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  • : ANJASHI WA TSHUMBE
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  • : Un espace web pour informations et communications, échanges et contacts, analyses, opinions et débats sur la vie. Champs d'intérêt: Vie de l'Église Catholique Romaine et vie en République Démocratique du Congo.
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  • Pierre Claude OKONDJO
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 15:36

La Conférence Épiscopale Nationale du Congo, CENCO en sigle, en sa 53ème Assemblée plénière ordinaire, tenue à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, du 20 au 24 juin 2016, a examiné la question de l'ensevelissement de Clerc diocésain dont la mort survient en dehors de son propre diocèse. 

 

Au regard des dispositions canoniques, conciliaires et internes (Statuts du Clergé diocésain), relatives aux circonstances de présence (études, assistance pastorale, soins médicaux, sanctions) et de mort (maladies, accident, décès inopiné...), en dehors de son propre diocèse, la CENCO, en vertu du pouvoir qui lui est reconnu, décrète:

  1. "Tout Clerc diocésain dont la mort survient en dehors de son propre diocèse, sera enseveli au lieu de son décès en tenant compte de circonstances, de pieuses et légitimes coutumes du lieu".
  2. "Il appartient à l'Évêque propre d'organiser les célébrations de suffrage en mémoire du Clerc enterré en dehors du diocèse".
  3. "Les Clercs diocésains ont l'obligation de se conformer aux présentes dispositions dans l'élaboration de leurs testaments dont il est question à l'article 44 des Statuts du clergé diocésain".
  4. "Il appartient à chaque Évêque diocésain de communiquer, de façon opportune, les présentes dispositions aux Ordinaires des lieux d'accueil de ses propres clercs, au Presbyterium et aux fidèles de son diocèse, ainsi qu'aux membres des familles de son clergé".

 

Pour rediffusion,

Pierre Claude OKONDJO.

 

P.S. C'est nous qui mettons en évidence les extraits du Décret.

In extenso ci-dessous, le Décret publié à Kinshasa, le 20 octobre 2016 et signé par Mgr Marcel UTEMBI TAPA, Archevêque de Kisangani et Président de la CENCO.

DISPOSITIONS DE LA CENCO SUR L'ENSEVELISSEMENT D'UN CLERC DIOCÉSAIN DÉCÉDÉ EN DEHORS DE SON DIOCÈSE
DISPOSITIONS DE LA CENCO SUR L'ENSEVELISSEMENT D'UN CLERC DIOCÉSAIN DÉCÉDÉ EN DEHORS DE SON DIOCÈSE
DISPOSITIONS DE LA CENCO SUR L'ENSEVELISSEMENT D'UN CLERC DIOCÉSAIN DÉCÉDÉ EN DEHORS DE SON DIOCÈSE
DISPOSITIONS DE LA CENCO SUR L'ENSEVELISSEMENT D'UN CLERC DIOCÉSAIN DÉCÉDÉ EN DEHORS DE SON DIOCÈSE
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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 13:52

 

Le Nonce apostolique, S.E. Mgr Adolfo Tito Yllana est à Béni et à Butembo dans la province du Nord Kivu pour une visite pastorale de réconfort et de paix; il est accompagné par une délégation de la CENCO composée de S.E. Mgr Nicolas Djomo, Président de la CENCO, S.E. Mgr François Xavier Maroy, Archevêque  de Bukavu, S.E. Mgr Théophile Kaboy, évêque de Goma , M. l’Abbé André Masinganda, 2ème Secrétaire Général Adjoint de la CENCO, M. l’Abbé Jean-Marie Bomengola, Secrétaire de la Commission épiscopale des communications sociales, M. l’Abbé Justin Sekatera, directeur du centre interdiocésain de pastorale, catéchèse et liturgie de Bukavu et de la sœur Yolande Munyi, intendante de l’Archevêché de Bukavu.

 

A leur arrivée à Béni, ils ont été accueillis à l’aéroport par S.E. Mgr Melchisédech Sikuli, évêque de Butembo-Béni, les prêtres, les religieux et les religieuses ainsi que les représentants des mouvements d’action catholique, les séminaristes, les autorités civiles et militaires, etc.

 

Le cortège s’est ensuite rendu dans la paroisse Saint Esprit de Oïcha où les fidèles et leurs pasteurs attendaient le Nonce apostolique et toute la délégation.  Après un moment de recueillement à l’église, le Curé de la paroisse, M. l’Abbé Félix a pris la parole pour souhaiter la bienvenue au Nonce apostolique et à toute la délégation et donner ainsi  l’état des lieux de la ville de Béni. Il parle de carnage et massacre de la population; d’après lui, tout part de la disparition du colonel Mamadou Mustapha et du Général Lucien Bahuma. Leur mort a occasionné le relâchement de l’opération «sukola 1» ce qui a permis aux groupes rebelles de reprendre le terrain. Le Nonce apostolique et le Président de la CENCO ont pris tour à tour la parole pour dire aux fidèles les raisons de leur visite à Béni; il s’agit d’une visite de paix, de prière, de solidarité, de compassion et de réconfort.

 

Après Oïcha, le cortège s’est dirigé à la paroisse Notre Dame des pauvres de Mbau où les 3 prêtres assomptionnistes ont été enlevés. Le Nonce et toute la délégation se sont recueillis dans l’église; ils ont invité les fidèles à ne pas céder au découragement et à la peur mais à faire davantage confiance à Dieu.

 

En quittant Mbau, la délégation a pris la direction de la paroisse Saint Gustave, fondée en 1906 par les pères du Sacré Cœur. Dans cette église, le Nonce Apostolique a invité les petits séminaristes à grandir dans l’amour des autres pour ne pas répéter ce qui se passe maintenant à Béni et à Butembo.

 

Le vendredi 12 décembre 2014 une grande messe a été célébrée à Béni en présence des autorités de la ville et de plus de 4000 fidèles; cette messe a été présidée par S.E. Mgr Adolfo Tito Yllana, Nonce Apostolique et concélébrée par S.E. Mgr Nicolas Djomo, évêque de Tshumbe et Président de la CENCO, S.E. Mgr François Xavier Maroy, Archevêque de Bukavu, S.E. Mgr Théophile Kaboy, évêque de Goma et S.E. Mgr Melchisédech Sikuli, évêque de Butembo-Béni et plus d'une trentaine de prêtres. Dans son homélie prononcée en swahili, le représentant du pape a donné aux fidèles les raisons de sa présence à Béni et Butembo et en même temps exprimé son souhait de voir la population de ces deux villes vivre dans la paix. Il est venu, dit-il, exprimer la proximité du pape à l’égard de ce peuple meurtri qui connaît les tueries, les enlèvements, les viols et les situations pénibles. Il est venu leur dire que le pape ne les oublie pas. Il est aussi là pour prier avec ce peuple et l'inviter à plus d’amour pour le prochain. Prenant la parole à la fin de la messe, S.E. Mgr Nicolas Djomo est à son tour revenu sur le message du Nonce en soulignant que sa présence symbolisait la présence et la proximité de toute l’Eglise Famille de Dieu en RD Congo à l’égard de la population de Béni et de Butembo.

 

Cette messe a été un grand moment de communion entre les pasteurs et les fidèles. En prenant la parole au début de la messe S.E. Mgr Sikuli, évêque de Butembo-Béni a souhaité qu'il ait une enquête internationale sur les tueries de Béni et de Butembo. Les évêques ont prié pour les victimes de cette barbarie humaine qui a fait plus de 250 victimes en l'espace de trois mois.

 

Dans l’après midi, la délégation a pris la route de Butembo, dernière escale de la visite pastorale du Nonce Apostolique et de la délégation de la CENCO.

