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  • : ANJASHI WA TSHUMBE
  • ANJASHI WA TSHUMBE
  • : Un espace web pour informations et communications, échanges et contacts, analyses, opinions et débats sur la vie. Champs d'intérêt: Vie de l'Église Catholique Romaine et vie en République Démocratique du Congo.
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  • Pierre Claude OKONDJO
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 18:50

389 0642Vivre aujourd'hui en République Démocratique du Congo devient angoissant. A l'Est du pays tout est plein d’incertitudes, pour le présent et pour le futur. La foi nous fait découvrir Dieu et nous fait marcher vers Dieu. Elle est pour nous ce que les ailes sont à l’oiseau. Espérer, ce n’est pas fuir, ce n'est pas renier sa patrie, ce n'est pas abandonner les siens; c’est au contraire recevoir à chaque pas la force de l’engagement. Le 1er août 2012, les fidèles catholiques du diocèse de Tshumbe auxquels se sont joints des chrétiens d’autres confessions religieuses et les hommes de bonne volonté, au milieu de profondes angoisses, ont livré au monde entier un message de dénonciation et d'espérance: "RD. Congo keema nyama ndjovu" - RD. Congo n'est pas viande d'éléphant que tout le monde peut se disputer -. La RDC est indivisible. Nous disons "Non" à la balkanisation de notre pays).

 

 

 

Suite au communiqué de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo sur la situation de guerre dans le pays, et conformément aux initiatives de sensibilisation vulgarisées à travers toutes les CEV et paroisses, le Diocèse de Tshumbe a entrepris à partir du 30 juillet 2012 un Triduum de prière pour la paix, l’unité et l’intégrité du territoire, prière qui s’est conclue le 1er août 2012 par une marche de l’espérance.

 

Toutes les paroisses, en effet, ont organisé le matin à partir de 08h00’ des célébrations eucharistiques pour implorer la paix en faveur de la R.D. Congo.

 

Dans les paroisses de Tshumbe Sainte Marie et de Wembe Saint Pierre en particulier, à l’issue des célébrations eucharistiques, plusieurs centaines de fidèles chrétiens catholiques auxquels se sont joints des chrétiens d’autres confessions religieuses et les hommes de bonne volonté se sont mis en branle, rameaux en mains, dans une marche de l’espérance, cadencée au rythme des chants et du Rosaire pour dire non à la balkanisation de la R.D. Congo.

 

La marche s’est terminée devant la maison civile du Secteur des Mondja Ngando. Après avoir observé une minute de silence à l’ intention de toutes les victimes de la guerre, des messages pour la paix et contre le plan de balkanisation du pays ont été lancés par les organisateurs.

 

Tout s’est terminé dans la paix par la prière pour l’unité et la bénédiction.

 

Mgr Crispin OTSHUDIEMA

Vicaire Général de Tshumbe

 

 

Images de la marche dans les paroisses

de Tshumbe Sainte Marie, de Wembe Saint Pierre,

de Djalo saint Michel et dans la Quasi-paroisse de Songo Saint Jean.

 

389_0620.JPG

Congo, don béni!

 

389 0617

 R.D. CONGO n'est pas viande d'éléphant!

  

389 0642 

Église, chemin d'Espérance! 

 

 

389 0629

Agir ensemble pour la R.D.CONGO.

 

389 0624

Seigneur, donne la paix en R.D.Congo! 

 

389 0650

Dignité à la femme congolaise.

 

389 0651

Non à la balkanisation de la RDC! 

 

389 0652

Église, lumière des nations!

 

389 0661

 Le Congo est un et indivisible.

 

389 0665

Pèlerins de l'Espérance.

 

 

 

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Published by Mgr Crispin OTSHUDIEMA, Vicaire Général - dans EVENEMENTS
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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 09:47

  Remise cadeaux (2)

 

A mes Chers Anciens  Séminaristes,

Confrères bien aimés dans le Sacerdoce.

 

 

 

Remise cadeaux (2)Remise cadeaux (1) 

 

 

 

Chers  Confrères,

 

 

1. En ce jour du 22 juillet 2012, ma joie est immense. Date fatidique s’il en est, à laquelle Dieu dans sa miséricorde me rend témoin, bien que lointain, de l’aboutissement, du mûrissement, et de la réalisation d’un rêve que chacun de vous a nourri depuis sa tendre enfance. Je ne vous appellerai plus mes séminaristes, car vous êtes désormais mes confrères. En effet, l’année où l’Eglise, notre Eglise, mandatée par le ciel, ordonne un prêtre, elle se trouve en des dispositions pour rêver volontiers d’être reconnue un jour Mère de l’humanité en route vers le salut.

 

 2. Je rends grâce au Seigneur pour ce don grandiose qu’il vient de faire à notre diocèse, à notre peuple aujourd’hui à travers votre ordination sacerdotale. Sept prêtres, sept serviteurs de l’Evangile, c’est une merveille devant mes yeux !! Oui, je rends grâce au Seigneur pour sa miséricorde et félicite chacun de vous pour la détermination, l’abnégation et la volonté ferme d’arriver à ce jour. Tant d’années de formation, parsemées de joie, de bonheur, de réussite, de plaisir, mais aussi d’épreuves, d’ombres et des affres de la guerre.

 

 3. L’histoire du peuple de Dieu n’a pas commencé par la construction d’une église au milieu d’une population opprimée, ni par une réforme dans le culte, mais par l’événement concret de sa libération, c’est-à-dire de son passage de peuple esclavage à un peuple libre. C’est la perspective qu’ouvre à ce jour pour notre peuple, votre ordination sacerdotale. Le sacerdoce du Christ auquel vous participerez de manière privilégiée fait de vous des instruments pour la libération de son peuple. Dieu a appelé chacun de vous de ténèbres à son  admirable Lumière!

 

 4. «Tout grand prêtre, en effet, pris d’entre les hommes, est établi en faveur des hommes pour leurs rapports avec Dieu. Son rôle est d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Il est capable d’avoir de la compréhension pour ceux qui ne savent pas et s’égarent, car il est, lui aussi, atteint de tous côtés par la faiblesse et à cause d’elle, il doit offrir pour lui-même aussi bien que pour le peuple, des sacrifices pour les péchés. On ne s’attribue pas à soi-même cet honneur, on le reçoit par l’appel de Dieu, comme ce fut le cas pour Aaron» (Hé 5,1-4). C’est ainsi que le Christ non plus ne s’est pas attribué à lui-même la gloire de devenir grand prêtre; il l’a reçue de celui qui lui a dit: Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré, conformément à cette autre parole: Tu es prêtre pour l’éternité à la manière de Melchisédek (Hé 5,5-6).

 

 5. En choisissant de m’adresser à vous en cette circonstance heureuse, j’ai conscience de devoir parler du sacerdoce, sujet à la fois alléchant et délicat. Quelle responsabilité pour un prêtre, ancien formateur ! Lui, qui se sent « ’un d’eux», se demande pourquoi il lui échoit de prendre la plume et de s’adresser aux autres, ses confrères, ses jeunes confrères. Tel le prophète Elie, étendu sous son genêt, je proteste devant le Seigneur que je ne suis pas meilleur que mes frères (1 Rois 19,4), vos autres anciens formateurs et ainés dans le sacerdoce; je balbutie  pauvrement la parole de Dieu, et me cogne moi aussi dans tous les sens à l’incrédulité massive… Et puis, enfoui dans un recoin de la grande famille presbytérale, comment pourrais-je m’ériger en connaisseur de toute ses richesses présentes, et plus encore en prophète de toutes ses virtualités ? Tout cela aurait eu raison de mon désir et de ma détermination à vous traduire ma joie et mon exubérance à l’occasion de votre ordination sacerdotale. Mais hélas, ce serait vraiment là, imposer à notre longue histoire un pur goût de l’inachevé.

