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  • : DIOCÈSE DE TSHUMBE
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  • : Église Catholique au Sankuru, en République Démocratique du Congo.
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  • Pierre Claude OKONDJO
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 10:56

(AfriSCOOP) —Jeudi dernier, la Ceni de la Rdc a donné les résultats provisoires des législatives organisées dans ce pays le 28 novembre dernier. Sans vergogne, la Ceni congolaise a proclamé les chiffres qu’avaient décriés par avance plusieurs scrutateurs indépendants des scrutins du 28 novembre 2011 en Rdc, dont l’Eglise catholique…

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De Gauche à Droite: Etienne Tshisekedi,Cardinal Monsengwo et Joseph Kabila

(photo:Africa News).

Pour une fois au cours de ces deux dernières décennies, l’Eglise catholique dans un pays d’Afrique francophone n’a plus eu froid aux yeux. Bien que critiqué au vitriol et “sali” publiquement à plusieurs reprises par des membres du gouvernement congolais, le cardinal Monsengwo, principale figure de proue de l’Eglise catholique en Rdc est resté ferme sur les résultats de l’observation de ses ouailles autour des scrutins présidentiel et législatives organisés fin novembre 2011. Grosso modo, la Mission catholique d’observation électorale au pays de Patrice Lumumba a prié instamment la Ceni de proclamer la vraie vérité des urnes.


«Tôt ou tard, la vérité rattrape toujours le mensonge et le dépasse », enseigne l’adage. A la faveur de la publication des résultats provisoires des législatives du 28 novembre 2011, les Congolais ont un peu plus été fixés sur les FRAUDES HISTORIQUES mises en œuvre dans leur pays, fin 2011… Comment peut-on accorder une once de crédibilité à un scrutin législatif qui donne vainqueur un parti dans une ville dans laquelle les électeurs ont voté pour une autre formation le même jour lors de la présidentielle ? Ce fut le cas à Kinshasa où l’Udps (principale formation d’opposition) a été plébiscité durant la présidentielle mais, contre toute logique, a été défait pendant les législatives par le Pprd (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, au pouvoir). Que dire et penser des multiples dénonciations de fraudes patentes, même dans le camp des partis alliés du Pprd ? Comme si les Congolais souffraient d’une pernicieuse cécité politique, ils ont élu, selon la Ceni, 300 députés Pprd sur les 500 sièges de l’Assemblée nationale…


Pour l’histoire

Joseph Kabila et le Pprd sont désormais embarqués dans des mandats illégitimes (au sommet de l’exécutif et au Parlement). Ce n’est pas le principal enseignement à tirer des dernières élections en Rdc. Mais il s’agit plutôt de mettre en lumière la détermination d’un prélat en Afrique francophone à exiger le triomphe de la vérité électorale. Chose rare en Afrique où ces dernières années des évêques du Togo et de la Côte d’Ivoire se sont déchirés sur la position à adopter devant une joute électorale manifestement émaillée de fraudes. Même si la Mission catholique d’observation électorale n’a pas publié les résultats en sa possession en Rdc, elle a au moins eu le mérite d’afficher le fossé qui existe entre sa lecture des élections et celle opérée par le gouvernement congolais…


Rien que pour avoir adopté cette posture, le cardinal Monsengwo mérite d’être félicité et encouragé en Afrique francophone. Si et seulement si les évêques ouest-africains qui viennent de se réunir en Côte d’Ivoire pouvaient dorénavant marcher sur les plates bandes du prêtre congolais. L’unité prônée chez les catholiques passe nécessairement par la vérité.

 

Achille NGUETI

La Rédaction AfriSCOOP. Source: http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?article5041


LE GROUPE AFRISCOOP-Infos à chaud - Révélations - Analyses

Basé en Suisse et une rédaction très dynamique à Dakar, Le groupe AfriSCOOP dispose d’un solide réseau de correspondants et d’experts dans les principales villes africaines.

Le Quotidien en ligne, fréquenté quotidiennement par plus de vingt mille internautes, est devenu une référence sur le continent.