 

Source: http://www.cenco.cd/?id_art=155

Le Nonce Apostolique en RDC, le Président et la délégation de la CENCO en visite de réconfort à Butembo-Beni
Le Nonce Apostolique en RDC, le Président et la délégation de la CENCO en visite de réconfort à Butembo-Beni
Le Nonce Apostolique en RDC, le Président et la délégation de la CENCO en visite de réconfort à Butembo-Beni
Le Nonce Apostolique en RDC, le Président et la délégation de la CENCO en visite de réconfort à Butembo-Beni
Le Nonce Apostolique en RDC, le Président et la délégation de la CENCO en visite de réconfort à Butembo-Beni
Le Nonce Apostolique en RDC, le Président et la délégation de la CENCO en visite de réconfort à Butembo-Beni
Le Nonce Apostolique en RDC, le Président et la délégation de la CENCO en visite de réconfort à Butembo-Beni
Le Nonce Apostolique en RDC, le Président et la délégation de la CENCO en visite de réconfort à Butembo-Beni
Le Nonce Apostolique en RDC, le Président et la délégation de la CENCO en visite de réconfort à Butembo-Beni

Le Nonce Apostolique en RDC, le Président et la délégation de la CENCO en visite de réconfort à Butembo-Beni

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 19:39

DISCOURS D’HOMMAGE AU SAINT-PÈRE PAR LES ÉVÊQUES DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE NATIONALE DU CONGO EN VISITE AD LIMINA À ROME DU 11 AU 15 SEPTEMBRE 2014

 

Préambule

 

Très Saint-Père,

 

1. Nous, Cardinal, Archevêques et Evêques de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), sommes très heureux de venir auprès de Votre Sainteté rendre visible notre attachement au Siège Apostolique de Rome et raffermir notre sens de collégialité. Il va sans dire que la communion avec le Successeur de Pierre garantit notre collaboration pour le bien de toute l’Eglise et de nos diocèses respectifs[1]. En ce moment spécial, l’occasion nous échoit de vous transmettre les salutations filiales de nos prêtres, des religieux et religieuses, de nos jeunes et fidèles laïcs. Nous apprécions votre style de vie modeste et vos exhortations à la fois émouvantes et profondes. Que Jésus Christ, le Bon Pasteur, rende fructueuse votre charge pastorale.

 

2. Au lendemain de votre pontificat, il vous a plu d’associer Son Eminence Laurent Cardinal Monsengwo au Conseil de Leurs Eminences les Cardinaux qui vous soutiennent dans l’exercice de votre ministère pétrinien. Nous saluons avec gratitude et reconnaissance ce choix porté sur notre frère dans l’épiscopat et qui, par ailleurs, traduit votre marque de considération pour l’enracinement de l’Eglise en RD Congo et en Afrique.  

 

3. Depuis notre dernière visite ad limina en 2006[2], de nombreux événements ont marqué la vie de l’Eglise universelle. Qu’il nous soit permis de mentionner, entre autres, le Synode des Evêques sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise en 2008[3], la Deuxième Assemblée spéciale du Synode des Evêques pour l’Afrique en 2010[4], la Célébration de l’Année de la foi[5], le 50ème anniversaire de la convocation du Concile Vatican II  et le Synode sur la Nouvelle Evangélisation en 2012[6]. Au plan local, notre action pastorale est confrontée à plusieurs défis pastoraux qui se recoupent en certains points avec les « défis du monde actuel et les tentations des agents pastoraux »[7] que vous exposez si bien dans votre exhortation apostolique post-synodale Evangelii gaudium. Au cours de ce mémorable échange, nous voudrions brièvement vous en présenter quelques-uns,  notamment: l’inculturation de l’Evangile et l’évangélisation des cultures, le développement intégral de notre peuple, la formation des agents pastoraux.

 

1. L’inculturation de l’Evangile et l’évangélisation des cultures

 

5. Fidèle à son option pastorale d’inculturer le message chrétien et d’évangéliser les cultures[8], notre Episcopat s’est employé à mettre en œuvre les orientations pastorales issues des assemblées ecclésiales évoquées ci-dessus. Face à certaines questions, notamment l’incohérence persistante entre la foi et le vécu, la montée sensible de l’Islam et la prolifération inquiétante des sectes, nous avons levé l’option d’intensifier l’animation biblique de telle sorte que la Parole de Dieu anime toutes nos activités pastorales ; vivifie les célébrations de l’Eucharistie et des autres sacrements ; provoque le changement des cœurs et des mœurs et suscite autant chez les adultes que chez les jeunes un nouvel élan évangélique. Pour nous, le processus d’inculturation est davantage compris comme «une exigence de sainteté, appelée à transformer la société, et un lieu de conversion au Christ de tout notre peuple avec sa culture»[9].

 

6. C’est ainsi qu’à l’occasion de l’Année de la foi, nous avons adressé une exhortation pastorale aux fidèles catholiques intitulée «Seigneur augmente en nous la foi»[10], visant l’affermissement de la foi, le soutien de l’espérance et la pratique de la charité. Aussi, pour cultiver davantage ces vertus théologales et en témoigner jusqu’aux périphéries géographiques et existentielles de notre pays, avons-nous entrepris de redynamiser les Communautés Ecclésiales Vivantes (CEV), cinquante ans après leur création, pour qu’elles demeurent des lieux permanents d’écoute de la Parole de Dieu, d’initiation chrétienne, de réconciliation, de solidarité et de partage à l’exemple de la première communauté chrétienne (cf. Ac 2,42-47).  Ces communautés à taille humaine portent en elles les germes d’une nouvelle vision d’Eglise.

 

7. Dans l’œuvre d’inculturation, nous recourrons de plus en plus aux médias pour mener à bien l’annonce du message chrétien et l’évangélisation en profondeur des cultures. En effet, nous avons pleinement conscience de l’importance que revêtent les moyens de communications sociales dans la diffusion de la Bonne Nouvelle. Parfois, la visibilité de l’Eglise en dépend. En même temps, «nous ressentons le besoin d’initier une évangélisation du monde des médias et  l’urgence d’éduquer nos fidèles à acquérir une conscience critique vis-à-vis de ce que les médias offrent à la société»[11].

 

2. Développement intégral

 

8. Jadis, le Pape Paul VI, d’heureuse mémoire, affirmait que «Le développement authentique de l’homme concerne unitairement la totalité de la personne dans chacune de ses dimensions»[12]. Au fait, selon la vision chrétienne, le développement doit être intégral et consister à améliorer les conditions de vie, favoriser l’accès aux opportunités sociales, économiques et politiques, garantir la paix et les libertés.  Dans le contexte actuel, cet objectif est loin d’être atteint pour la grande majorité de Congolais. Pourtant, considérant l’aspect socio-économique, notre pays est potentiellement très riche, paradoxalement sa population demeure encore très pauvre.

 

9. Par ailleurs, la RD Congo est en train de sortir progressivement des conflits armés qui ont causé beaucoup de pertes en vies humaines, augmenté le nombre des pauvres, des orphelins et des veuves, provoqué des blessures morales atroces, ainsi que d’importants dégâts matériels et environnementaux. Dans ces conditions de précarité, les initiatives de prise en charge matérielle de l’Eglise par ses propres fidèles tardent à porter du fruit. C’est pourquoi, scrutant la nature intime de l’Eglise et soutenus par la générosité de l’Eglise universelle, nous ne ménageons aucun effort pour contribuer tant soit peu au développement intégral  de notre peuple. La charité du Christ nous pousse davantage à plus d’attention aux pauvres et à la proximité avec les plus vulnérables de la société: les enfants, les femmes, les malades, les vieux. Sur ce, nous partageons pleinement votre profond désir d’«une Eglise pauvre pour les pauvres»[13].