 

Cher confrères,

6. A une époque à la fois passionnante et ingrate pour le ministère de Jésus-Christ, et  où des cœurs peuvent se trouver secrètement ulcérés, il se pourrait que telle phrase, telle locution, à cause du tranchant de l’expression ou de la massivité de l’exigence, survienne mal à propos et fasse douleur. Ce serait pourtant bien involontaire. Mon propos n’est certes pas d’accabler encore un peu plus le dos de ces jeunes prêtres que vous  êtes. Il vise plutôt à vous redire avec une ferveur nouvelle que le sacerdoce de Jésus-Christ demeure, aujourd’hui plus que jamais, la grande chance de notre humanité, l’agent le plus efficace du seul succès historique digne de ce nom : l’avènement du Royaume de Dieu. Car il ne se peut que le Seigneur n’ait pas confié, à ceux qu’il nomme affectueusement ses «amis» (Jn 15,15), le plus beau, et par conséquent le plus difficile, des services.

 

7. Au matin de votre ordination sacerdotale, j’ai hâte d’inviter chacun de vous à s’imprégner longuement de l’évangile johannique, pour comprendre que le suprême désir de Jésus, en qui se livre tout l’amour du Père, c’est de «demeurer» en nous, de «souper» avec nous. Notre intimité visible avec Lui est sans doute la plus belle réclame que nous puissions Lui faire. Oserions-nous décliner l’invitation par peur de l’ «intimisme»? Permettez-moi de revenir, chers confrères, sur ce que je considère comme le fondement et la source de toute vie et activité de prêtre. Volontiers, je vais devoir m’arrêter à ce qui dans la personne du prêtre, rend son ministère possible et fécond.

 

8. En effet, disciple et témoin, le prêtre  sait  que l’essentiel de son  ministère actuel trouve sa source dans le ministère confié par Jésus aux apôtres. Aussi, être disciple et témoin, exige-t-il de se nourrir aux sources, c’est-à-dire découvrir avant tout le sens et l’enjeu de «ce qui s’est passé dans toute la Judée: Jésus de Nazareth, ses débuts en Galilée, après le baptême prêché par Jean ; comment Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance, Lui qui a passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient tombés sous le pouvoir du diable; car Dieu était avec Lui…Lui qu’ils sont allés jusqu’à faire mourir en le suspendant au gibet, Dieu l’a ressuscité le troisième jour et Lui a donné de se manifester…» (Ac. 10,37-40).

 

9. Tout a effectivement commencé avec Jésus qui, à travers paroles et actes rend manifeste pour ses contemporains ce que signifie un monde où Dieu règne. En faisant revivre le Nom de Dieu dans le pays des juifs il ouvre une nouvelle chance de vie pour les hommes qu’il rencontre. Avec Lui, tout devient possible: «Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. (Lc 7,22).  Cette vie remplie de l’Esprit au service des hommes, Jésus ne la mène pas comme un prophète solitaire. Il appelle des disciples, et en particulier les douze «pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher, avec le pouvoir de chasser les démons» (Mc 3,14-15). Soyez donc des prêtres à la manière des apôtres, disciples et témoins.

 

 10. Pour les apôtres, comme  pour les prêtres d’aujourd’hui, devenir ministre de l’évangile, présuppose qu’on soit d’abord disciple, avec tout ce que cela implique de conversion. L’exercice de votre nouveau ministère vous fera découvrir tout ce que l’évangile apporte de neuf, d’inattendu, de libérateur dans votre propre vie de prêtre. Il faut avoir fait l’expérience personnelle de ce que signifie partager la foi et s’engager, comme membre, dans une communauté avant  de pouvoir devenir animateur. Il importe de passer par ce long apprentissage des réflexes évangéliques dans sa propre vie pour devenir capable  d’aider une communauté à les acquérir à son tour. Il faut en d’autres termes, devenir chrétien avant de pouvoir être authentiquement prêtre.

 

11. Au bout de vingt ans de sacerdoce, je peux l’avouer, la vie sacerdotale est un véritable commerce où s’opère un va et vient continuel entre plusieurs éléments. La prière qui est avant tout écoute patiente de Celui dont les pensées ne sont pas les nôtres  et les voies ne sont pas nos voies. (Is 55,8). Le moment où l’on apprend d’abord la spécificité du contenu de la semence chrétienne, ensuite les différents problèmes que pose le sol et enfin l’art de semer. La vie ordinaire avec son lot de relations sociales, le travail, les loisirs; l’insertion dans l’expérience d’autres communautés. Tout cela est une école que cette nouvelle étape de votre vie inaugure.

 

12. Prêtres à la manière des apôtres, vous êtes aussi des témoins. Naturellement le témoignage apostolique est d’une nature et d’un contenu tout à fait unique et spécifique. Mais cela n’empêche pas que l’on puisse définir le prêtre d’aujourd’hui comme témoin. Or l’essentiel du témoin, c’est qu’il partage avec d’autres ce qu’il a vécu lui-même, ce qu’il a expérimenté. On ne saurait être ministre de l’évangile par «ouï-dire». Le prêtre est appelé-pour reprendre la formule consacrée de  saint Paul- à transmettre  ce qu’il a reçu (1cor 11,23; 15,3). Mais ce qu’il a reçu passe  à travers, au dedans de sa propre vie, devient expérience vécue. Et c’est de là que jaillit le témoignage. Pendant tout votre cheminement au Séminaire comme en stage, vous avez découvert dans l’intimité du Christ votre maître, la joie de croire, faites donc boire d’autres à votre coupe que je souhaite débordante.

 

13. Témoins par toute votre vie désormais, vous êtes infiniment plus que les hommes du sacré. Le christianisme remet d’ailleurs le sacré en plein dans le profane, le spirituel dans la chair du monde. Etre témoin de la nouveauté du Christ, c’est bien plus qu’être le gestionnaire du sentiment religieux des hommes parmi lesquels on exerce son ministère. Il s’agira par contre, et je l’espère fermement, de les inviter à devenir également disciples et témoins de l’amour de Dieu.

 

14. Qu’il me soit accordé de rappeler  en cette circonstance solennelle, ce que j’estime être les véritables exigences d’un sacerdoce à la manière des apôtres. Parmi toutes, j’en retiendrai principalement trois, à savoir: vivre la Pâque de l’apôtre, se conjuguer au passif et entrer dans la foi des apôtres. Celles-ci permettent de discerner le vrai critère de réussite apostolique  ou si l’on veut, le levier d’action qui se trouve dans les mains de l’apôtre. Elles permettent également d’apprécier le vrai sens et l’exacte portée de ce qu’on appelle la fécondité sacerdotale.

 

Chers confrères,

15. Je vous exhorte à vivre dès aujourd’hui la Pâque de l’apôtre. En effet, l’ouvrier de l’Evangile, c’est quelqu’un qui sème la vie dans les autres par la mort qu’il porte en lui. Le ministère sacerdotal est une vérification permanente du mystère pascal, et de sa paradoxale efficacité, qui tire les moissons des enfouissements du grain de blé. L’apôtre est donc un homme qui a à sa disposition le levier même avec lequel Jésus soulève le monde: mais à condition d’en faire les frais, d’expérimenter en lui le dynamisme crucifiant de la Pâque. De fait, lorsque saint Paul parle à ses fidèles de la mort et de la résurrection de Jésus, il ne le fait pas du bout des lèvres, comme le simple colporteur d’une histoire extérieure qui ne le toucherait pas: il s’en montre au contraire terriblement affecté. La mort du Seigneur, il l’expérimente en lui de façon concrète: c’est sa «désolation»; la vie du Seigneur, il l’éprouve aussi d’une manière tout existentielle: c’est sa «consolation». Le mystère pascal, Paul, donc, le propose comme  prophétiquement vécu dans sa condition apostolique; il le livre à chaud aux destinataires de ses épitres, comme une preuve tangible que l’action divine passe par la souffrance de l’ouvrier de l’Evangile. Notre fécondité sacerdotale n’est pas ailleurs; il n ya pas d’autres rédemption que celle-là.