En effet dans un contexte de changement de régime politique en Afrique, AfriSCOOP compte contribuer efficacement à renforcer la dynamique de transparence et de démocratie lancée par les africains. Sa bonne planification stratégique et une bonne gestion quotidienne des activités du site web, contribuent à l’amélioration de la qualité de l’information en Afrique, avec un portail de l’information en temps réel.

Adresse URL: http://www.afriscoop.net/journal/?page=quisomme-nous

 

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 11:22

Décidés de vouloir construire une société congolaise moderne respectée de par le monde entier et où se côtoient justice, éthique, démocratie, droits de l’homme et autres valeurs républicaines, les sénateurs de la République Démocratique du Congo, patriotisme oblige, déclarent ne pas reconnaître les résultats des scrutins du 28 novembre 2011 .

RDC-mon-pays.jpg

 

DECLARATION DES SENATEURS SUR LE PROCESSUS ELECTORAL

 

Effets-CENI.jpg


Ceni-2011-KO.jpg


CENI tricherie

Nous, sénateurs de la première législature de la troisième République, avons, depuis mai 2007, pris une part active à l’élaboration des lois, au contrôle de l’Exécutif, des entreprises publiques ainsi que des établissements et services de l'Etat conformément à l’article 100 alinéa 2 de la Constitution.

 

Dans le cadre de cette mission, nous avons vainement, au cours des années 2010 et 2011:

  • plaidé pour l’institution de deux organes au sein de la CENI, à savoir : une plénière et un bureau ainsi que pour l’intégration en son sein de la société civile afin de garantir l’indépendance et la transparence;
  • dénoncé et boycotté le Congrès convoqué pour modifier la Constitution en vue de l’instauration du scrutin présidentiel à tour unique, faisant ainsi reculer la démocratie dans notre pays;
  • condamné l’instauration progressive d’un parti unique sur le territoire national par l’enrôlement obligatoire de tout le personnel de l’Etat et des entreprises publiques dans le parti présidentiel (art. 7 de la Constitution);
  • proposé de renforcer les conditions d’accès aux fonctions électives à l’effet de rehausser le niveau des compatriotes appelés aux charges publiques;
  • exigé l’audit du fichier électoral et la révision du calendrier afin de garantir la transparence et l’apaisement du processus.

 

Malgré les réticences, conseils et recommandations, la CENI, totalement soutenue par le gouvernement, a organisé quand même le scrutin le 28 novembre 2011. Qu’avons-nous constaté avant, pendant et après le scrutin?

 

En période de campagne électorale, la CENI a violé plus d’une fois et intentionnellement la loi électorale du 25 juin 2011. Il y a lieu de signaler notamment:

a) le traitement complaisant des dossiers de candidature introduits par les candidats des partis proches du pouvoir, le personnel et les mandataires de l’Etat ayant figuré en grand nombre sur les listes électorales au mépris des dispositions des articles 5, 6, 7, 9, 10, 12, 13, 15, 16, 17, 18, 19, 20 et 21;

b) la publication hors délai des listes des candidats (art. 25);

c) l’utilisation abusive des ressources humaines, matérielles et financières de l’Etat à des fins de propagande par les candidats du pouvoir : Président sortant, ministres, gouverneurs de province, mandataires publics (art. 36);

d) l’apposition des affiches sur les édifices publics notamment sur la Tour de la RTNC, les immeubles ex-SABENA, le Stade des Martyrs et partout à l’intérieur du pays (art. 30);

e) l’affichage des listes électorales la veille du scrutin contrairement au délai légal de 30 jours (art.8);

f) la monopolisation des médias publics, particulièrement la RTNC, par le Président de la République et les candidats des partis affiliés au pouvoir (art. 33);

g) le refus de donner accès au fichier électoral tant aux partis de l’opposition qu’à la société civile.

