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DIOCÈSE DE TSHUMBE

DIOCÈSE DE TSHUMBE

Église Catholique au Sankuru, République Démocratique du Congo.


DES JEUNES FASCINÉS PAR LA CROIX DU CENTENAIRE

Publié par Pierre Claude OKONDJO sur 8 Janvier 2021, 11:04am

Catégories : #OPINION

DES JEUNES FASCINÉS PAR LA CROIX

DU CENTENAIRE

Un phénomène inédit à Tshumbe

 

Alors que les jeunes en France ont l'habitude de fêter la nouvelle année sur l'Avenue des Champs-Elysées, en Italie sur la Place Saint-Pierre, à Kinshasa sur la place de la Gare centrale, à Tshumbe Sainte Marie les jeunes, toutes confessions religieuses confondues, les riverains et les pèlerins, l'ont fait le 1er janvier 2021 sur la Place du Centenaire, autour de la Croix plantée lors de la célébration du Centenaire de l'Evangélisation du diocèse de Tshumbe en 2010. C'était pareil aussi le jour de Noël 2020. L’esthétique suffirait-elle à justifier cette fascination? Une interrogation qui constitue la base de notre réflexion structurée à quatre volets.

 

Le premier volet traitera de la fascination esthétique des jeunes par la Croix du Centenaire. Le constat des célébrations de plusieurs genres à cet endroit nous a poussés à croire que les jeunes se laissent attirer par la beauté spatiale. Si l’esthétique attire et réjouit, nous avons pensé qu’au deuxième volet il importe de parler de l'élévation spirituelle. Pendant cette étape, nous estimons que les jeunes peuvent porter leurs esprits vers des états de conscience plus élevés qui rapprochent de Dieu. Au troisième volet, nous chercherons à faire découvrir aux jeunes la valeur du principal symbole du christianisme. Le quatrième et dernier volet, enfin, reposera sur le salut de l’humanité comme fruit du sacrifice de la propre chair et du propre sang de Jésus.  

 

1. Les jeunes et la fascination esthétique

À Tshumbe, à beaucoup d’occasions marquées par des célébrations de plusieurs genres, mariages, collations des grades académiques, jubilés, anniversaires et autres, les jeunes ont pris l'habitude de se retouver autour de la Croix du centenaire. Ils y passent des heures à jaser, à se récréer, à se photographier, à jacasser et à se divertir. 

 

Si naturellement, le “beau” est vivant, attrayant et réjouissant, le “laid”, par contre, est mortifère, répugnant et mortifiant.

 

Parlant de la jeunesse, Bernard Roudet la définit comme “une réalité sociale”. “Elle n’existe pas en soi, de façon stable et intemporelle. Elle est à la fois âge et passage. Elle constitue un âge de la vie marqué par le passage de l’adolescence vers l’âge adulte”[1].

 

“Âge des possibles et des expérimentations, âge des engagements et des choix, la jeunesse, continue Roudet, est une période d’apprentissage des responsabilités, d’accès à l’indépendance matérielle et de construction identitaire de l’autonomie”[2].Dès lors, explique Roudet, la jeunesse peut être définie comme la phase de préparation à l’exercice des rôles professionnels, familiaux, mais aussi citoyens, conformes à l’âge adulte”[3].

 

Du point de vue esthétique, il s’observe que les jeunes placent la beauté physique parmi les choses les plus importantes de leur vie. Pourtant, le laid et le beau sont fascinants et interpellants, à des niveaux distincts et symétriques…

 

Qu’à cela ne tienne! Une société sans jeunes, est-ce possible? Dans beaucoup de discours nous entendons souvent dire que les jeunes sont l’avenir de la société. Pourtant, à y regarder de plus près, il y a lieu de constater que la société a tendance à mettre son avenir entre parenthèses, quand elle ne tente pas de l’y enfermer.

 

Dans la vie de tous les jours, à l’échelle de chacun comme à l’échelle sociale ou politique, le besoin de repères est toujours indispensable. Celui-ci permettrait aux jeunes d’accéder à la dimension de personne ou mieux à la construction de la personnalité. Car si la jeunesse est dissoute ou si les jeunes peinent à exister socialement dans une société qui les met en attente, alors l’avenir de celle-ci se voit compromis ou s’évanouit tout simplement. C’est pourquoi nous estimons qu’il n’est ni trop tôt, ni trop tard pour l’église particulière de Tshumbe de penser, d’ores et déjà, à promouvoir l’encadrement et l’accompagnement de ces jeunes.