 

10. Nous sommes également heureux de constater que notre pays est finalement engagé dans une recherche de la paix, de la réconciliation et de la consolidation de notre jeune démocratie. Soucieux de promouvoir l’émergence d’un Etat de droit, garant du bien commun de tous les citoyens, nous restons ouverts au dialogue avec toutes les forces vives de la Nation et encourageons les unes et les autres au respect de la Constitution et à la tenue des  élections libres, démocratiques et transparentes. C’est le sens de notre récent message, intitulé: «Protégeons notre Nation». Pour un processus électoral apaisé et porteur d’un avenir meilleur. Comme l’a si bien exprimé le Pape Emérite Benoît XVI, votre Prédécesseur, «Un instrument majeur au service de la réconciliation, de la justice et de la paix, peut être l’institution politique dont le pouvoir essentiel est la mise en place et la gestion de l’ordre juste».[14]

 

3. Formation des agents pastoraux

 

11. Notre visite intervient au moment où l’Eglise tout entière approfondit le thème de la famille, cellule de base de toute société humaine et de l’Eglise. Comme deux facettes d’une médaille, le mariage et la famille sont deux pivots d’une même réalité. Et puisqu’ils nous sont très chers, ils figurent d’ores et déjà parmi les priorités actuelles de notre pastorale d’ensemble. Nous en sommes persuadés, c’est au sein des familles, branchées à la Parole de Dieu, que se forment des laïcs «ambassadeurs du Christ» (2 Co 5,20) dans l’espace public, sel de la terre et lumière du monde, témoins sans complexe ni honte de la Bonne Nouvelle[15].

 

12. Mais le mariage et la famille ne sont pas pour autant à l’abri des assauts des idéologies modernes, telles que le genre, le relativisme éthique. A cela s’ajoutent d’autres menaces, notamment la pauvreté, la pandémie du VIH/SIDA, le divorce, la polygamie. Nous restons vigilants vis-à-vis de ces défis en proposant des  stratégies pastorales conséquentes. C’est pourquoi, lors de notre récente Assemblée Plénière en juin dernier et en rapport avec le prochain synode sur la famille, nous avons décidé de nous pencher en trois ans sur les questions liées à la famille et au mariage.

 

13. Notre sollicitude pastorale se consacre également à la jeunesse sur laquelle reposent le présent et l’avenir de notre pays et de l’Eglise. Fort malheureusement, cette jeunesse ne bénéficie pas de mêmes opportunités de formation de base et n’accède que partiellement  à une solide formation humaine, morale et religieuse.  Ce déficit, aux conséquences très graves, expose nos jeunes à la séduction des idéologies contraires aux valeurs humaines et chrétiennes. C’est ainsi que, prenant ce défi très au sérieux, nous faisons de l’accompagnement de toute la jeunesse, scolaire et universitaire, une de nos priorités pastorales.

 

14. Notre Eglise est présente en milieu éducatif et collabore avec l’Etat en vue d’un enseignement adapté aux exigences de la société. La promotion des mouvements et des aumôneries catholiques de jeunesse dans les écoles, les instituts et les universités entend garantir à notre jeunesse un espace de rencontre permanente avec  Jésus Christ, de discernement de l’appel de Dieu et d’engagement au service de l’Eglise et de la société. L’appel que vous lancez sans cesse à toute la jeunesse du monde, «Jeunes ne vous laisser pas voler votre espérance», retentit également aux oreilles de la jeunesse congolaise que nous exhortons ardemment à porter la lumière de la foi et la joie de l’Evangile aux générations futures.

 

15. Nonobstant le foisonnement des confessions religieuses en RD Congo et le surgissement de quelques tensions à l’intérieur de nos communautés, l’Eglise catholique garde encore toute sa vitalité. D’année en année, le nombre de fidèles catholiques augmente, de même que celui des jeunes qui aspirent à la vie sacerdotale et religieuse. La moisson reste abondante et les ouvriers peu nombreux. Ainsi, grâce à la générosité des Eglises-sœurs, nous poursuivons la pastorale des vocations et la formation des agents de l’évangélisation, notamment dans les séminaires et les centres pastoraux, afin de maintenir le dynamisme missionnaire de notre Eglise[16].

 

16. Nous-mêmes, appelés à devenir les modèles du troupeau, portons un regard à la fois pastoral et paternel sur le ministère et la vie des prêtres, nos proches et indispensables collaborateurs dans la Vigne du Seigneur. Beaucoup d’entre eux travaillent dans des conditions difficiles, mais ils ne perdent pas pour autant le zèle apostolique et la joie d’annoncer l’Evangile. De même, les consacrés, hommes et femmes, marchant sur les pas de leurs prédécesseurs et par delà les contrariétés pastorales, se distinguent par un témoignage évangélique exemplaire qui «édifie le Corps du Christ et enrichi la demeure de Dieu»[17]. Sans être complet, ce paysage socio-pastoral reflète suffisamment les joies, les peines  et les aspirations de notre Eglise qui, dans son exode, a le regard tourné vers l’avenir. Confiants en l’intercession de la Sainte Vierge Marie, Mère de l’Eglise et Notre Dame du Congo, nous croyons et espérons fermement qu’à travers nos engagements quotidiens le Maître de l’histoire fera toute chose nouvelle. C’est pour nous un motif  réel de réconfort et de joie dans le ministère. 

 

Conclusion

 

17. Très Saint-Père, au cours de cette année, les fidèles congolais se préparent à célébrer un événement de grande portée ecclésiale. En effet, au 1er décembre 2014, nous entrerons dans le 50ème anniversaire du martyre de la Bienheureuse Marie Clémentine Anuarite Nengapeta, Religieuse de la Congrégation de Sœurs de la Sainte Famille de Kisangani qui, le 1er décembre 1964 à Isiro, a versé son sang par fidélité au Christ et pour préserver sa pureté. Tout au début du XXème, un autre fils du Congo, le Bienheureux Isidore Bakanja, consacrait son temps libre à catéchiser, à évangéliser ses compagnons de travail et à la récitation fidèle du rosaire, et ce, au grand mécontentement de son patron. Il fut atrocement flagellé par ce dernier jusqu’à en mourir.  Ces deux témoins de la foi,  fruits précieux de l’évangélisation de notre pays, sont pour nous un grand motif de joie et d’espérance. Que leur sang versé pour le Christ soit une semence perpétuelle des chrétiens et qu’un jour ils soient élevés au rang des saints. Telle est la prière profonde et sincère que toute la Famille de Dieu en RD Congo vous confie, Saint Père, afin que, par votre entremise, elle monte jusqu’à Dieu, source de toute sainteté.

 

18. En terminant ce discours, permettez-nous de vous confier l’ardent désir qui habite les fils et les filles  de la RD Congo, celui de : « voir, entendre, toucher et  accueillir le Pape François sur la terre de la Bienheureuse Marie-Clémentine Anuarite et du Bienheureux Isidore Bakanja ». Plaise au Ciel que votre bâton de pèlerin vous conduise dans un avenir très proche au cœur de l’Afrique pour y affermir le Peuple de Dieu dans la foi et ranimer en lui la joie de l’Evangile. Heureux de vous avoir rencontré et pleins de reconnaissance, nous réitérons notre attachement indéfectible à Votre Sainteté et vous portons affectueusement dans nos prières. Que sur nous et sur toute la RD Congo se répande votre bénédiction apostolique.                                                                              

Rome, le 11 septembre 2014

 

Au nom des Evêques de la République Démocratique  du Congo

 

Mgr Nicolas DJOMO,

Evêque de Tshumbe 

    Président de la CENCO

 

 

[1]  Cf. VATICAN II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, n.22.

[2]  Cf. CENCO, Défis pastoraux au seuil du XXIe siècle. Les Evêques de l’Eglise-Famille de Dieu en République Démocratique du Congo en visite « Ad Limina Apostolorum » à Rome du 15 janvier au 14 février 2006.

[3]  Cf. BENOIT XVI, Exhortation apostolique post-synodale Verbum Domini sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise, 2010.

[4] Cf. BENOIT XVI, Exhortation apostolique post-synodale Africae Munus sur l’Eglise ne Afrique au service de la Réconciliation, de la Justice et de la Paix, 2011.

[5]  Cf. BENOIT XVI, Lettre apostolique en forme de Motu proprio Porta Fidei, 2011 ; FRANÇOIS, Lettre encyclique Lumen Fidei. La lumière de la foi sur la foi, 2013.

[6]  Cf. FRANÇOIS, Exhortation apostolique post-synodale Evangelii Gaudium sur l’Annonce de l’Evangile dans le monde d’aujourd’hui, 2013.

[7]  FRANÇOIS, Exhortation apostolique post-synodale Evangelii Gaudium. La joie de l’Evangile. Sur l’annonce de l’Evangile dans le monde d’aujourd’hui, n.52-109.