 

Le 28 novembre 2011, le scrutin fut émaillé de graves irrégularités et de plusieurs incidents remettant en cause la validité des résultats et le classement des candidats tant à l’élection présidentielle qu’aux législatives tels que rendus publics par la CENI. Sans être limitatifs, nous pouvons rappeler les faits suivants:

a) la présence des groupes armés nationaux et étrangers qui ont influencé le vote en faveur du Président sortant, en particulier dans les provinces de l’Est;

b) la localisation et la délocalisation, le jour du scrutin, des centres et bureaux de vote sans tenir compte de la distance à parcourir par les électeurs;

c) le marchandage des bulletins de vote et le bourrage des urnes soit par les autorités politiques et administratives soit par les candidats avec la complicité des agents de la CENI;

d) le nombre scandaleusement élevé des dérogations (plus d’un millions);

e) l’existence dans tous les bureaux des bulletins de vote pré-cochés;

f) le détournement des électeurs analphabètes par les membres des bureaux de vote ou les témoins des partis membres de la majorité présidentielle (art. 85);

g) la mise à sac de certains bureaux de vote par la Garde présidentielle.

 

Après le scrutin du 28 novembre 2011, le vote s’est poursuivi contre toute attente dans plusieurs circonscriptions électorales. Entretemps, nous avons assisté:

a) à l’arrivage des cargaisons de bulletins de vote, particulièrement dans la Province du Katanga;

b) à la suspension, par le gouvernement, de l’émission et de la réception des SMS portant gravement atteinte au droit à l’information garanti aux citoyens et à toute personne résidant en République Démocratique du Congo (art. 24 de la Constitution);

c) au déploiement des forces armées et des matériels de guerre afin d’intimider la population et d’étouffer dans l’œuf toute manifestation, alors que la liberté de manifestation est garantie par l’article 26 de la Constitution;

d) à l’absence des témoins ainsi que des observateurs nationaux et étrangers à toutes les opérations de compilation sur ordre du Bureau de la CENI (art. 40);

e) à l’ordre intimé aux présidents des bureaux de vote de se référer au Bureau de la CENI avant tout affichage des résultats en violation de l’article 68 de la loi électorale;

f) à la disparition de nombreux colis contenant des résultats de vote.

 

L’organisation précipitée des élections du 28 novembre 2011 ne pouvait déboucher que sur des résultats contestables. Diverses organisations de la société civile nationales et internationales ont en effet mis en cause leur fiabilité. La CENI s’est rendue coupable de manipulation éhontée qui fait d’elle une institution partiale, corrompue et d’appui à un système oligarchique.

 

De même, la Cour Suprême de Justice qui a avalisé les résultats frauduleux a démontré son inféodation au pouvoir exécutif en violation flagrante des articles 149 et 150 de la Constitution qui proclament son «indépendance». Pouvait-il en être autrement quand on sait que la plupart des magistrats ont été nommés en toute opacité et ont prêté serment à Lubumbashi deux jours seulement avant le scrutin? Par ailleurs, la loi portant création, organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle, déjà votée par les deux Chambres du Parlement et transmise, le 07 juin 2011, au Président de la République, n’a jamais été promulguée en violation de l’article 140 de la Constitution.

 

La CENI et la Cour Suprême de Justice ont perdu la confiance du peuple. Le Président de la République, maintenu au pouvoir par la fraude, est incapable de rassembler et de promouvoir la justice, l’éthique et la bonne gouvernance. Il ne lui est plus possible de gouverner sans recourir à la violence. Quelles leçons de morale donner aux enfants, écoliers et étudiants, si la fraude devient un mode d’accès aux hautes charges publiques?

 

Nous, sénateurs soussignés, face à une situation qui a jeté l’opprobre sur nos dirigeants et sur notre peuple, conscients de nos responsabilités devant la Nation et l’Histoire, déclarons ne pas reconnaître les résultats des scrutins du 28 novembre 2011.

 

Décidés de vouloir construire une société congolaise moderne respectée de par le monde entier et où se côtoient justice, éthique, démocratie, droits de l’homme et autres valeurs républicaines, recommandons une solution sage et patriotique pour recouvrer notre dignité et redorer notre blason, c’est-à-dire tout annuler et recommencer, car, tout ce qui est corrompu perd toute sa valeur.