 

2. De l’esthétique à l’élévation spirituelle

Les jeunes ne peuvent pas se complaire seulement dans une fascination purement esthétique de la Croix du Centenaire. Ils doivent apprendre à jouir du contraste, du paradoxe. Ils doivent chercher à découvrir le beau dans le laid, la grâce dans l’ignominie…

 

Quoiqu’attrayant et répugnant, la beauté et la laideur demeurent des notions très subjectives[4]. Néanmoins, une préoccupation profonde nous inspire. Y a-t-il du beau dans la “laideur” et du bon dans la “souffrance”?

 

La laideur ou la beauté d'une œuvre d'art donnée, d'un objet, d'un bâtiment ou d'une personne est inextricablement liée à son contexte social, culturel ou politique. Et ces contextes changent, tout comme les idées de laideur ou de beauté. 

 

Toutefois, même si l’on concède qu’il est difficile de définir des critères clairs pour la beauté comme pour la laideur, les œuvres d’art peuvent bien sûr être belles ou laides — si l’on se place dans un contexte donné.

 

Dans l’histoire de la philosophie de l’art, les philosophes ont largement considéré la beauté comme étant l’apanage de l’art et la laideur comme un échec malheureux dans l’entreprise de l’artiste. À en croire Queffélec Christine et Edward Burne-Jones, Oscar Wilde définit l’esthétique comme étant «la recherche de signes de beauté, la science du Beau, grâce à laquelle les hommes recherchent une corrélation entre tous les arts»[5]. Par ailleurs, Wilde défend la séparation de l'esthétique et de l'éthique, du beau et de la morale. Pour lui, «l'artiste est le créateur de belles choses. […] il n'y a pas de livre moral ou immoral. Les livres sont bien ou mal écrits. Voilà tout. […] Aucun artiste ne désire prouver quoi que ce soit. Même les choses vraies peuvent être prouvées. […] Tout art est complètement inutile.»[6]

 

Prenant part aux débats concernant la place de la morale au sein des œuvres d'art, Oscar Wilde tranche. Peu importe moralité ou immoralité. Pour lui, seule la qualité du livre prime. Alors que pour certains, la littérature se doit de transmettre un message voué à éduquer les foules, tandis que d'autres au contraire ne veulent garder d'elle que sa dimension esthétique. Pour cette deuxième catégorie d'auteurs, elle n'a pas à avoir, voire ne peut pas être morale, c'est-à-dire qu'il lui est impossible de transmettre des valeurs, qu'elles soient communément acceptées ou rejetées. Le postulat premier de l'œuvre littéraire est donc que, en tant qu'œuvre artistique, elle se doit d'être belle. 

 

S’agissant de la Croix du Christ, œuvre d’art, nous dirions qu’en elle on peut déceler le secret de la vie, la nouvelle vie, la vie en Christ. Certes, il n’est pas facile de prêcher la Croix. Mais comme le dit Ruben Saillens: “La Croix n’est pas l’une des doctrines de l’Evangile, elle en est le centre comme le soleil est l’âme du monde vivant. Jésus est mort pour nous, voilà toute la doctrine: nous devons mourir avec lui pour nos frères, voilà toute la morale.»[7] 

 

Par conséquent, de l’apparente beauté ou laideur de la Croix de Jésus sur la place du Centenaire, les jeunes peuvent tirer la fonction de glorifier la figure religieuse et les scènes sacrées traditionnelles. La Croix du Centenaire peut aussi inspirer la dévotion chez les observateurs. La première révélation que nous donne la Croix, c’est justement le sens de notre valeur. «Vous avez été rachetés... par le sang précieux de Jésus-Christ» (1P 1, 19). Tu n’es pas ce grain de sable perdu dans l’univers, tu es unique et tu as tellement de valeur aux yeux de Jésus-Christ qu’il a été d’accord de donner sa vie pour toi.

 

De la fascination esthétique, il faut porter les jeunes à découvrir, peu à peu, ce sens profond de la croix. Il sied, pour ce faire, de les accompagner afin qu’ils participent, eux aussi, au mystère de l’Église qui naît des plaies du Christ en Croix. Car, l’Église et la Croix sont inséparables.

 

3. L’Église et la Croix

Pour les chrétiens, la croix est le principal symbole du christianisme. Considérée encore de nos jours comme le symbole de l’épreuve, de la souffrance, de la mort, du mal ou encore comme l'image du gibet de la crucifixion du Christ, la symbolique de la croix est plus ancienne qu'on ne le pense.