 

 16. Mais qu’est-ce  que donc cette «mort»  pour l’apôtre des gentils dont vous préférerez toujours le modèle? C’est sa condition humiliée d’apôtre: son apparence chétive et la pauvreté de ses moyens (1cor 2,3-5), qui font de lui un minable pot de terre (2cor 4,7), fragile et sans valeur. C’est l’opposition qu’il rencontre, la suspicion jetée sur son ministère (2cor 3,1-3), le sabotage de son œuvre derrière lui par des «archi-apôtres» intrigants (2 cor 11,5). C’est l’incompréhension qu’il rencontre ; la douleur cuisante de devoir passer pour un inutile, alors qu’on porte en soi des richesses incalculables qui ne demandent qu’à se déverser (2 cor 8,10); c’est cette situation d’ «ordure» et de «râclure» (1cor 4, 13): n’est-il pas ce trouble-fête qui intervient «à temps et à contre-temps» (2cor 4,2), sans se laisser ligoter par la démagogie ou le désir de plaire (Gal 1,10). Dès lors il porte en son corps comme des sillons profonds, ces «marques de Jésus» (Gal 6,17) que lui ont laissé les cinglantes lanières du refus  c’est une véritable « écharde en sa chair» (2cor 12,7-10). Sans parler du reste: son obsession quotidienne pour toutes les Eglises (2 cor 11, 28); il a fiancé des hommes au Christ, et les aime d’une passion jalouse (2 cor  11, 1-4): «Vous êtes dans nos cœurs à la vie comme à la mort», leur écrit-il (2cor 7,3).

 

 17. Soyez persuadés et profondément convaincus que l’efficacité apostolique est régie par la loi pascale : que la Pâque de Jésus s’atteste elle-même dans le sérieux d’une vie missionnaire et sacerdotale. La Croix, simplement proférée comme parole humaine, apparait comme une énormité (1cor 1,18); mais, vécue intensément par l’apôtre, elle devient puissance de Dieu. Loin de nuire à l’ouvrier de l’Evangile, elle fait toute sa fécondité: par elle, en effet, Dieu accrédite son employé, en l’exhibant comme le dernier des hommes (1cor 4, 9), et c’est alors qu’il se produit quelque chose. Le ministère, ce n’est pas  autre chose que le déploiement de la force du Seigneur dans la faiblesse de son apôtre (2cor 12,9). Ce n’est pas autre chose que la Rédemption en acte.

 

18. Etre prêtre à la manière des apôtres, c’est dès maintenant apprendre à se conjuguer au passif. En effet, la vie apostolique est incompréhensible à elle-même, en dehors de cette phrase de Jésus: «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est Moi qui vous ai choisis» (Jn 15,16). Vous, prêtres d’aujourd’hui, comme vos ainés d’hier, personne n’a pu s’imposer ni s’autoproclamer : Quelqu’un est venu nous chercher, pour le pur service du Père ; et cela donne à notre ministère une physionomie bien particulière. La pauvreté qui nous est demandée, ce n’est pas tant de congédier les objets, opération relativement facile : c’est de nous congédier nous-mêmes comme sujets de notre vie sacerdotale. C’est de nous déprendre de nous sous l’emprise du Christ : de nous appauvrir de ce qu’il se consacre. Pas avec un air victimal, mais joyeusement : toute la gloire en revient au Seigneur qui, poursuivant le mouvement de sa kénose, s’abaisse à vouloir posséder ce «moyen pauvre» qu’est chacun de nous.

 

19. Aussi, la vie ardente de l’apôtre, c’est l’histoire de sa progressive dépossession. La fidélité du Christ ne cesse de démanteler, parfois à boulets rouges, cette geste que nous imaginons, et dont nous nous voulons les héroïques entrepreneurs. Mais, quand Dieu parait renversant, c’est qu’il nous remet à l’endroit. Alors la réalité dépasse la fiction. A toutes les rêveries généreuses que nous sécrétons, et qui nous tourmentent, et qui sont une version mythique des événements, Jésus oppose la véritable histoire, celle qu’Il articule Lui-même. Il en est de notre action sacerdotale comme de la construction du temple projetée par David (2 Samuel 7) : au fond, David sans qu’on puisse suspecter un instant son intention d’honorer Dieu, aurait voulu faire de cet édifice sacré le couronnement de ses combats et de ses travaux d’urbanisme.

 

20. Assurément, l’opération visait à installer le Seigneur en bonne place : mais cette installation aurait été avant tout l’œuvre de David. Ainsi, Yahvé, sans rejeter définitivement ce projet, envoie son prophète Nathan pour mettre les choses au point et surtout reprendre l’initiative : «  Ce n’est pas toi, est-il dit au roi, qui me bâtiras une maison, mais c’est Moi qui t’en bâtirai une.» Il me semble en effet, que toute notre aventure, notre histoire est dans cet épisode. Ce n’est pas nous qui exerçons notre sacerdoce: c’est le Seigneur qui nous en fait don. Il nous reste à lui répercuter sa propre phrase: « Oui, il est digne et juste de Te louer, car c’est toi qui… »  N’est-ce pas cela, la Préface ?  C’est à chacun de nous qu’il appartient de pouvoir faire vibrer la sienne propre, même dans le ton férial de la difficulté quotidienne.  De la sorte, nous vérifierons ainsi la loi de tout progrès spirituel, qui est le double et progressif passage : du pluriel au singulier, je veux dire du pluriel de nos désirs à l’attachement pour la personne singulière de Jésus, et de l’actif au passif, c’est-à-dire de l’action menée à l’action reçue.

 

21. Il y a plus… être prêtre à la manière des apôtres exige aussi et impérativement l’entrer dans la foi de ces derniers, la foi des apôtres. En effet, le critère qui préside au choix d’un apôtre nous est livré par Pierre dans le livre des Actes : « Il faut donc que, de ces hommes qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu de nous, en commençant au baptême de Jean jusqu’au jour où il nous fut enlevé, il y en ait qui devienne avec nous témoin de sa résurrection » (Ac1,21-22). Certes, avoir été strictement contemporain du Christ est intransmissible, même aux meilleurs d’entre nous tous. Pourtant, l’itinéraire spirituel qui va du Jourdain à l’Ascension représente l’initiation indispensable à quiconque accepte de devenir compagnon de Jésus ; nous avons à le vivre, parce que nous avons à le prêcher : sinon la référence au « témoignage » serait de notre part quelque chose de frauduleux. Aussi, faudra-t-il fréquenter incessamment cette école de l’apôtre, pour nous imprégner de la logique du Maître, auquel il est impossible de se croire supérieur (Mt 10,24-25). Difficile chemin, où il sera donné d’expérimenter si nous suivons bien Jésus, ou simplement nos idées sur Jésus…                                                                        

 