[8]  Cf. CENCO, Défis pastoraux au seuil du XXème siècle. Les Evêques de l’Eglise-Famille de Dieu en République Démocratique du Congo en visite « Ad Limina Apostolorum » à Rome du 15 janvier au 14 février 2006, n.13.

[9]  Ibidem, n.15.

[10]  CENCO, « Seigneur, augmente en nous la foi » (cf. Lc 17,5). Exhortation pastorale de la CENCO à l’Eglise-Famille de Dieu en RD Congo à l’occasion de l’Année de la foi, in Actes de la CENCO et Documents, 4(2013), pp.19-36.

[11]  CENCO, Défis pastoraux au seuil du XXIème siècle, n.46.

[12]  PAUL VI, Lettre encyclique Populorum progressio (26 mars 1967), n.14.

[13]  FRANÇOIS, Exhortation apostolique post-synodale Evangelii gaudium, n.198.

[14]  BENOIT XVI, Africae Munus, n.81.

[15]  Cf. BENOIT XVI, Africae munus, n.128.130.

[16]   CENCO, Un nouvel élan missionnaire, 2004.

[17]  BENOIT XVI, Africae munus, n.113.

 

 

DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS AUX ÉQUES DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO EN VISITE AD LIMINA À ROME 

 

Chers Frères dans l’épiscopat,

 

C’est avec grande joie que j’adresse au cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, et à chacun d’entre vous, mes fraternelles salutations, à l’occasion de votre visite ad limina Apostolorum. Je remercie Monseigneur Nicolas Djomo Lola, président de votre Conférence épiscopale, qui, avec vos sentiments de fidèle communion, a présenté quelques traits de la vie de l’Église en République Démocratique du Congo. Votre pèlerinage aux tombeaux des Apôtres Pierre et Paul, unis dans le témoignage au Christ mort et ressuscité jusqu’au sacrifice suprême, resserre vos liens de communion avec le Siège Apostolique, mais aussi entre vous et avec les évêques du monde entier. En retour, tout en vous manifestant ma vive appréciation pour votre dévouement et votre zèle pour l’annonce de l’Évangile, je voudrais aussi saluer et encourager les prêtres, les personnes consacrées, les autres agents pastoraux qui collaborent avec vous, ainsi que tous les fidèles laïcs de vos diocèses.

 

Avec vous, je suis reconnaissant au Seigneur pour les multiples dons qu’il fait à l’Église dans votre pays. Famille de Dieu en marche vers le Royaume, elle est constituée de communautés vivantes dont les membres participent activement aux célébrations liturgiques et donnent un courageux témoignage de charité. Selon la belle formule du Psalmiste, le Seigneur a donné ses bienfaits et notre terre a donné ses fruits (cf. Ps 85, 13).

 

La fidélité à l’Évangile implique que l’évêque conduise et gouverne avec sagesse le troupeau qui lui est confié. Le bon pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent (cf. Jn 10, 14). La présence, la proximité et la stabilité de l’évêque dans son diocèse sont nécessaires pour rassurer les prêtres et les candidats au sacerdoce, et pour que tous les fidèles se sentent accompagnés, suivis et aimés.

 

Une caractéristique majeure de l’Église dans votre pays est qu’elle se trouve en pleine croissance. Il est si heureux de constater que des communautés chrétiennes se développent! Mais vous savez que l’essentiel, pour l’Église, n’est pas d’abord une question de nombre mais une adhésion totale et sans réserve au Dieu révélé en Jésus-Christ. La qualité de la foi au Christ mort et ressuscité, la communion intime avec lui est à la base de la solidité de l’Église. Par conséquent, il est d’une importance vitale d’évangéliser en profondeur. La fidélité à l’Évangile, à la Tradition et au Magistère sont des repères sûrs qui garantissent la pureté de la source à laquelle vous conduisez le peuple de Dieu (cf. Lett. Enc. Lumen Fidei, n. 36).

 

L’Église en République Démocratique du Congo, dont certains diocèses ont récemment célébré le premier centenaire de leur évangélisation, est une jeune Église. Mais elle est aussi une Église de jeunes. Les enfants et les adolescents, en particulier, ont besoin de la force de Dieu pour résister aux multiples tentations issues de la précarité de leur vie, de l’impossibilité de poursuivre des études ou de trouver du travail. Je suis sensible à leur situation difficile, et je sais que vous partagez leurs peines, leurs joies et leurs espoirs. Je pense particulièrement avec effroi à ces enfants et à ces jeunes, enrôlés de force dans des milices et contraints de tuer leurs propres compatriotes ! Je vous encourage donc à approfondir la pastorale des jeunes. En leur offrant toute l’aide possible, surtout à travers la création d’espaces de formation humaine, spirituelle et professionnelle, vous pouvez leur révéler leur vocation profonde qui les prédispose à rencontrer le Seigneur.

 

Le moyen le plus efficace pour vaincre la violence, l’inégalité ainsi que les divisions ethniques, consiste à doter les jeunes d’un esprit critique et à leur proposer un parcours de maturation dans les valeurs évangéliques (cf. Evangelii gaudium, n. 64). Il faudrait aussi renforcer la pastorale dans les Universités ainsi que dans les écoles catholiques et publiques, en conjuguant la tâche éducative avec l’annonce explicite de l’Évangile (cf. Evangelii gaudium, n. 132-134). Chers Frères dans l’Épiscopat, je vous convie à être dans vos diocèses des apôtres de la jeunesse.

 

Dans le même esprit, face à la désagrégation familiale, provoquée, en particulier, par la guerre et la pauvreté, il est indispensable de valoriser et d’encourager toutes les initiatives destinées à consolider la famille, source de toute fraternité, fondement et première route de la paix (cf. Message pour la XLVIIè Journée Mondiale de la Paix, 2014, n. 1).

 

La fidélité à l’Évangile implique aussi que l’Église participe à la construction de la cité. L’une des contributions les plus précieuses que l’Église locale peut apporter à votre pays, consiste à aider les personnes à redécouvrir la pertinence de la foi dans la vie quotidienne et la nécessité de promouvoir le bien commun. De même, les responsables de la nation, en étant éclairés par les pasteurs, et dans le respect des compétences, peuvent aussi être soutenus pour intégrer l’enseignement chrétien dans leur vie personnelle et dans l’exercice de leur fonction au service de l’État et de la société. En ce sens, le Magistère de l’Église, en particulier l’Encyclique Caritas in veritate, l’Exhortation apostolique post-synodale Africae munus ainsi que la récente Exhortation apostolique Evangelii gaudium, constituent une aide précieuse.

 

Chers Frères dans l’épiscopat, je vous invite à œuvrer sans relâche à l’instauration d’une paix durable et juste, par une pastorale du dialogue et de la réconciliation entre les divers secteurs de la société, en soutenant le processus de désarmement, et en promouvant une efficace collaboration avec les autres confessions religieuses. Alors que votre pays va connaître des rendez-vous politiques importants pour son avenir, il est nécessaire que l’Église apporte sa contribution, tout en évitant de se substituer aux institutions politiques et aux réalités temporelles qui conservent leur autonomie (cf. Const. Past. Gaudium et spes, n. 36). En particulier, les pasteurs doivent se garder de prendre la place qui revient de plein droit aux fidèles laïcs, qui ont justement pour mission de témoigner du Christ et de l’Évangile en politique et dans tous les autres domaines de leurs activités (cf. Décr. Conc. Apostolicam actuositatem, nn. 4; 7). Il est donc essentiel que les fidèles laïcs soient formés en conséquence, et que vous ne cessiez pas de les soutenir, de les orienter et d’émettre des critères de discernement pour les éclairer. En ce sens, je ne doute pas que vous continuerez d’œuvrer pour sensibiliser les autorités publiques en vue de finaliser les négociations pour la signature d’un Accord avec le Saint-Siège.