 

Traditionnellement, la croix était un instrument de torture. Elle fut utilisée pour les exécutions les plus douloureuses. Ainsi, du VIème Siècle avant Jésus-Christ au IVème Siècle après Lui, le condamné à mort était attaché ou cloué à une croix en bois et restait suspendu jusqu'à ce qu'il meure d'une mort lente et atroce. Cependant, par “croix”, nous ne pouvons pas entendre “crucifix”. Le crucifix est plutôt l’endroit où Jésus mourut, mieux le crucifix c'est la croix portant le corps de Jésus.

 

À la place du Centenaire, la croix qui surplombe l’espace est un message fort qui évoque la rencontre du peuple de Dieu vivant au diocèse de Tshumbe avec le Christ. Cette croix offre également l’occasion de lancer et d’organiser la nouvelle évangélisation au diocèse de Tshumbe en scrutant les signes des temps. Car l’Église  ne doit pas avoir peur de l’avenir mais de rater un seul instant de son présent.

 

La croix du Christ embrasse toute vie humaine. Chaque vie de l’homme a de la valeur aux yeux de Dieu. Il ne s’agit pas seulement de ma propre valeur, mais de la valeur de toute vie humaine. Y a-t-il une catégorie d’hommes ou de femmes dont Dieu dise: «Pour eux, ce n’est pas la peine d’envoyer mon Fils»? Y a-t-il des personnes pour lesquelles Jésus dise: «Vous êtes trop insignifiants pour que je monte sur la croix pour vous»? Non, «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle» (Jn 3,16). Puisse, à cet effet, ce signe de l’année jubilaire du diocèse de Tshumbe devenir davantage un symbole d’attraction, demeurer pour les jeunes, comme leur disait Saint Jean-Paul II, “un signe de l’amour du Seigneur Jésus pour l’humanité afin qu’ils annoncent à tous qu’il n’y a de salut et de rédemption que dans le Christ mort et ressuscité[8]. Jésus-Christ, c’est la fondation sûre.

 

Toutefois un signe, si visible qu’il soit et si évident qu’il se présente à ceux qui le posent, n’acquiert sa force de signification que s’il est lisible par ceux qui le voient et à qui il est destiné. Sinon les chrétiens ne parlent qu’aux chrétiens, devant les autres hommes. En ce cas, même un signe ostentatoire, voire stupéfiant, ne touche pas le cœur des spectateurs. Il se perd dans les innombrables spectacles du monde et succombe à la surenchère usante des exploits, des stars et du nombre. On comprend que le Christ refuse ces éclats (Mt 12, 38-42) et se méfie des foules (Jn 2, 23-24). Afin que la croix du Centenaire acquiert sa force de signification, il faut qu’on parvienne à faciliter sa lecture non seulement à qui elle est destinée, mais aussi par ceux qui la voient.

 

4. De la désobéissance au rachat

Notre époque souffre de la crise de repères. L’abondance y est devenue la norme. 

 

Une petite histoire. Un jour, à KATAKO-KOMBE, à l’école primaire, un collègue de classe, nommé Michel, dérangeait pas mal et ce jour-là il avait désobéi à l’enseignant. L’enseignant qui en avait marre lui infligea la punition d’aller au coin de la classe se tenir debout pendant vingt minutes.

 

Étant nouveau au sein de notre école, l’enseignant ne savait pas que mon collègue Michel ne pouvait pas supporter de rester longtemps debout parce qu’il était handicapé des jambes.

 

Un autre collègue de la classe, Paul, leva la main et demanda à l’enseignant: "Monsieur, puis-je aller au coin à la place de Michel que vous venez de punir?"

 

L’enseignant, étonné, l’interrogea: "Mais pourquoi voudrais-tu aller au coin à la place de celui que j’ai puni?" "Toi, tu n’as rien fait de mal!"

 

"Eh bien", dit Paul, un  peu  timidement, "Michel est mon ami, et je sais qu’il ne peut pas rester debout très longtemps." Alors, l’enseignant, ayant compris le message, accepta d’envoyer Paul au coin. Michel fut très reconnaissant envers Paul!

 

Quelle morale pouvons-nous tirer de ce petit témoignage? Au sein de l’Église Catholique, la Croix du Christ est considérée comme l'instrument du salut de l'humanité puisque, le Christ, par sa mort, a racheté les hommes de leurs péchés, de leur mal, de leur désobéissance. Comme le désobéissant “Paul” de la petite histoire, Jésus, l’Innocent, a racheté “les Michel” de leur désobéissance. Il est venu sauver l’homme du péché en offrant en sacrifice sa propre chair et son propre sang (Rm 5,19; Is 53, 10-12).

 

Explorer l’inconnu

L’ambition de cet article est simplement d'explorer l'inconnu, pointer du doigt et révéler le vide spirituel dans la vie de beaucoup de jeunes.

