43e Assemblée plénière tenue à Kinshasa, du 3 au 7 juillet 2007, sous le titre « A vin nouveau, outres neuves ! »[4], un message pathétique[5], pourtant, au-delà des mots laconiques, plein d’espoir si la détermination de tous répond au rendez-vous. Un rendez-vous qui, de par sa conception, se veut, non seulement « une interpellation », mais aussi « un encouragement ».

Ce message des évêques que je lis, non à partir de la multiplicité des influences dont il porte sensiblement la trace, mais à partir de ses grandes inflexions, est évidemment un message d’interpellation pour les uns, un message d’espérance et d’encouragement pour les autres !

Si ceux qui ont en main la gestion de la « Res publica » doivent changer leur fusil d’épaule, en endossant la beauté d’une métamorphose d’esprit et de mentalité, ceux du reste de la nation qui regretteraient, à cause d’une gestion scabreuse de la chose publique, à cause des velléités des « puissances du globe », d’avoir pour patrie la République démocratique du Congo, doivent se sentir soutenus par la sollicitude pastorale du collège de ceux qui prennent à cœur le triste sort du quotidien congolais depuis l’infiltration de ceux qui, hier, furent vus comme « artisans de la guerre civile », aujourd’hui, deviennent reconnus et identifiés comme légion d’« agresseurs du pays » ; une infiltration qui a fait couler le sang de ceux qui appartinrent jadis à ce collège des évêques pour avoir dit non à la violence gratuite, non aux viols physiques et psychologiques, non à la saignée de l’intolérance, non aux turpitudes de l’opinion internationale.

Les évêques établissent à travers leur vibrant message d’interpellation et d’espérance un diagnostic sur le présent malaise de la nation ; ils tracent l’histoire d’une pathologie qui se manifeste dans les attitudes d’un refus au changement, qui transparaît dans les sentiments de plus en plus enclins aux intérêts individuels qu’ils ne le sont vis-à-vis des intérêts communs ; l’histoire d’une pathologie qui déplore, tant au niveau national qu’international, une justice sans justice, une intervention de paix en faveur de l’insécurité, se mêlant de tout dans la complicité du grand silence.
Contre ce désarroi, « A vin nouveau, outres neuves » se révèle comme un message de grande teneur théologique, soucieux d’assumer avec courage et sérénité la délivrance du peuple congolais meurtri par l’indifférence des uns et la trahison des autres. Voilà pourquoi s’adressant à la Mission des Nations unies au Congo, les évêques écrivent : « Nous demandons à la MONUC d’user de son nouveau mandat obtenu pour assurer une protection effective (et non théorique) de la population. Sinon, le peuple commencera à douter de l’opportunité de sa présence. Des événements récents signalés ici et là risquent de diminuer - hélas ! - la confiance de la population aux soldats de la paix »[6].

En la petite lecture que je fais du message de la Conférence épiscopale nationale du Congo, il y a lieu de relever globalement trois points essentiels :

 

  1. Ne décevez pas les attentes de la nation : tous, dirigeants et dirigés, fils et filles du grand Congo, sommes invités à assumer le contenu de ce message de la première personne du singulier à la troisième du pluriel, pour le rendre nôtre, afin que la situation socio-politique de notre pays (insécurité toujours persistante, exploitation libre et désordonnée des ressources naturelles), déclenche une mobilisation plurielle. Autrement dit, du dirigeant au dirigé, du plus grand au plus petit, du haut gradé au moins gradé, du cadre au simple paysan, des hommes d’Eglise aux sans confessions, nul n’a aucun droit de « décevoir les attentes d’une nation qui n’a que trop souffert ». « A vin nouveau, outres neuves ! »[7]
  2. Soyez solidaires pour votre délivrance : de l’avis des évêques de la RDCongo, le salut de tous est au prix d’un engagement solidaire pour la restauration des mentalités, pour la vigilance et l’éveil des consciences, autrement la maison qui brûle va se consumer ; autrement le pillage des ressources naturelles qui s’observe littéralement en inflation finira par saigner à blanc les greniers du Congo démocratique.
  3. Gouvernement, soyez responsables de votre gestion : un gouvernement responsable n’est pas un gouvernement de complaisance. Un gouvernement responsable est un gouvernement capable de répondre courageusement de ses actes devant Dieu et devant la nation, sinon le principe de l’intégrité et de l’intangibilité du territoire national se verra condamné de voler en éclat[8].

    Afin que l’espoir du peuple congolais ne s’évanouisse, j’aimerais conclure ma lecture du message en m’unissant à l’intention de prière du collège des évêques pour confier à leur suite « l’avenir de notre pays à Dieu pour qu’advienne un Congo nouveau, paisible et prospère. Que Marie, Notre Dame de l’Espérance, elle qui a cru aux promesses du Seigneur, nous soutienne dans le combat pour le changement de mentalité et la promotion des valeurs humaines authentiques. Que Dieu bénisse et protège la République démocratique du Congo. »[9]

 

 

 


* Article déjà publié chez AgoraVox, le média citoyen, le 06/08/2007, dans http://www.agoravox.fr/, et disponible pour la lecture au http://www.agoravox.fr/actualites/info-locale/article/l-eglis... La présente publication constitue sa deuxième édition illustrée.

[1]
Cf. Conférence épiscopale nationale Du Congo (CENCO), Message de la Conférence épiscopale nationale du Congo aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté à l’occasion du 47e anniversaire de l’indépendance, « A vin nouveau, outres neuves » (Mc 2, 22). Ne pas décevoir les attentes de la nation, Kinshasa, 07//07/2007, § 2 (disponible au site web http://www.cenco.cd) .

[2] « L’ONU tire la sonnette d’alarme pour l’est de la RDC » (Reuters 24/07/2007).

[3] Déclaration du mois de juillet 2007, également disponible sur le site web http://www.portstnicolas.org .

[4] Inspiration de l’évangile de Marc 2, 22.

[5] J’ai donné quelques prémices des présentes réflexions dans l’une de mes interventions au groupe web « ANDJAASHI WA TSHUMBE SAINTE MARIE », ouvert à l’intention exclusive du personnel ecclésiastique du diocèse de Tshumbe, en République démocratique du Congo.

[6] Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Message de la Conférence épiscopale nationale du Congo aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté à l’occasion du 47e anniversaire de l’indépendance, « A vin nouveau, outres neuves » (Mc 2, 22). Ne pas décevoir les attentes de la nation, Kinshasa, 07//07/2007, § 26. C’est nous qui soulignons et la parenthèse est aussi de nous. Voir également Mémorandum des chefs des confessions religieuses à son excellence M. William Lacy Swing, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en R.D.Congo du 15 juin 2007, n.13.

[7] Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Message de la conférence épiscopale nationale du Congo aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté à l’occasion du 47e anniversaire de l’indépendance, « A vin nouveau, outres neuves » (Mc 2, 22). Ne pas décevoir les attentes de la nation, Kinshasa, 07//07/2007, § 2.

[8] Idem, § 5.

[9] Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Message de la conférence épiscopale nationale du Congo aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté à l’occasion du 47e anniversaire de l’indépendance, « A vin nouveau, outres neuves » (Mc 2, 22). Ne pas décevoir les attentes de la nation, Kinshasa, 07//07/2007, § 28.

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Published by Abbé Claude OKONDJO - dans OPINION
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