 

Il serait souhaitable que, dans un esprit de solidarité et de partage, soit développée une collaboration plus étroite avec tous les acteurs pastoraux qui œuvrent dans les divers domaines d’apostolat et de pastorale sociale, en particulier l’éducation, la santé et l’assistance caritative. Beaucoup attendent de vous vigilance et sollicitude dans la défense des valeurs spirituelles et sociales : vous êtes appelés à proposer des orientations et des solutions pour la promotion d’une société fondée sur le respect de la dignité de la personne humaine. A ce sujet, l’attention aux pauvres et aux nécessiteux tels que les personnes âgées, malades ou souffrant de handicap, devrait constituer l’objet d’une pastorale adéquate, sans cesse réexaminée. En effet, l’Église est appelée à se préoccuper du bien de ces personnes et à attirer l’attention de la société et des autorités publiques sur leur situation. Je salue et j’encourage l’œuvre de tous les missionnaires, des prêtres, religieux, religieuses et autres agents pastoraux qui se dévouent au service des blessés de la vie, des victimes de la violence, surtout dans les régions les plus isolées et reculées du pays. En évoquant ce thème, j’ai une pensée spéciale pour les réfugiés internes et ceux, nombreux, qui proviennent des pays voisins.

 

Chers Frères dans l’Épiscopat, je voudrais enfin vous redire toute mon affection et mes encouragements. Persévérez dans votre généreux engagement au service de l’Évangile! Soyez des hommes d’espérance pour votre peuple! Que le témoignage lumineux de la bienheureuse Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta et du bienheureux Isidore Bakanuja ne cesse de vous inspirer! En vous confiant à la maternelle intercession de la Vierge Marie, Reine des Apôtres, je vous accorde de grand cœur la Bénédiction apostolique que j’étends bien volontiers à vos collaborateurs, prêtres, religieux ou laïcs, et à chacun de vos diocèses.

 

François, Pape.

 

Visite ad Limina Apostolorum: Saint-Père et Mgr Nicolas Djomo, Bishop de Tshumbe et Président de la CENCO. Poignée de mains entre le Saint-Père et le Bishop de Tshumbe.
Visite ad Limina Apostolorum: Saint-Père et Mgr Nicolas Djomo, Bishop de Tshumbe et Président de la CENCO. Poignée de mains entre le Saint-Père et le Bishop de Tshumbe.

Visite ad Limina Apostolorum: Saint-Père et Mgr Nicolas Djomo, Bishop de Tshumbe et Président de la CENCO. Poignée de mains entre le Saint-Père et le Bishop de Tshumbe.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:40

La réunion du Comité permanent,organe exécutif de la Conférence Episcopale nationale du Congo (CENCO) a pris fin ce jeudi 19 juin ; cette réunion s’est tenu au Centre d’accueil Caritas-Congo à Kinshasa. Bien avant la cérémonie de clôture, les évêques membre de cet organe ont eu la visite du Premier Ministre Augustin MATATA MPONYO.

 

Conscient de la place que l’Eglise Catholique occupe dans les actions de développement de la RD Congo, Son Excellence Monsieur le Premier Ministre a voulu donner aux évêques des informations sur l’ensemble des actions menées par son Gouvernement dans différents domaines à savoir : la stabilité du cadre macroéconomique, la régularité de la paie des fonctionnaires de l’Etat, la gratuité de l’école primaire et secondaire, les équipements hospitaliers, la construction et la réhabilitation des routes pour réunifier le pays, la réhabilitation du transport  ferroviaire, etc.

 

Yann MUNGANGA

 

PM MATATA PONYO AU CP CENCO

PM MATATA PONYO AU CP CENCO

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 11:58

Les réunions statutaires de la CENCO ont commencé ce mardi 10 juin2014.

 

Les évêques membres de chaque commission vont se réunir du 11 au 13 juin 2014 pour étudier les dossiers à soumettre au Comité permanent et à l’Assemblée plénière.

 

Le Comité permanent aura lieu du 16 au 20 juin 2014, tandis que l’Assemblée plénière du 23 au 27 juin 2014.

 

Yann MUNGANGA

DÉBUT DES RÉUNIONS STATUTAIRES DE LA CENCO
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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 09:38

Mgr Nicolas Djomo, Président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) et Évêque de Tshumbe, a procédé le vendredi 31 janvier 2014 à la pause de la première pierre à l’endroit où sera construit le nouvel immeuble de la CENCO. Situé au croisement des Huileries et Tombal-Bay dans la commune de la Gombe, cet immeuble abritera plusieurs services dont un restaurant.

 

 

Yann MUNGANGA.

Mgr Nicolas DJOMO, Président, à la pause de la première pierre pour le nouvel immeuble de la CENCO

Mgr Nicolas DJOMO, Président, à la pause de la première pierre pour le nouvel immeuble de la CENCO

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 10:48
En réunion du Comité Permanent, du 24 au 27 février 2014 à Kinshasa, les Evêques  Catholiques de la République Démocratique du Congo ont passé en revue la situation du pays. Après avoir examiné la feuille de route du cycle électoral présenté dernièrement par la Commission Electorale Nationale Indépendante, ils ont estimé que le suffrage indirect aux élections provinciales et locales serait de nature à compromettre la jeune démocratie congolaise et lui ont opposé une fin de non-recevoir. In extenso le communiqué du Secrétariat Général.
 
1. Réunis en Comité permanent du 24 au 27 février 2014, les  Archevêques et Evêques membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) se sont penchés entre autres sur la situation de notre pays. lls ont rendu grâce à Dieu pour tant d’événements heureux survenus dans notre pays, notamment la tenue des concertations nationales et la mise sur pied d’un Comité de suivi des résolutions issues de ces concertations, l’accalmie observée dans les zones jadis occupées par le M23, les efforts qui se poursuivent pour rétablir la sécurité dans le pays, en particulier dans le Nord et Sud-Kivu ainsi que dans le Katanga.
 
2. lls ont également examiné les options de la feuille de route du cycle électoral 2013-2016 présentée par la Commission Electorale Nationale lndépendante (CENI) ainsi que sa planification pour la fiabilisation du fichier électoral et la stabilisation des cartographies opérationnelles.
 
3. Considérant que le cycle électoral en cours constitue un enjeu fondamental et décisif  pour la construction d’un Congo réellement démocratique, apaisé et porteur des nouvelles possibilités de développement et, préoccupés par le dépassement du mandat des députés provinciaux et des sénateurs ainsi que par le dysfonctionnement institutionnel et la crise de légitimité dans les entités territoriales et urbaines de base:
 
4. Les Evêques recommandent l’apurement des arriérés électoraux comme gage de l’assise de la démocratie et du renforcement de la cohésion nationale.
 
5. Ils demandent à cet effet, la tenue des élections provinciales au premier trimestre 2015 afin de mettre en place des institutions légitimes.
 
6. Ils recommandent que les opérations de fiabilisation du fichier électoral en cours et la stabilisation des cartographies opérationnelles s’effectuent de manière transparente et consensuelle afin de rassurer tout le peuple congolais.
 
7. Ils estiment que l’hypothèse des élections des Conseillers urbains, bourgmestres, Chefs des secteurs, Maires ainsi que des Députés  provinciaux au suffrage indirect est de nature à compromettre le processus de consolidation de notre jeune démocratie. Car, le Souverain primaire se verrait ainsi mis en marge du processus de désignation de ses gouvernants et son droit de participer directement à la vie publique s’amenuiserait. Dans l’hypothèse d’un suffrage indirect, la crainte de manipulation et de corruption des électeurs est beaucoup plus grande.
 
8. Ainsi, conformément aux prescrits de la Constitution en son article 197, les Evêques demandent avec empressement que les élections au niveau provincial tout comme les élections municipales, urbaines et locales soient au suffrage universel direct, afin de promouvoir la démocratie à la base en renforçant le contrôle du peuple sur ses représentants.
 
9. Tenant compte du coût que ces élections entraînent, les Evêques estiment qu’il est avantageux de coupler les élections provinciales et locales. Dans la perspective de garantir la souveraineté de notre Etat, le Gouvernement de la République devrait prévoir, dans son budget, les dépenses inhérentes à ces élections avant de compter sur l’appui financier de ses partenaires traditionnels.
 