 

Montrer ce «grand absent» de la vie intérieure juvénile, cette terra incognita, permettrait de promouvoir de façon bénéfique l'encadrement et l'accompagnement de ceux qui constituent l'avenir de l'église et de la société. Il est donc temps d’explorer systématiquement et rationnellement ce phénomène inédit pour, enfin, porter un jour à la connaissance des jeunes l’expérience d’une vie «riche», celle de vivre une vie d'amitié avec Jésus et de Le placer au centre de la vie. 

 

La fascination par la Croix du Centenaire constituerait déjà une grande et belle aventure pour la pensée des jeunes, non pas pour la nier ou la réduire, mais bien au contraire, pour en élargir les horizons. Tel est le paradoxe constitutif sur lequel se fonde ce que nous avons appelé l’élévation spirituelle.

 

Dessiner une perspective du phénomène inédit qui s’observe à Tshumbe peut sembler très difficile, pourtant pas impossible. Puissions-nous seulement y faire attention et oser!

 

RÉFÉRENCES DE SAINTES ÉCRITURES

 

  1. Mt 1, 21; Mt 7, 13-14; Mt 12, 38-42.
  2. Jn 2, 23-24; Jn 3, 16; Jn 17, 3.
  3. Rm 5,19 ; Rm 10, 8-10.
  4. Ep 2, 8-9.
  5. Is 53, 10-12.
  6. Ac 2, 37-38; Ac 4, 12.
  7. 1P 1, 19.

 

DOCUMENTATION D’ÉTUDE SUPPLÉMENTAIRE

 

  1. Bernard ROUDET, Qu’est-ce que la jeunesse?, in “Après-demain”, 2012/4 (N° 24, NF), pages 3 à 4.
  2. Conseil Pontical pour les laïcs, 30 ans de voyage autour du monde pour rejoindre les jeunes, Le Pèlerinage de la Croix des jeunes (1984-2014), Rome, septembre 2014.
  3. Louis LIGIER, Péché d'Adam et péché du monde, vol. 2, Aubier, 1940 et 1961.
  4. Maurice GOGUEL, Les fondements de l'assurance du salut chez l'apôtre Paul, in “Revue d'histoire et de philosophie religieuses”, 17e année, n°2, Mars-avril 1937, pp. 105-144.
  5. Xavier LÉON-DUFOUR, René BUREAU, Joseph MOINGT et Antoine VERGOTE (dir.), Mort pour nos péchés,  Presses de l’Université Saint-Louis, Bruxelles, 1984, 172 pages.

 

Pierre-Claude OKONDJO WANDJA

Professeur Associé.


[1] Bernard ROUDET, Qu’est-ce que la jeunesse?, in “Après-demain”, 2012/4, n° 24, pp. 3-4.

[2] Bernard ROUDET, Qu’est-ce que la jeunesse?, in “Après-demain”, 2012/4, n° 24, pp. 3-4.

[3] Ibidem.

[4] Laurent RAPHAËL, dans un article d’opinion en ligne, Qu'est-ce qui est beau, qu'est-ce qui est laid? Publié le 13/10/2025, reconnaît que la définition du beau et du laid fluctue au gré des humeurs de l'époque. Raison pour laquelle il recommande avec l'éminent sémiologue Umberto ECO de distinguer le "laid en soi" et le "laid formel". Pour eux, le premier nous inspire instinctivement dégoût et répulsion, face à un insecte gluant par exemple. Alors que le second jaillit d'un déséquilibre par rapport à un mètre-étalon. L'asymétrie prononcée d'un visage ou une claudication anormale sont de cette nature. Cf. https://focus.levif.be/culture/arts-scenes/qu-est-ce-qui-est-beau-qu-est-ce-qui-est-laid/article-opinion-427689.html.
[5] Christine QUEFFÉLEC, L'esthétique de Gustave Flaubert et d'Oscar Wilde: les rapports de l'art et de la vie, Champion, Paris, 2008. Wilde prône la nécessité d’instiller la beauté dans la vie quotidienne: “le beau au quotidien”. 

[6] Oscar WILDE, dans la Préface de Le portrait de Dorian Gray, Traduction par Eugène TARDIEU et Georges MAUREVERT.  

[7] Ruben SAILLENS, La Croix de Jésus-Christ et l’évangélisation, Ed. Groupes Missionnaires.

[8] Conseil Pontical pour les laïcs, 30 ans de voyage autour du monde pour rejoindre les jeunes, Le Pèlerinage de la Croix des jeunes (1984-2014), Rome, septembre 2014.

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