22. Les étapes en sont balisées par l’Evangiles : c’est d’abord la foi pénitente, celle des cinq premiers disciples venus près du Baptiste confesser leur péché, de manière à « trouver le Messie » (Jn 1,41), c’est-à-dire Celui qui « emporte le péché du monde » (Jn 1,29). Puis c’est la foi accompagnante, qui s’ébranle inconditionnellement derrière la seule personne de Jésus, non pour un programme arrêté par contrat, mais pour la compagnie du pire et du meilleur, « avec Lui » (Mc 3,14). Arrive alors la foi éprouvée, passée au creuset de cette scandaleuse Passion, où doivent se dissiper complètement les réactions de « la chair et du sang» (Mt 16,17), « les pensées qui ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (Mt 16,23), le recours instinctif aux moyens puissants (Mt 26,52). Et c’est la foi libérée du matin de Pâques, une foi qui a surmonté ses illusions cafardeuses (Lc 24,21), qui est entrée dans le fameux « oportet pati » (Lc 7, 26,46), qui a surmonté l’impression de « malédiction » qui se dégage du gibet de la croix (Gal 3,13) ; bref, une foi qui a compris que l’obstacle apparent se trouve être levier. Alors peut surgir la foi confessée, le témoignage intrépide et la parole de feu, sans qu’il y ait de rupture entre la vie et le langage. Où qu’il se trouve, l’apôtre sait que le ciel s’ouvre à la verticale au-dessus de sa tête (Ac 7,56), avec le Christ qui plaide en sa faveur, debout auprès du Père. Non, rien ne peut le séparer de l’amour de Jésus : c’est un défi qu’il lance à la face du monde. C’est le sens du ministère qui vous est confié à ce jour, c’est mon vœu le plus ardent pour chacun de vous.

 

Chers confrères, jeunes prêtres,

23. Je voudrais terminer et laisser ainsi les festivités relatives à votre ordination se dérouler normalement. Seulement voilà, en commençant votre ministère aujourd’hui, pointez sur la vie apostolique à la manière des Actes: vie commune, itinérance au service de toutes les Eglises (communautés, paroisses…), partage communautaire, consécration spirituelle –et non fonctionnelle- par l’obéissance et le célibat. Voilà qui devait balayer les timidités et illusions : vous êtes pleins d’énergie pour ne pas vous rabattre sur des formes de prêtrise moins exigeantes afin de rattraper une clientèle en fuite. Voilà qui devait vous conduire à désintégrer aussi nos vieilles oppositions et querelles (anciens et nouveaux, pauvres et nantis, haut et bas clergés…), puisque tout le corps sacerdotal auquel vous appartenez désormais est prié de vivre à ce niveau. La crise du sacerdoce a fait apparaitre aujourd’hui ses vraies racines : un affaissement de la foi. Résistez autant que faire se peut, chers amis, à la tentation qui affecte en ce moment toute l’Eglise d’évacuer Jésus-Christ en le « réduisant » d’une manière ou d’une autre. C’est justement pour faire face à cette chute de tension, pour ainsi dire, qu’il est besoin d’apôtres intrépides, vivant l’Evangile sans glose.

 

Mes félicitations les plus vives et soyez les bienvenus au sein du clergé diocésain de tshumbe.

 

Fraternellement,

Abbé Richard Ongendangenda Muya Bin Lokola

 

 

 

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 08:36

Nouveaux-pretres-et-l-Eveque.JPG

Au Diocèse de Tshumbe, la journée du 22 juillet 2012 a été une journée pleine d’allégresse. Au cours d’une messe solennelle célébrée dans l'Eglise cathédrale, Mgr Nicolas Djomo, Évêque Ordinaire du lieu, a ordonné prêtres sept diacres qui venaient ainsi de franchir leur dernière étape vers le sacerdoce ministériel. Il s’agit des Abbés Jacob Onyumbe, Alphonse Kenge, Benoit Alomba, Alphonse Otshumbe, Lambert Lokombe, Désiré Diowo et André Otshudi.

 

Le 22 juillet 2012, une bonne journée riche en étapes. Tout a commencé le matin à partir de 8h30' avec la célébration eucharistique présidée par Mgr l’Évêque lui-même et concélébrée par le Vicaire Général et une quarantaine de prêtres venus de tous les coins du Diocèse pour la circonstance. L’Assemblée chrétienne archicomble dans la cathédrale était, quant à elle, constituée de fidèles chrétiens, parmi lesquels on pouvait compter les membres de familles biologiques des ordinands, venus de divers horizons du Diocèse et d’ailleurs, pour encourager les nouveaux prêtres et pour rendre grâce à Dieu.

 

Pendant la célébration, Mgr l’Évêque a basé son homélie sur la figure du Christ Bon Berger et Bon Pasteur. Comme le Christ Bon Berger qui ne se lassait d’instruire les pauvres venant à lui sur la Bonne Nouvelle du Royaume, le prêtre doit être également un homme de prière, d’amour et de compassion à l’égard de tous ceux qui cherchent à donner un sens à leur vie. Seul l’amour, selon le cœur du Christ Bon Pasteur, a poursuivi l’Évêque, rend le prêtre fécond et crédible et lui permet d’unir les hommes, de faire sauter les barrières de  haine et de le conduire au salut.

 

Le reste du temps fort de la journée fut marqué par des adresses, des remises de cadeaux, un match de football et différentes manifestations de joie avec les nouveaux prêtres. Vers 18h00’, Mgr l’Evêque a présidé une causerie très fraternelle avec les prêtres. Ce moment a été pour Mgr l’Évêque, l’occasion de livrer quelques informations et communiqués aux prêtres, notamment: un mot de remerciement aux prêtres qui l’ont encouragé et félicité pour sa réélection à la tête de la Conférence Episcopale Nationale de la République Démocratique du Congo, CENCO, le plan des activités pastorales prévues par l’Eglise du Congo au regard de la situation de crise qui prévaut à l’Est du pays, l’objet de la récente visite à Kinshasa du Cardinal Préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples et enfin la nouvelle sur l’année de la foi décrétée, il y a peu, par le Saint Père, le Pape Benoit XVI et qui commencera au mois d’octobre.

 

En bon Père de famille, Mgr l’Évêque a fini par accorder  la parole à l’un ou l’autre prêtre qui la désirait, soit pour donner un avis, poser une question ou aborder un aspect divers.

 

Pour bien finir la journée, un repas de famille pris dans la soirée par tous les prêtres présents aux cérémonies, autour de l’Evêque et de son Vicaire Général dans la résidence épiscopale, clôtura la journée.

 

Abbé Lambert Matondo Wembalokonga   

 

 

 Reportage des cérémonies 

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 11:19

Pas de répit pour les congolais.  Après deux mois et demi de contestation courageuse en République Démocratique du Congo  et partout ailleurs dans le monde, au prix de nombreuses pertes en vies humaines, d'arrestations arbitraires et de tortures, voire davantage, les congolais entrevoient autrement la fin d'un régime honni: renverser la table de la Commission Électorale Indépendante (CENI) et celle de la Cour Suprême de Justice (CSJ) pour rétablir la légitimité et la légalité du pouvoir. Le grand rendez-vous  de jeudi 16 février 2012 aura proposé le canevas sur lequel écrire une fois pour toutes la nouvelle histoire du Congo. Le canevas d'auto-détermination et de prise en charge  de soi présenté au monde dans les rues de différentes capitales des pays impliqués directement ou indirectement dans la triste situation que connaît la RDC.

 

Un certain 16 février 1992, les rues de Kinshasa baignaient du sang des chrétiens tombés sous les balles de la Division Spéciale Présidentielle (DSP) et alliés du Maréchal MOBUTU.  Alors qu'ils réclamaient pacifiquement la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), institution nationale devant donner le signal de départ au processus démocratique, ils avaient succombé sous les balles des ennemis de la démocratie; aujourd'hui, 20 ans après, des milliers de manifestants ont choisi de commémorer, dans la non-violence, la journée des  "premiers martyrs de la démocratie".

 

Le jeudi, 16 février 2012, à travers les rues de la République d'un Congo qu'ils veulent à tout prix Démocratique et dans les rues de beaucoup de pays en Afrique, en Europe, en Asie, en Amérique ou en Océanie, les congolais ont décidé de braver la peur de la mort pour faire usage de leur droit naturel et constitutionnel d'expression.