 

En conséquence, nous exigeons:

1. la démission immédiate du Bureau de la CENI;

2. l’invalidation des scrutins présidentiel et législatif;

3. la convocation toutes affaires cessantes de la classe politique en vue d’instaurer un dialogue nécessaire devant aboutir à l’établissement d’une feuille de route pour la sortie rapide de la crise.


Fait à Kinshasa, le 09 janvier 2012

Les Sénateurs de la RDC

1.NDOLELA SIKI KONDE LEOPOLD

2. MOKONDA BONZA FLORENTIN

3. SILUVANGI LUMBA RAPHAËL

4. MUSEMA MAMBAKILA HIPPOLYTE

5. ABIBI AZAPANE-MANGO

6. MONGULU T’APANGANE POLYCARPE

7. MBOMBO ENGONDO SAMUEL

8. MONDOLE LEON

9. LOMBEYA BOSONGO.-


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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 11:50
Monsieur Pierre LOHOHOLA, Professeur d'Universités, citoyen de la République Démocratique du Congo, est chrétien catholique. Ancien Président du Mouvement International des Etudiants Catholiques  pour la RDC(MIEC, en sigle), il est auteur de plusiseurs ouvrages sur la formation des observateurs des élections. Préoccupé par ce qui se passe au sujet des élections de novembre 2011 dans son pays, il adresse une lettre au Président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) pour porter au loin son cri de coeur.

A Son Excellence Mgr DJOMO Nicolas
Président de la CENCO
Kinshasa-Gombe
---------------------
 
Excellence,
 
Je vous écris aujourd’hui en tant que citoyen et je vous adresse, avant tout, mes chaleureuses salutations.

Depuis que vous avez fait dernièrement une sortie médiatique au cours de laquelle vous auriez déclaré que l’Eglise ne va pas publier les résultats des élections du 28 novembre 2011 dont elle a été l’une des observatrices, nous recevons beaucoup de messages exprimant la désolation du peuple congolais et vous qualifiant même de traitre.

En effet, beaucoup de gens (moi y compris) se demandent pourquoi l’Eglise catholique du Congo a-t-elle fait des démarches auprès des organismes pour avoir des moyens financiers dans le but d’organiser une mission d’observation des élections alors qu’elle n’avait pas l’intention de donner un moindre avis desdites élections.

Je ne sais pas quelle est votre réponse à toutes ces attaques et à toutes ces interrogations et inquiétudes de la population mais, en ce qui me concerne, en tant qu’intellectuel et en tant que chrétien catholique, je suis préoccupé par une chose: lorsque vous dites que «les élections, c’est l’affaire des politiciens et que l’Eglise n’a pas à y intervenir», je me pose la question de savoir quel est alors le rôle de l’Eglise? A quel moment doit-elle rendre témoignage? A quel moment le peuple congolais pourra-t-il faire recours à elle? Et je vous demande qu’allez-vous répondre si les politiciens demandent, à leur tour, à l’Eglise de se désengager de l’éducation, de la santé, du social, du développement… qui sont les compétences de l’Etat et donc aussi l’affaire des politiciens? Ma préoccupation est d’autant plus importante lorsque je me replonge dans les lettres encycliques ou autres documents des Pères de l’Eglise comme «Sollicitudo rei socialis, Christi fidelis laici, Rerum novarum… ». Car ces documents encouragent les chrétiens à s’engager dans le domaine politique dans le but d’aider nos pays à aller de l’avant. Lorsque j’étais président du MIEC (mouvement international des étudiants catholiques) pour la RDC, j’avais obtenu de l’argent de l’Action de Carême Suisse pour former des observateurs des élections. La plupart sont des responsables aujourd’hui. Mais, je demandais à mes amis de pouvoir s’engager pour être aussi des candidats puisque, pour moi, il ne sert à rien d’observer les élections des candidats qui n’ont pas la volonté de servir le pays.

Aujourd’hui, je considère que c’était une erreur grave de la part de la CENCO de gaspiller de l’argent en déployant 30.000 observateurs sur le terrain pour rien dans un pays pauvre comme le Congo (dernier dans le classement du PNUD). De la même manière, je considère qu’il est inutile pour le pays de gaspiller énormément de l’argent (350.000.000 USD cette année) dans l’organisation des élections si l’on ne doit pas en considérer les résultats. Autant donner carrément un mandat de 20 ans ou de 30 ans à un président en place et utiliser cet argent pour autre chose.
 