10. Les Evêques en appellent à la volonté politique de nos gouvernants et à la mobilisation de toute la population congolaise pour que le processus électoral se passe dans la paix et la vérité, dans la transparence et le respect des délais constitutionnels.
 
11. Afin de garantir la réussite totale du processus électoral en cours, les Evêques invitent la communauté internationale, en particulier la Monusco, à s’impliquer davantage dans l’appui financier et logistique de prochaines élections.
 
12. L’Eglise catholique, fidèle à sa mission évangélisatrice, accompagnera par la prière, la formation à l’éducation civique ce processus électoral dont dépend l’avenir de la nation congolaise.
 
13. En cette année du cinquantenaire du martyre de la Bienheureuse Anuarite, les Evêques élèvent leurs prières au Dieu Tout-puissant pour que les prochaines élections consolident notre démocratie et inscrivent notre pays dans le registre des nations respectables et dignes.
 
Fait à Kinshasa.
Pour les Evêques membres du Comité permanent de la CENCO,
 
Abbé Léonard Santedi
Secrétaire Général de la CENCO
 
Le "non ferme" de la CENCO au suffrage indirect.
Le "non ferme" de la CENCO au suffrage indirect.
Le "non ferme" de la CENCO au suffrage indirect.
Le "non ferme" de la CENCO au suffrage indirect.

Le "non ferme" de la CENCO au suffrage indirect.

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 22:08

COMMUNIQUE DE PRESSE DES EVEQUES DE LA CONFERENCE EPISCOPALE

NATIONALE DU CONGO (CENCO)

A L’ISSUE DE LEUR 50ème ASSEMBLEE PLENIERE

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Réunis en Assemblée Plénière à Kinshasa, les évêques catholiques de la République Démocratique du Congo se sont penchés sur certains dossiers socio-politiques du pays. Ils ont profité de cette occasion pour réaffirmer à l'intention de l'opinion tant nationale qu'internationale qu’ils n’ont présenté aucun ecclésiastique à la Commission Électorale Nationale Indépendante.

  1. Réunis à Kinshasa, du 24 au 28 juin 2013, pour leur 50èmeAssemblée plénière, Son Éminence le Cardinal, les Archevêques et Évêques, membres de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), ont rendu grâce à Dieu pour le chemin parcouru par l'Église-famille de Dieu en RD Congo. Ils ont demandé au Très-Haut de continuer à bénir leur labeur apostolique pour la gloire de son nom et le salut du peuple de Dieu confié à leur sollicitude pastorale.
  2. Au cours de ces assises tenues en cette Année de la foi, et dans le but de raviver et de raffermir la foi des fidèles, ils leur ont adressé une exhortation pastorale intitulée «Seigneur augmente en nous la foi».
  3. A la suite du Synode sur la Nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi, ils ont levé l’option de poursuivre la mission évangélisatrice par une approche thématique. Aussi, compte tenu de tous les défis auxquels la famille, cellule de base de la société et église domestique, est confrontée, ils ont arrêté d’approfondir ce thème au cours de leurs prochaines réunions.
  4. Durant leurs travaux, une délégation de l’Assemblée a été reçue par Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Augustin Matata Ponyo. Les échanges avec lui ont porté sur la paie des salaires des enseignants. Comme pasteurs vivants au milieu du peuple congolais, ils ont partagé au Chef du Gouvernement les souffrances des enseignants éloignés des structures bancaires et qui ne reçoivent plus leur salaire à temps. Ils ont examiné avec lui la possibilité de continuer, à travers leur structure Caritas-Congo, à rendre le service de la paie des enseignants dans les territoires, secteurs et groupements identifiés et encore impayés jusqu’à cette date.
  5. Les Evêques de la CENCO ont examiné la situation tragique de trois prêtres assomptionistes: pères Jean-Pierre Ndulani, Anselme Wasikundi et Edmond Bamutupeet de nombreux autres compatriotes enlevés dans le Diocèse de Butembo-Beni. Ils ont réitéré l’appel pour leur libération. Pour ce faire, ils demandent instamment au Gouvernement de la République de prendre cette situation en mains pour identifier les ravisseurs, retrouver et libérer tous ces otages. Ils lui suggèrent de constituer un Comité de crise chargé de la gestion de cette question jusqu’à la libération effective de tous ces compatriotes enlevés. Ils sollicitent également l’implication ferme de la Monusco pour trouver solution à cette tragédie. Conformément à son mandat d’assurer la protection de la population civile et compte tenu des moyens dont elle dispose, les évêques restent convaincus que la Monusco est en mesure de contribuer efficacement à la libération de tous ces otages.
  6. Au cours de leurs échanges, les Évêques ont déploré la misère du peuple qui s’approfondit du jour au jour et les maigres salaires des fonctionnaires. Au regard de l’écart criant entre les salaires au sein des Institutions de l'Etat, les Évêques invitent le Gouvernement à plus d’effort pour l’amélioration des conditions de vie de la population. Ils demandent à tous les Élus du peuple de se soucier davantage de la population qui les a élus. Ils estiment inadmissible que les élus se préoccupent plus de leurs salaires et émoluments alors que le peuple croupit dans la misère.A cet effet, ils demandent que soit mise sur pied une commission d’harmonisation des salaires et émoluments au sein des institutions de l'Etat.
  7. Les Évêques de la CENCO saisissent cette occasion pour réaffirmer leur détermination à s’opposer fermement à toute tentative de modification de l’Article 220 de notre Constitution qui stipule: «la forme républicaine de l'Etat, le principe de suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle». Par conséquent, les Évêques demandent aux fidèles et aux hommes de bonne volonté de demeurer vigilants et prêts à faire échec à toute manœuvre éventuelle de modification de la Constitution en ses articles verrouillés. Le respect de la loi fondamentale de  notre pays constitue le socle de notre jeune démocratie et le gage de la stabilité de notre pays. Ils espèrent que les concertations en perspective y veilleront absolument.
  8. Par ailleurs, la 50èmeAssemblée plénière a confirmé la mise au point de la CENCO donnée par son Secrétariat général le 13 mai 2013. Cette mise au point rappelait les normes de l'Église catholique et la position commune des Évêques de la CENCO qui interdisent formellement aux ecclésiastiques dans notre pays de prendre activement part aux partis politiques et associations à caractère politique ainsi qu’à la direction des institutions étatiques, quel qu’en soit le niveau, chargées d’organiser les élections dans notre pays. En cohérence avec ces normes, les Évêques réaffirment qu’ils n’ont présenté aucun ecclésiastique à la Commission Électorale Indépendante (CENI).
  9. Partant, le cas de Mr l’Abbé Apollinaire Malumalu, prêtre du Diocèse de Butembo-Beni qui a opté d’œuvrer au sein de la CENI sera pris en charge par son Évêque qui appliquera à son endroit les sanctions canoniques qui s’imposent.
  10. Peinés par le cas très regrettable de l’engagement de Mr l’Abbé Malumalu à la CENI, les Évêques de la CENCO l’ont, pour leur part, démis de sa fonction de Directeur Général de l’Institut Panafricain Cardinal Martino (IPCM).
  11. Ce cas déplorable a donné aux Évêques membres de la CENCO, l’opportunité d’exhorter et de rappeler à tous les ecclésiastiques (prêtres, religieux et religieuses) la noblesse de leur identité dans l'Église et l’impératif d’honorer ses exigences dans leur vie et leur ministère.
  12. Les Évêques de la CENCO annoncent la tenue dans notre capitale du 2 au 3 juillet de l’Assemblée plénière de l’Association des Conférences Épiscopales de l’Afrique Centrale (ACEAC). Ils remercient notre Gouvernement pour son aide leur apportée dans l’organisation de la 16èmeAssemblée du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et Madagascar (SCEAM) qui se tiendra à Kinshasa du 9 au 14 juillet 2013. Au terme de ces travaux, les Évêques continuent de prier le Seigneur pour notre pays, pour la paix et le progrès de toute la population congolaise.

P.S. Pour écouter le Porte-Parole de la CENCO, cliquez d'abord sur link et ensuite sur play.