 

Répondant aux consignes des organisateurs, à Kinshasa les manifestants se sont refusés de porter les drapeaux des Partis Politiques, de lancer des insultes à qui que ce soit, mais de se munir exclusivement de la Bible, du Coran, du Chapelet, de la Croix, des insignes Religieux, des images  des Saints Archanges et martyrs. Le long du parcours ils pouvaient entonner des Chants Religieux, bref faire preuve de la Non Violence devant les Policiers et militaires. En cas d’obstacle, il était vivement recommander de dialoguer pour obtenir le passage ou s’asseoir par terre, priant et/ou entonnant les Chants Religieux. Mais hélas! Des attaques, de la brutalité, des arrestations ou du lancement des bombes lacrymogènes sur la foule ont été des ingrédients qui ont déchanté les observateurs. 

 

Ils étaient très nombreux, enfants, jeunes, vieux, hommes et femmes congolais et amis du Congo, à descendre dans les rues de Kinshasa, de Bruxelles, de Paris, de Dublin, de la Haye, de Toronto, etc. pour célébrer le 20ième anniversaire du massacre des chrétiens du 16 février 1992 et réclamer la restitution de la légitimité dans le respect de la vérité des urnes.

 

Se reconnaissant seul contre tous, jeudi 16 février 2012, le peuple congolais a affronté les parterres de chars  déployés dans les rues de Kinshasa et la vague de froid qui sévit en Europe pour livrer un message de protestation contre ceux qui veulent lui imposer des dirigeants de la honte, de la tricherie, de la fraude et de la mascarade. Il "refuse", par ce geste, la confiscation de sa souveraineté et "s'oppose" à toute velléité d'être dirigé "par défi". Il accuse la communauté internationale et dénonce sa complicité dans les viols, le vol, le massacre, les  détentions arbitraires et la mascarade électorale du 28 novembre 2011 et  plaide pour le changement et l'instauration d'un État de droit.

 

De slogans scandés, on pouvait entendre: "Le Congo aux congolais", "Le diamant aux congolais", "L'or aux congolais", "Le cobalt aux congolais", "L'uranium aux congolais", "Le  Zinc aux congolais", "Le cuivre aux congolais", "Le coltan aux congolais", etc. Bref, un message  de dénonciation de la grande escroquerie de la richesse de la Répuplique Démocratique du Congo orchestrée par les multinationales pendant que son peuple croupit dans la pauvreté et la misère la plus noire.

 

 

Sur les calicots et banderoles des manifestants, on pouvait lire entre autres messages: «Nous Exigeons la Démission de la CENI; "Toboyi ba Résultats ya lokuta": "Non à la Tricherie"; "Ba Soldats mpe ba Policiers, Peuple ezali mpe kobundela Bino"; "Nous Rejetons les Élections du 28 /11/2011"; "Tozali ko soutenir CENCO", "La démocratie en danger en RDC", "Le peuple a choisi, respectez son vote", "Nous dénonçons les viols des femmes, filles et enfants et toutes formes de violence sur la population congolaise".

 

Estimant que les objectifs ont été atteints, à savoir la grande mobilisation des congolais, les organisateurs de différentes marches restent confiants dans la suite des actions non violentes.

 

Les Communiqués de Presse, Messages et Déclarations de différentes organisations nationales et internationales, repris ci-après, parlent de ce dont elles ont été témoins:

 

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  I.-  COMMUNIQUES DE PRESSE ET DECLARATIONS D'INDIGNATION DES ORGANISATIONS LOCALES:

 

1.1.- Collectif des ONGDH de la RDC

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COMMUNIQUE DE PRESSE


Attaques contre les paroisses catholiques et la brutalité policière

 

Les Organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme (ONGDH) dénoncent les attaques contre les paroisses de l’église catholique et la brutalité policière.

 

Ce 16 février 2012, Les ONGDH ont observé la marche pacifique des chrétiens organisée par le Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques Congolais (CALCC) à travers la ville de Kinshasa pour commémorer le vingtième anniversaire du massacre des chrétiens et croyants du 16 février 1992, aussi réclamer la justice et la vérité des urnes et la démission du bureau de la Commission Électorale Nationale Indépendante(CENI).

 

Tôt le matin les ONGDH ont observé une présence policière aux alentours de certaines paroisses et une circulation des véhicules anti-émeute avec à leur bord des policiers lourdement armés.

 

Au cours de la marche pacifique, les chrétiens accompagnés de leurs clergés dont certains étaient en soutane blanche portant des bibles, chapelets, crucifix, statuettes de Marie et autres images sacrées, priaient et chantaient des cantiques religieux.

 

Les ONGDH ont observé des attaques contre les paroisses catholiques à divers endroits de la ville de Kinshasa. A titre illustratif:


- À la paroisse Saint Joseph de Matonge dans la commune de Kalamu, les chrétiens scandant des cantiques étaient rejoints par les marcheurs venant de la paroisse Sainte Marie Goretti de KAUKA aux environs de 8 heures. Vers 8 heures 40, la Police Nationale Congolaise (PNC) s’est mise à lancer intensément des bombes à gaz lacrymogène dans l’enceinte de ladite paroisse;

 

- À la paroisse Saint Raphaël, sur le Boulevard LUMUMBA, dans la commune de LIMETE, le judoka Munshi alias «Chaleur», de la Ligue des jeunes du PPRD, à la tête d’un groupe des jeunes armés des machettes, menaçait d’entrer dans l’enceinte pour s’attaquer aux chrétiens;

 

- À la paroisse Saint Gabriel à Yolo sud dans la commune de Kalamu, les policiers ont lancé des bombes à gaz lacrymogène pour disperser les chrétiens qui étaient dans l’enceinte de la paroisse;

 

- A La paroisse Saint Kizito au quartier Kingabwa; quatre camions lance-eau, deux grands camions transportant les policiers ont encerclé l’église empêchant le mouvement des chrétiens;

 

- A la paroisse Saint Dominique de Limete, les policiers ont jeté des bombes à gaz lacrymogènes dans l’enceinte.

 

La brutalité sur les personnes a été observée dans tous les points de départ de la marche.

 

- A la Paroisse Saint Joseph de Matonge, des femmes ont été frappées dans tous les alentours de la paroisse. Le bureau des Amis de Nelson Mandela pour les Droits humains a été violé par des policiers à la recherche des marcheurs. Plusieurs personnes ont été arrêtées dont les Abbés Placide Okalema, Bernard Mimbayi, Leon Matiti ainsi que deux religieuses;

 

- Le Curé de la Paroisse Saint Raphaël et les chrétiens qui se trouvaient sur l’avenue de l’Université, ont été brutalisés et repoussés dans l’enceinte de leur paroisse par les agents de la PNC;

 

- A la paroisse Saint Dominique de la 13ème rue de la Commune de Limete résidentielle, les chrétiens ont été brutalisés, arrêtés et amenés dans la Jeep 02 0076 de la légion PIR commandée par le Colonel Elvis. Il s’agit notamment de: Madame Suzi, messieurs Paul Kitenge, Bilomba François et Constant Kangudi;

 

- Sur l’avenue Kimwenza à Yolo-Sud dans la commune de Kalamu, la PNC s’attaquait à tout passant. M. Robert Ilunga Numbi, Directeur Exécutif de l’ONG Amis de Nelson Mandela pour les Droits humains (ANMDH) a été brutalisé et son téléphone extorqué;

 

- A Saint Benoît au quartier Lemba 9, pendant que les chrétiens sortaient de la paroisse, la police a lancé des bombes à gaz lacrymogènes.