Excellence,
 
Ma peine est de voir qu’aujourd’hui dans notre pays, l’Eglise de Jésus Christ a refusé de rendre témoignage. Elle a refusé de jouer le rôle prophétique que le peuple attend d’elle.
Bon travail !
 
Prof. Dr. Pierre Lohohola Osomba
Kinshasa 
RDC
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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 10:00

Abbe-Jose-MPUNDU.jpgAbbé José MPUNDU, auteur du présent article, est l'un de grands animateurs du "Groupe Amos", créé en 1989; groupe de confession chrétienne qui prend racine dans la philosophie et la spiritualité du prophète Amos pour préconiser la non-violence en réaction aux violations des droits de l'homme et de la démocratie au Zaire, actuelle République Démocratique du Congo, son pays. Le 16 février 1992, il fut co-organisateur de la marche des chrétiens pour réclamer la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) sous le régime du Maréchal Joseph Désiré MOBUTU. Auteur de plusieurs écrits, José MPUNDU a reçu par deux fois, de "Pax Christi International", le prix de la Paix pour son engagement dans le "Groupe Amos". En tant que prêtre, il ne se contente jamais de discours qui sont absents d'action concrète.

 

La plupart des rapports que nous entendons sur les élections du 28 novembre 2011 en RDC, qu’ils viennent des missions d’observations tant internationales que nationales, disent pratiquement la même chose. En résumé, ils disent ceci: «Les élections, d’une manière générale, se sont bien déroulées selon les normes universelles, hormis quelques irrégularités observées par ci par là et des cas de violence avec mort d’hommes, irrégularités qui ne peuvent pas influencer les résultats des urnes ». Ces irrégularités, expliquent les uns et les autres, sont à mettre dans le compte d’une mauvaise préparation ou d’une négligence ou encore d’un manque de professionnalisme de la part des agents de la CENI. Presque tous terminent par inviter les candidats et le peuple à accepter le verdict des urnes qui sera connu le 6 décembre à l’occasion de la proclamation des résultats provisoires par le Président de la CENI.


Ces rapports sont manifestement idéologiquement orientés. Derrière ces rapports officiels obéissant à une certaine idéologie se cache la vraie réalité de nos élections. Pour moi, cette vérité du scrutin du 28 novembre pourrait se résumer en ces termes: des élections bâclées avec une volonté délibérée de tricher dans un climat de violence organisée.
 
Elections bâclées
Durant les cinq années de la législature qui s’achève, nous n’avons pas vu dans le budget de l’Etat une rubrique concernant la préparation des échéances électorales prévues par la constitution du pays.


Bien plus, la mise en place de la CENI qui devait remplacer la CEI s’est faite tardivement et on dirait dans la précipitation et sous une certaine pression tant interne qu’externe. La loi organique portant organisation et fonctionnement de la dite CENI porte en elle les germes du débâcle électoral que nous sommes en train de vivre. En effet, comment espérer avoir une commission nationale électorale indépendante lorsque celle-ci est composée par les politiciens qui vont concourir aux élections et que la majorité au pouvoir soit aussi majoritaire dans le bureau de cette institution? Comment avoir confiance en une institution qui n’a d’indépendance que le nom?


Le calendrier établi et annoncé par la CENI n’a pas été respecté. En effet, à part la date du 28 novembre qui a été maintenue à tout prix, les autres opérations ont toutes connues un grand retard qui normalement devait amener à repousser la date de la tenue du scrutin. Par conséquent, les élections se sont tenues malgré le fait que le matériel électoral n’ait pas été déployé dans tous les centres de vote.


Tout s’est passé dans un climat de précipitation comme si les élections étaient un but en soi et qu’il fallait les tenir même dans le désordre.
 