 

Fait à Kinshasa, le 29 juin 2013.

 

Abbé Léonard SANTEDI

Secrétaire général de la CENCO

 

 

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 11:31

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        Pape François, Évêque de Rome

  Souverain Pontife de l'Église Catholique romaine 

 

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       Mgr Nicolas DJOMO, Évêque de Tshumbe

                     Président de la CENCO

 

       

 

  

 

 

Très Cher Saint-Père,

 

 

 

L'Église Famille de Dieu qui est en République Démocratique du Congo a accueilli avec joie votre élection comme Souverain Pontife de l'Église Catholique romaine. Elle a vu en ce choix porté sur votre personne un don de Dieu pour son Église et pour toute l’humanité.

 

Ainsi, au nom de tous les Évêques membres de la Conférence Épiscopale nationale du Congo (CENCO) et à mon nom propre, je vous présente nos vives félicitations. Tout le Peuple de Dieu qui est en République Démocratique du Congo s’unit à moi pour implorer Dieu de vous combler des grâces nécessaires pour l’accomplissement de votre mission et que la Très sainte Vierge Marie, Mère de l'Église vous accompagne dans votre ministère.

 

Veuillez croire, Très Cher Saint-Père, à notre indéfectible attachement au Successeur de Pierre et à nos ferventes prières pour votre personne et pour votre charge pastorale.

 

 

Fait à Kinshasa, le 14 mars 2013

 

 

† Nicolas DJOMO

Évêque de Tshume

Président de la CENCO

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 13:00

Cardinal-L.-Monsegwo--Mgr-N.-Djomo-et-Joseph-KABILA.jpgTrès préoccupés par la vie politique, socio-économique et sécuritaire du pays, les Archevêques et Evêques, membres du Comité permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), réunis en session ordinaire à Kinshasa,  ont adressé un mémorandum au Président de la République pour attirer son atention sur l'état actuel de la nation. S'opposant à toute tentative de modification de l'article 220, la CENCO persiste et signe: "Le respect de l’ordre constitutionnel doit être observé par tous". Néanmoins, ils estimenet que la crise que connait la RDC s’est aggravée à travers les violences qui ont conduit à l'Est du pays à des situations tragiques liées à la prise et à l’occupation de la ville de Goma par le M23 (Mouvement du 23 Mars). Il en va de la responsabilité du pouvoir organisateur qui est lourdement engagée.

 

 

Préambule

 

Excellence Monsieur le Président de la République,

 

 

 

1. Dans votre discours du 15 décembre 2012 sur l’état de la Nation, vous avez annoncé une initiative noble et louable en vue de renforcer la cohésion nationale. Nous, Archevêques et Evêques, membres du Comité permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), réunis en session ordinaire à Kinshasa du 18 au 22 février 2013, saisissons cette occasion pour joindre notre voix à celle d’autres Congolais en vue d’apporter la contribution de l’Eglise catholique pour sa concrétisation.

 

2. Votre promesse a suscité plusieurs attentes au sein de toutes les couches de la population congolaise en général et de la classe politique en particulier. L’idée d’un dialogue a émergé et elle est accueillie par d’aucuns comme voie de sortie de la crise qui secoue notre pays depuis la publication des résultats des élections de novembre 2011. Cette crise s’est aggravée à travers les violences dans l’Est de notre pays. Ces violences ont conduit à des situations tragiques liées à la prise et à l’occupation de la ville de Goma par le M23.

 

3. Nous estimons, comme déjà affirmé dans nos précédents messages et déclarations[1], que le dialogue est une voie royale et pacifique de sortie de crise. Il est un élément constitutif de tout système démocratique. Dans le contexte actuel de crise, il convient de bien l’appréhender pour qu’il contribue effectivement à la solution des problèmes qui entravent la bonne marche de notre pays.

 

4. Les signes de cette crise sont multiples. Nous en épinglons les plus saillants qui nous préoccupent le plus  et aggravent les frustrations de la population congolaise.

 

I. NOS PRÉOCCUPATIONS

 

Au plan politique

5. Nous reconnaissons et apprécions à leur juste valeur la volonté et les efforts déployés par le Gouvernement de la République en vue de démocratiser le pays. Nous relevons cependant, un malaise lié au manque de consensus national au lendemain des élections de novembre 2011, dû aux irrégularités dénoncées, aux contestations des résultats et à la manière expéditive dont la Justice s’est employée à résoudre les contentieux électoraux. Jusqu’à ce jour, le processus électoral demeure inachevé. Les élections locales qui devraient aider à construire la démocratie à la base et à rapprocher ainsi le peuple de ses gouvernants sont de nouveau hypothéquées[2]. La responsabilité du pouvoir organisateur est lourdement engagée. La décentralisation prescrite dans la Constitution tarde à se concrétiser.

 

6. De nombreux partis politiques, facilement agréés, évoluent sans projet de société fiable, car ce qui semble les intéresser, c’est la conquête du pouvoir pour le pouvoir. Ceci constitue une entrave sérieuse à notre jeune démocratie.

 

7. Certaines organisations de la Société civile, au lieu de remplir leur mission de défendre les intérêts du peuple, se laissent récupérer par les partis politiques pour des ambitions politiques et des profits matériels.

 

Au plan socio-économique

8. Nous constatons des efforts réels pour la maîtrise de l’inflation et la stabilisation du cadre macro-économique. Mais, la création des industries de transformation de nos matières premières fait défaut et l’investissement dans le domaine agricole n’est pas encore à la hauteur des besoins du pays. Par conséquent, le degré de pauvreté de notre population a atteint des proportions qui nous inquiètent et nous préoccupent comme Pasteurs. Pendant ce temps, nous continuons d’assister à une économie prédatrice et extravertie.

 

9. L’élaboration d’une politique nationale de gestion des ressources naturelles pour le bien-être du peuple congolais et le développement du pays, ainsi que la connaissance de la valeur précise de ces ressources, demeurent une préoccupation permanente. Cela donne l’impression que le pays navigue à vue, sans repères pour une gestion durable de ses richesses. Ceci l’expose à toute forme de pressions des multinationales et de certaines puissances avides d’accéder aux ressources minières, pétrolières ainsi que forestières et de les contrôler.

 

10.  En même temps, la mise en œuvre du plan de développement des infrastructures peine à se concrétiser. Des populations ont le sentiment d’être abandonnées par l’Etat, surtout dans les zones frontalières où la tentation de céder aux cris des sirènes qui promettent la libération, est considérable.

 

11.  Les besoins de base, notamment l’alimentation, la santé, le logement et l’éducation ne sont pas suffisamment pris en compte par le programme du Gouvernement.

 

12.  La rétrocession et la péréquation qui devraient garantir le développement des provinces et la solidarité nationale ne sont pas respectées. Cela ne fait qu’aggraver les frustrations dans les provinces.

 

Au plan sécuritaire

13.  Il y a plus de dix ans que le Gouvernement travaille à mettre sur pied une armée républicaine. Des avancées sont perceptibles mais des efforts doivent être poursuivis pour atteindre les résultats escomptés. Car, avec une armée forte et dissuasive l’on neutraliserait les groupes armés qui prolifèrent et sèment la mort et le désarroi, surtout en des endroits économiquement dotés des richesses naturelles. La présence de ces groupes armés dans des zones d’exploitation des ressources naturelles déstabilise et insécurise la population riveraine. Tous les conflits se déroulent dans les couloirs économiques et autour des puits miniers[3].  

 

14.  Le souci de moderniser notre Police nationale est réel. Mais il convient de renforcer sa formation et son équipement pour lui permettre de lutter plus efficacement contre la violence urbaine 

 

15.  La Justice, l’un des piliers d’un Etat de droit, ne rassure pas le peuple en RD Congo faute d’indépendance vis-à-vis des autres pouvoirs. De nombreux observateurs avertis notent que le système judiciaire congolais est marqué par une corruption éhontée et l’impunité[4]. Alors que la Constitution prévoit l’éclatement de l’actuelle Cour Suprême de Justice en trois juridictions (Cour constitutionnelle, Cour de cassation et Conseil d’Etat), aucune de ces juridictions n’est encore installée.