 

Les ONGDH condamnent fermement tous les actes de violence, brutalité, arrestations arbitraires commis par les éléments de la PNC.

 

Les ONGDH estiment que les éléments de la PNC devraient protéger la population conformément aux prescrits de la constitution garantissant les libertés fondamentales, notamment le droit d’exprimer son opinion sur la gestion de la chose publique, le droit de manifester publiquement et le droit de demander à ce que sa cause soit entendue.

 

Les ONGDH font leur, les revendications des croyants et demandent à ce que la leur cause soit entendue, notamment: la démission des dirigeants de la CENI et le rétablissement de la vérité des urnes.

 

Enfin, les ONGDH recommandent à ce que toutes les personnes arrêtées soient immédiatement relâchées sans condition.

 

Fait à Kinshasa, le 16 février 2012

Les ONGDH:

 

* Action contre l’Impunité pour les Droits humains (ACIDH)

* ANGES DU CIEL

* Amis de Nelson Mandela pour les Droits Humains (ANMDH),

* Association Africaine de défense des Droits humains (ASADHO)

* CODHOD

* LIGUE DES ELECTEURS

* Observatoire des Droits humains (OCDH)

* Oeuvre Sociale pour les Développement (OSD)

* Réseau d'Education Civique du Congo (RECIC)

* TOGES NOIRES             

* Voix des Sans Voix (VSV)

 

1.2.- COMMUNIQUE DE PRESSE DE L'UE LOCALE

 

Déclaration locale de l'Union européenne suite à l'interdiction de la marche pacifique du 16 février 2012

 

Kinshasa, 16 février 2012 

 

 

La Délégation de l'Union européenne en République démocratique du Congo, en accord avec les Chefs de Missions des États Membres de l'Union européenne accrédités en RD Congo, a fait ce jour la déclaration suivante: 

 

L'Union européenne réaffirme l'importance qu'elle attache au respect des libertés publiques, y compris le droit de manifestation et d'expression exercé d'une manière responsable.

 

L'Union européenne regrette l'interdiction de la marche pacifique qui devait se dérouler le 16 février, et la décision du Ministre de la Communication et Médias de couper les signaux de cinq chaînes de télévision et de radio.

 

L'Union européenne déplore les incidents survenus lors de l'intervention des forces de l'ordre, notamment aux alentours des lieux de culte de Kinshasa.

 

L'Union européenne appelle les autorités de la RD Congo à prendre les dispositions nécessaires afin de garantir les droits et libertés d'expression de tous les citoyens dans cette période cruciale pour l'évolution démocratique du pays et de créer les conditions nécessaires à l'instauration d'un débat politique ouvert.

________________________

Pour plus d'informations, veuillez contacter:

M Cyprien Banyanga Byamungu

Chargé de presse et information à la Délégation de l'Union européenne en RDC

Tél: +243 81 89 466 95

Courriel: cyprien.banyanga-byamungu@eeas.europa.eu

Site Internet: http://eeas.europa.eu/delegations/congo_kinshasa/

 

_____________________________________________________________________

Délégation de l'Union européenne en RDC

14ème niveau, Immeuble BCDC, Boulevard du 30 juin

Kinshasa/Gombe

Tél: +243 81 33 125/126/127

       +243 81 70 06 656

Fax: 00243 81 555 46 34

Courriel: Delegation-rep-of-congo@eeas.europa.eu

 

1.3.-DENONCIATION DE LA NOUVELLE SOCIETE CIVILE CONGOLAISE (NSCC)

 

RESEAU NATIONAL DE 200 ONGS SANS BUT LUCRATIF & APOLITIQUE
NEW CONGOLESE CIVIL SOCIETY - NATIONAL NETWORK OF 200 NGOS IN DRC


La NSCC dénonce la répression de la marche pacifique des
chrétiens et la brutalité de la police 


 Kinshasa, 17 février 2012, Le Centre de Monitoring des droits humains et Élection (CMDHE) de la Nouvelle société civile congolaise(NSCC) dénonce la répression de la «Marche des chrétiens» qui s’est déroulée ce 16 février 2012 à Kinshasa.

 

L’on se souviendra, que les autorités ecclésiastiques de l'Église catholique avaient demandées à leurs fidèles d’exprimer d’une manière pacifique leur mécontentement en rapport les résultats des élections du 28 Novembre 2011, les jugeant non conformes à la justice et à la vérité des urnes.

 

La NSCC déplore la brutalité de la police au sein de la paroisse St Joseph de Matonge sur la place Victoire, à Lemba, à Ndjili, et à Kingambua etc. face aux paisibles manifestants avec comme seuls moyens de défense des rameaux et des chansons chrétiennes, l’arrestation de prêtres, soeurs religieuses et militants des droits humains à Kinshasa. Par ailleurs, la NSCC n’arrive pas à comprendre la fermeture de trois stations radios proche des organisateurs de la manifestation (RTCE) et l’opposition congolaise (CCTV et Canal Kin). Cette situation d’atteinte grave aux droits de manifestation et de liberté d’expression met en danger le processus démocratique en RDC si on n’y prend pas garde et à temps.

 

La NSCC exige la réouverture immédiate des ces trois chaînes de télévision sans condition ainsi que le respect des droits des manifestants pacifiques par le gouvernement de la RDC.

Enfin, la NSCC réclame la libération des personnes arrêtées pour avoir exercé leurs droits démocratiques.


Coordination Nationale

_________________________________________________________________________
La Nouvelle Société Civile Congolaise(NSCC) est un vaste réseau national sans but lucratif et apolitique de 200 associations (églises, syndicats, ONG des droits des humains, femmes, jeunes, ONG de lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles de la RDC, et de développement durable et éducation etc.). Enregistrée au Ministère de la justice N°Just./SG/20/1050/2009-Récépissé n°F.92/12.827 La NSCC a pour mission les revendications et aspirations des sans bouches congolais. La NSCC mène le plaidoyer pour le bien être de la population congolaise dans différents secteurs de la vie nationale. La NSCC a été crée le 13 février 2009 et son siège social est à Kinshasa

 

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II.- TOUR DU MONDE DE LA MARCHE DU 16 FEVRIER 2012:

 


 

Réalité de la marche à Kinshasa



  Marche des congolais de Belgique à Bruxelles

 


  Marche des congolais de France à Paris 

 


   Marche des congolais du Canada  à Toronto 


  Marche des congolais de Hollande à la Haye


  Sit in de prières des congolais de Grande Bretagne
devant le bureau du Premier Ministre

   

Marche des congolais d'Irlande à Dublin

 

La route vers la vraie démocratie en République Démocratique du Congo est elle encore longue? Est elle ardue? Peut-être, mais les martyrs du 16 février 1992, au prix de leur sang, avaient déjà jeté les bases. Il faut leur emboîter les pas. Le 16 février s'est achevé, mais la gestion du 16 février reste encore à faire.

 

"Si Dieu est pour notre Congo, qui sera contre  notre Congo?" (Rm 8, 31).


Puisse ces paroles de Saint Paul Apôtre soutenir notre être, notre penser et notre agir afin que la République Démocratique du Congo parvienne à asseoir une culture réelle de la démocratie.