Volonté délibérée de tricher
Cette volonté de tricher ou de manipuler le processus électoral en faveur d’un candidat a commencé avec la révision cavalière de la constitution en réduisant le nombre de tour du scrutin à un seul tour. Une révision constitutionnelle qui n’a pas fait l’objet d’un référendum populaire et qui a été réalisée dans un climat de corruption avérée.


La révision du fichier électoral a été aussi réalisée dans le même climat de laisser-aller. On a parlé des doublons, des omissions, de la remise des cartes d’électeurs à des enfants, à des policiers et militaires ainsi qu’à des étrangers. La résistance opposée par la CENI à la demande d’un audit du fichier électoral s’inscrit dans le même cadre d’une volonté de tricher.


Durant le déroulement du scrutin, la présence des bulletins de vote déjà cochés en faveur d’un candidat est une preuve de cette volonté de tricher. On ne peut pas parler ici d’une simple irrégularité. Comment ces bulletins se sont-ils retrouvés entre les mains de ces particuliers ? Qui les leur a donnés?


L’exclusion ou la mise à l’écart de certains témoins des bureaux de vote ainsi que l’enlèvement de certaines urnes par des éléments armés pour des destinations inconnues sont aussi autant des preuves de fraude électorale.
 
Elections dans un climat de violence organisée
Déjà dans la période préélectorale, avant même la campagne électorale, nous avons observé des scènes de violence de la part de deux camps : la majorité et l’opposition. Nous noterons par exemple la destruction méchante voire l’incendie des sièges des partis ou des chaînes de télévision… des morts d’homme… Pendant la campagne et surtout le dernier jour de la campagne à Kinshasa, nous avons assisté à des scènes de grande violence.


Le jour même de la tenue du scrutin, on a enregistré des morts d’homme dans différents coins de la capitale et du pays. Et cela de la part de la population et de la part des éléments armés sous contrôle du pouvoir finissant.


Tous ces éléments que nous venons d’évoquer montre clairement, nous n’avons pas eu de vraies élections. Comme en 2006, nous nous sommes retrouvés dans une mascarade d’élections n’ayant pour seul objectif de donner une légitimité interne à celui qui a déjà été choisi par les « faiseurs de rois » dans nos pays du Tiers du monde et particulièrement en Afrique. D’où la manipulation non seulement des résultats mais aussi de l’opinion tant nationale qu’internationale pour l’acceptation du « verdict » des urnes. Un verdict que nous savons à l’avance truqué et trafiqué en faveur d’un candidat. Avec comme conséquence, comme en Côte d’Ivoire, la guerre civile.
 
 
Que devrait être le rôle de l’Eglise dans cette situation?
L’Eglise qui a participé activement à ce processus en s’investissant d’abord dans un grand travail d’éducation civique et électorale et ensuite dans l’observation des opérations du scrutin en déployant 30.000 observateurs à travers tout le territoire national, a le devoir de veiller à la proclamation de vrais résultats des élections. Au regard de ce qui se prépare, nous pouvons dire qu’il n’y a que la hiérarchie d l’Eglise catholique qui peut éviter au pays un second hold-up électoral et un coup d’état organisé qui pourrait déboucher à un bain de sang.


Aussi, nous croyons que notre Eglise pourrait s’inspirer de ce qui s’était passé aux Philippines à l’époque du président Marcos. En effet, après avoir triché aux élections, le président Marcos s’est proclamé vainqueur aux élections qui l’opposait à Madame Cori Aquino. C’est le Cardinal Sin, d’heureuse mémoire, qui a pris son courage prophétique à deux mains pour proclamer, à partir de la Radio Veritas , les vrais résultats des élections. A la suite de cette proclamation, les américains ont envoyé un hélicoptère pour prendre Marcos et l’ont amené aux USA où il est allé en exil.


Les évêques de la CENCO auront-ils ce même courage prophétique qui a animé le Cardinal Sin? C’est le souhait et l’attente de tout le peuple congolais.


Abbé José MPUNDU 

Prêtre de l’archidiocèse de Kinshasa
Tél. : +243997030932 ou +243818133765

E-mail: josempundu@ic.cd ou jose_mpundu2001@yahoo.fr  

 

 

 

 

 

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