 

Excellence Monsieur le Président de la République,

 

16.  Ces préoccupations majeures sont à la base de la fragilisation de la cohésion nationale, du retard dans la consolidation de la démocratie et du développement tant attendus par tous les Congolais.

 

II. NOS PROPOSITIONS

 

17.  Malgré ces signes de crise, nous restons persuadés qu’un lendemain meilleur est toujours possible et à la portée de la RD Congo. Cet espoir ne deviendra réalité que par l’engagement sincère de tous et de chaque Congolais dans l’édification de notre pays. Toutes les forces vives de la Nation appelées au dialogue, ont à apporter leur concours dans la construction d’un Congo réellement démocratique. Mais, elles doivent s’engager sincèrement, de prime abord, dans le respect de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de l’ordre constitutionnel.

 

Dans le domaine politique

18.  Le respect de l’ordre constitutionnel doit être observé par tous. C’est le gage de la cohésion et de l’unité nationales. La CENCO est fermement opposée à toute tentative de modification de l’article 220, article verrouillé dans notre Constitution qui stipule : «La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle». A cet effet, nous nous engageons à sensibiliser la population congolaise pour qu’elle comprenne l’importance de cet article pour la stabilité du pays.

 

19.  La cohésion nationale doit être fondée sur les valeurs républicaines, notamment l’amour de la patrie, la justice, la paix et le travail qui doivent être partagées et défendues par tous les Congolais. C’est pour cette raison que l’esprit de division et d’ethnicisation des problèmes sociopolitiques ne rime pas avec ces valeurs.

 

20.  Que le Gouvernement nomme à des responsabilités dans la gestion de la chose publique des personnes capables et honnêtes. Car, il n’est pas acceptable que ceux qui exercent les pouvoirs publics se plaignent avec le peuple de ce qui ne va pas dans leur juridiction. Qu’ils prennent au contraire leurs responsabilités, qu’ils punissent les coupables et qu’ils récompensent les bons et loyaux citoyens[5].

 

21.  Il faut également souligner que le renforcement de l’autorité de l’Etat est encore à promouvoir de manière à rassurer toute la population congolaise et à la sécuriser. Car, l’Etat n’est pas un concept creux. Il implique tout un ensemble de droits et d’obligations vis-à-vis du peuple. De son côté, le peuple, tout en exigeant le respect de ses droits, est dans l’obligation de reconnaître et de remplir ses propres devoirs vis-à-vis de l’Etat.

 

22.  Le processus de décentralisation doit se poursuivre. Cependant, il doit être bien planifié, profondément étudié pour ne pas servir de prétexte à la balkanisation et à des velléités sécessionnistes. A cet effet, les textes juridiques prévus par la Loi fondamentale appellent des précautions nécessaires pour éviter tous ces pièges et la mise sur pied des structures inefficaces, improductives et inutilement coûteuses[6].

 

23.  La loi révisée de la CENI ne donne pas de garanties suffisantes de son indépendance et de son impartialité. Il renferme des germes de conflictualité dans le fonctionnement du bureau de la CENI. Il importe de dépolitiser cette instance pour crédibiliser les futures élections dans notre pays.

 

Dans le domaine socio-économique

24.  L’avenir harmonieux de notre pays exige une économie de développement au grand profit de l’homme congolais. Cela requiert que l’on investisse dans l’alimentation, la santé, l’habitat et l’éducation.

 

25.  Un plan d’industrialisation des secteurs minier, forestier et des hydrocarbures doit être promu. Il permettra la création d’emplois, le développement des infrastructures et l’augmentation de la richesse. Et grâce à une bonne gestion, le Gouvernement sera en mesure d’assurer un salaire juste et digne ainsi qu’une sortie de retraite honorable à tous ses fonctionnaires notamment, les enseignants, le personnel médical, les militaires et les policiers.  

 

26.  La lutte contre la corruption, la fraude et l’évasion fiscale doit être menée efficacement, impartialement et sans complaisance. L’exemple doit venir d’en haut. C’est pourquoi il revient au Gouvernement et au Parlement de donner en premier l’exemple de respect du principe de reddition des comptes.

 

Dans le domaine sécuritaire

27.  En vue de la réforme de nos Forces armées, un état des lieux est tout indiqué comme prioritaire pour lever des orientations fondamentales à la mise sur pied d’une armée républicaine. Pour atteindre ce résultat, des primes de guerre ou des privilèges à un groupe, quel qu’il soit, devraient être évités.

 

28.  L’équipement et la formation de la Police méritent une attention particulière du Gouvernement en vue d’assurer la sécurité des populations victimes des violences dans les cités et les villes. 

 

29.  Les trois juridictions prévues dans notre Constitution, à savoir la Cour constitutionnelle, la Cour de cassation et le Conseil d’Etat, devraient être instituées.

 

CONCLUSION

Excellence Monsieur le Président de la République,

 

30.  La Nation se trouve à un tournant décisif : elle peut réussir un avenir meilleur si toutes ses forces vives s’engagent à respecter les règles de la démocratie et à observer scrupuleusement l’ordre constitutionnel. C’est pourquoi, dans le contexte qui est le nôtre, nous réaffirmons que notre Constitution, qui a fait l’objet d’un consensus national par un referendum et qui est le socle de notre démocratie, ne doit pas être modifiée en son article 220. Nous en appelons vivement à la sagesse et à la responsabilité de tous les élus.

 

31.  Notre vœu est que le dialogue envisagé affronte avec courage et sincérité les préoccupations vitales de la Nation. Dans le respect des opinions des uns et des autres, que l’on promeuve le bien suprême de la Nation. La refondation morale de notre société doit demeurer au centre des préoccupations de tous, car sans éthique dans l’agir politique, il est difficile à la RD Congo de progresser et de se développer.

 

32.  Avec foi et espérance en Dieu dont l’amour absolu nous est révélé de manière éminente dans la croix de son Fils Jésus-Christ, nous lui confions par l’intercession de la Vierge Marie, Notre Dame du Congo, le peuple congolais et tous ses gouvernants.

 

33.  Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération et de nos sentiments dévoués en Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

Fait à Kinshasa, le 22 février 2013

Les membres du Comité Permanent.-



[1] Cf. CENCO, Le peuple congolais a faim et soif de justice et de paix. Le courage de la vérité (cf. 2 Co 7, 14). Message de l’Assemblée plénière extraordinaire de la CENCO aux fidèles catholiques et à l’ensemble du peuple congolais, 11 janvier 2012,  n. 6 ; CENCO, Peuple congolais, lève-toi et sauve ta patrie. Fidélité à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale de la RD Congo (cf. 1Ma 14, 35). Message du Comité permanent de la CENCO sur la situation sécuritaire dans notre pays, 5 décembre 2012.

[2] Cf. CENCO, Année électorale : que devons-nous faire ? (Ac 2, 37). Exhortation du Comité permanent de la CENCO aux fidèles catholiques, aux hommes et aux femmes de bonne volonté, 25 février 2011, n. 6.

[3] CENCO, La RD Congo pleure ses enfants, elle est inconsolable (Cf Mt 2, 18). Déclaration du Comité permanent des Evêques sur la guerre dans l’Est et dans le Nord-Est de la RD Congo, 13 novembre 2008, n. 4.

[4] Cf. CENCO, « La justice grandit une nation » (cf Pr 14, 34). La restauration de la Nation par la lutte contre la corruption. Message aux fidèles catholiques, aux hommes et aux femmes de bonne volonté à l’occasion du 49è anniversaire de l’indépendance de la RD Congo, 10 juillet 2009.

[5] Cf. Conférence Episcopale du Zaïre, Pour une Nation mieux préparée à ses responsabilités. Message des Evêques du Zaïre aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté, n. 23.

[6] Cf. CENCO, A vin nouveau, outre neuve (Mc 2, 22). Ne pas décevoir les attentes de la nation. Message de la CENCO à l’occasion du 47è anniversaire de l’indépendance, 7 juillet 2007, n. 18.

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