 Abbé Claude OKONDJO.-

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 11:25

Messe-suffrage-Mgr-NYEME-et-agape-024.jpg

Après les funérailles célébrées à Tshumbe Sainte Marie, il avait été organisé, par les diverses communautés diocésaines de Tshumbe à Kinshasa, en Belgique, en France, en Autriche, au Canada, aux États-Unis d'Amérique et en Italie, des célébrations eucharistiques en suffrage de Mgr Jean-Adalbert NYEME TESE. Le présent article reprend les extraits-photos de la messe des funérailles et d'inhumation célébrée à Tshumbe ainsi que celle de suffrage célébrée en Italie à Rome par Mgr Emery KABONGO, Archevêque-Évêque émérite du diocèse de Luebo et Chanoine de la Basilique Saint Pierre de Rome. Au cours de cette eucharistie, le Chanoine Archevêque-Évêque émérite a eu à témoigner de sa sympahie à Mgr Nicolas DJOMO et au diocèse de Tshumbe pour la grande perte que vient de connaître l'Église du Kasayi. Il tenait à remercier sincèrement le diocèse de Tshumbe de tous les services rendus par Mgr NYEME TESE à l'Église provinciale du Kasayi. Son petit porteur avait été de grand secours pour le Kasayi. La Fondation Universitaire de l'Assemblée Épiscopale de Kananga dont il fut le principal initiateur a fait bénéficier au diocèse de Luebo un Campus à Tshikapa. 

 

Le 26 novembre 2010, telle une foudre sans eaux, la mort venait d’arracher, inopinément, au diocèse de Tshumbe et au Sankuru un être cher, en pleines réalisations et en pleins projets: Mgr Jean-Adalbert NYEME TESE, Prélat d’honneur du Saint Père, Benoit XVI. C'était la veille de la célébration de clôture de 100 ans d'évangélisation du diocèse de Tshumbe, l’événement dont il était Président du Comité organisateur et auquel il tenait à sa réussite. Brutale et douloureuse séparation!

 

Quand la mort frappe, surprend et arrache à l’affection des siens un être cher, on se pose souvent la question de savoir ce que Dieu veut au juste. Les interrogations du genre: "pourquoi le prendre maintenant?" "Et pourquoi lui?", nous laissent perplexes. Certains maudissent, se révoltent, d’autres essaient par sa grâce d'accueillir l'événement dans la foi. 

 

La mort est une énigme chargée d'inquiétude, mais pour les croyants, de quelque façon qu'elle advienne, elle doit etre illuminée par l'«espérance de l'immortalité».

 

Marthe, bouleversée comme sa soeur Marie à la mort de leur frère Lazare, fut soutenue dans ce moment humainement chargé de tristesse et de découragement par la Parole de Jésus qui lui disait: «Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort, et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais»(Jn 11, 25). Car pour tous ceux qui croient au Seigneur, «la vie n'est pas détruite, elle est transformée - rappelle la liturgie - et lorsque prend fin le séjour des nôtres sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les Cieux» (Préface des défunts).   

 

Depuis la brusque disparition de Mgr Jean-Adalbert NYEME, le diocèse de Tshumbe a du mal à retenir sa douleur. Les cœurs de ses fils et filles spirituels, des amis et des parents demeurent plongés dans l’émoi. Mgr NYEME, alors Président organisateur des festivités du 28 novembre 2010, est passé de ce monde au Père, pendant qu'il s'apprêtait à rendre grâce au Seigneur en début décembre pour ses 66 ans d'âge.

 

En méditant cette Parole de Jésus à Marthe et en s'inspirant de son contenu, le diocèse de Tshumbe doit se laisser soutenir par la même foi qui avait soutenu Marthe et Marie, en suivant les instructions du Saint-Esprit de Dieu et en dialoguant avec le Père céleste dans des moments intimes de prières, dans un culte personnel du Dieu Vivant en qui reposent nos morts.  

 

Venu au monde le 07 décembre 1944, Mgr  Jean -Adalbert NYEME fut ordonné prêtre, en même temps que Mgr Nicolas DJOMO, les abbés Pierre LOWA, André NGUWO, René OKITUNDU et le regretté Louis DJEMBA, le 20 août 1972 dans la Paroisse Saint Désiré de Lodja, diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo.

 

Depuis cette date, sa mission d’évangélisation a connu une étape de spécialisation qui l’a conduit à Rome pour une Licence en Écriture Sainte au Biblicum et un Doctorat en Théologie Morale près l’Université Pontificale Urbaniana. Il retourna dans son diocèse et dans son pays pour l’annonce de la Bonne Nouvelle auprès du peuple de Dieu, de la jeunesse du diocèse et du pays successivement à Yanga, Kinshasa et Kananga.

 

Au terme de ses études universitaires, Mgr NYEME assuma la charge d’éducateur en qualité de Professeur, puis de Vice-recteur aux Facultés de Kinshasa (FACK), aujourd’hui Université Catholique du Congo (UCC), ensuite de Président de l’Association des Moralistes du Congo (AMOCO, autrefois AMOZA) et de Recteur de l’Université Notre-Dame du Kasayi.

 

Après plus de 30 ans d'éminents et loyaux services rendus à la jeune élite estudiantine de la République Démocratique du Congo, le Saint Père, Benoît XVI, en accueillant favorablement la requête présentée par S.Exc. Mgr Nicolas Djomo, Évêque de Tshumbe et Président de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo Kinshasa, s'est daigné d'accorder, en 2009, le titre de Chapelain de Sa Sainteté au Révérend Abbé Jean-Adalbert NYEME TESE.

 

Le 28 novembre 2010, la foule nombreuse de ses fils et filles spirituels, des amis et des parents, des autorités politiques, administratives, coutumières venues de divers horizons du Diocèse et du Pays, se bousculant à mort, ont tenu à lui dire un dernier adieu. Ils ont accompagné Mgr Jean-Adalbert NYEME à la cathédrale Sainte Marie de Tshumbe pour l’absoute qui a été célébrée par Mgr Nicolas DJOMO et concélébrée par le collège des Évêques et des prêtres venus rehaussés de leur présence les festivités du centenaire. Il a été conduit à sa dernière demeure au cimetière du diocèse où il repose désormais en paix.

 

A travers les témoignages de Son Excellence Mgr Nicolas DJOMO, son Évêque, et les hommages des membres du clergé, des parents et des fidèles, de ses anciens étudiants, on retiendra du fidèle serviteur de Dieu "la figure d’un homme doté d'une foi à déplacer les montagnes", "très sensible à la souffrance humaine", "disponible", "d’une bonté et d’une humilité constante", "véritable acteur du développement et du progrès social", "prêtre au dynamisme extraordinaire", "créateur", "visionnaire", "robot de travail", "fonceur", "soldat de Dieu", "grand serviteur de l'Evangile". "Homme de relations", "fruit de l'histoire sainte du diocèse de Tshumbe".

 

Paix à son âme!

 

Mgr-NYEME-seul-DSC_0901.JPG

  Mgr J.-A. NYEME TESE

en tenue de Prélat du Pape Benoit XVI

 

A.- EXTRAITS DU REPORTAGE DES FUNERAILLES

DE MGR J.-A. NYEME 

A TSHUMBE (DIMANCHE 28 NOVEMBRE 2010)

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P1040638 (2)

  Le Clergé diocésain et ses hôtes en procession

pour les funérailles de Mgr J.-A NYEME


Photos Mgr NYEME suite P1040637 (2)

Mgr Nicolas DJOMO

en compagnie des évêques du Kasayi 


P1040669 (2)

Mgr J.-A. NYEME TESE

entouré des abbés Pierre LOWA et René OKITUNDU 


Encensement cerceuil Mgr NYEME P1040676 (2)

Mgr Nicolas DJOMO

encense le cercueil de son promotionnaire


Photos messe Mgr Nyeme IMG 0005

Abbé René OKITUNDU

autour du cercueil de son promotionnaire


Autorites-civiles-2-messe-Mgr-NYEME-IMG_0053.JPG

  Autorités civiles présentes aux funérailles

et au Sacrement de la Miséricorde


Autorites-civiles-messe-Mgr-NYEME-IMG_0013.JPG

Autorités civiles (suite) 

 

B.- EXTRAITS DE LA MESSE DE SUFFRAGE

EN L'HONNEUR DE MGR J.-A. NYEME

A ROME (ITALIE - VENDREDI 17 DECEMBRE 2010)) 

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Messe suffrage Mgr NYEME et agapé 015

S. Exc. Mgr Emery KABONGO

entouré des prêtres de Tshumbe

et des anciens étudiants de Mgr NYEME à Rome 

Messe suffrage Mgr NYEME et agapé 031

Mgr Emery KABONGO (au milieu)

entouré de l'abbé Georges OKITADJUWA

 et d'un ancien étudiant de Mgr NYEME


Messe suffrage Mgr NYEME et agapé 017 

Suite de la messe 


Messe suffrage Mgr NYEME et agapé 057

Abbé Georges donne le ton 

au verre d'amitié et de fraternité 


Messe-suffrage-Mgr-NYEME-et-agape-051.jpg

Frère Albert YONGO (au milieu)  entouré

des abbés Didier OKITO et Georges OKITADJUWA


Messe suffrage Mgr NYEME et agapé 060

Abbé Pierre EKOMBO au milieu

de deux soeurs de Tshumbe:

Thérèse NSODI et Marie-Hélène AKATSHI


Messe suffrage Mgr NYEME et agapé 037

De gauche à droite:

Abbé COME, abbé Paul MAMBE, abbé Augustin BITA (aumônier),

Mgr Emery KABONGO (milieu), Père Jean-Claude LOKASO,

abbé Didier OKITO, abbé Georges OKITADJUWA et abbé Claude OKONDJO.


Messe-suffrage-Mgr-NYEME-et-agape-041.jpg 

Abbé Paul MAMBE en sacristie 

 

 

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 11:17
"Le diocèse de Tshumbe Sainte-Marie, dans le district du Sankuru, est en émoi. Un prêtre d'exception vient de rendre l'âme subitement. Mgr Adalbert Nyeme Tese, ancien Recteur de l'Université Notre-Dame du Kasai, à Mbuji-Mayi, à Kananga, à Tshumbe, à Kabinda vient de mourir. L'onde de choc secoue les originaires du Sankuru dans les quatre coins du monde" (Hinterland). Ils lui rendent un hommage mérité.
Quelques extraits:
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P1040669 (2)

1).- Ce départ est une grande perte!

(Dieudonné Wamu Oyatambwe )

 

 

Mgr le Professeur Jean-Adalbert Nyeme Tese est parti.

 

 

La nouvelle paraissait trop grave pour être vraie. Et pourtant, la triste évidence est là. Ce départ est une très grande perte pour son diocèse,  pour sa famille, pour notre pays, pour nous tous.
Mes sincères condoléances à tous ceux que ce macabre départ afflige.
 
Il fut mon professeur, un grand frère, un bienfaiteur, mon vice-recteur aux Facultés catholiques de Kinshasa! A titre personnel, j'aimerais donc lui rendre un solennel hommage, et lui redire merci pour tout.

Que son âme repose en paix!

Dieudonné Wamu Oyatambwe

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2).- Mgr NYEME

Une pointe scientifique!

(Fabien KUSUANIKA)

 

 

Mgr Jean-Adalbert NYEME fut mon professeur aux Facultés Catholiques de Kinshasa, un des initiateurs de la Faculté des Sciences et techniques de développement aujourd'hui, Économie et développement. Une pointe scientifique, homme rigoureux et de caractère.

Que son âme repose en paix!

Fabien KUSUANIKA

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3).-Incroyable mais vrai!

(Dr Jean Bosco Lotonga-La-Musadi)

Mgr,

   

Incroyable mais vrai!

Il y a une année, à Bruxelles, nous avons longuement échangé sur le projet éducatif que vous avez initié chez nous, et il y a à peine quelques semaines vous étiez encore ici (Bruxelles, AACHEN) toujours pour le compte de l'université de Tshumbe. Voilà que contre toute attente vous nous quittez brutalement.

 

Vous laissez derrière vous un vide que nous ne comblerons pas de ci-tôt.

  

Dr Jean Bosco Lotonga-La-Musadi
DDS, MPH
International Health system expert
Orthodontist Clinical Assistant
Brussels/Belgium  

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4).-Le destin vient d'arracher un valeureux fils du pays!

Adieu Monseigneur Nyeme!

(Jean-Pierre Luhandjula)

 

  

 Le destin vient encore une fois de frapper cruellement à la porte du Sankuru. Il vient d'arracher à notre affection un valeureux fils du pays et de notre terroir, Monseigneur Adalbert Nyeme.

 
Cet homme d'église s'est toujours acquitté de ses devoirs de prêtre avec une dignité qui force l'admiration. Ses lourdes taches pastorales ne l'ont pas, pour autant, soustrait de l'engagement viscéral du don de la pleine mesure de son talent pour accélérer les mutations sociales au Sankuru.
 
Chacun se souviendra de ce qu'il a fait à Yanga, de son combat pour désenclaver le Sankuru tant par
voie aérienne que par voie maritime, de ses efforts pour doter le diocèse d'une institution universitaire digne de ce nom et on peut allonger l'énumération.
 
Selon le philosophe indien Narayan, tous nos malheurs viennent de nos efforts à aller à l'encontre de la loi selon laquelle, nous ne nous rencontrons que pour nous séparer.
 
Une question tout de même. Pourquoi une séparation d'avec un couturier du développement du Sankuru?Pourquoi nous séparer de quelqu'un qui a tant fait pour ce terroir et qui avait encore l'énergie , la force et l'envie de continuer dans cette trajectoire? C'est trop fort. C'est douloureux!
 
Adieu Monseigneur et que ton âme repose en paix.
 
Jean-Pierre Luhandjula
University of South Africa (UNISA)
Pretoria
Afrique du Sud
*************

5).-UN BAOBAB GEANT VIENT DE S’ECROULER!

Mgr ADALBERT NYEME TESE NOUS A QUITÉ

(Lambert Opula)

  

Ce matin de vendredi, 26 novembre 2010, aussi bien ses brebis au diocèse de Tshumbe Sainte-Marie que l’ensemble de la population du district du Sankuru et l’élite intellectuelle du Kasaï Oriental perdent en ce Prélat un homme de très grande valeur.

  

Notre Dieu avait réuni en la personne qui nous quitte plusieurs qualités souvent difficiles à concilier. Il était un prêtre respecté, un intellectuel marquant, un grand opérateur économique et un promoteur du développement économique local.

 

 Il nous quitte au moment même où devrait se tenir un chantier de réconciliation des enfants de la contrée, sur lequel il travaillait hardiment à la demande de son évêque.

 

 En 2009, il a pris congé de son mandat comme recteur de l’Université du Kasaï à Kananga, qu’il a dirigé des mains de maître pendant plusieurs années. Aussitôt retourné dans son Sankuru natal,  le Pape Benoît XVI l’a élevé à la dignité de «Chapelain de   Sa Sainteté». À Tshumbe aussi, il a repris du service au profit de l’éducation supérieure de nos jeunes. Il venait de parachever un accord entre l'Université Notre-Dame du Kasayi à Tshumbe et celle d'Aachen, en Allemagne.  

 

Si l’opérateur économique Adalbert Nyeme Tese a joué un rôle actif dans l’écoulement des produits agricoles du Sankuru vers Kinshasa, grâce à ses bateaux qui remontaient courageusement un chenal non balisé du fleuve avant d’emprunter celui de la rivière Kasaï et plus loin celui de la rivière Sankuru, c’est au plan du développement économique local que Nyeme Tese aura le plus marqué les esprits. Au cours des dernières décennies, l’homme de Dieu a déployé beaucoup d’effort pour mobiliser des ressources et conclure des partenariats qui ont permis de mettre en œuvre et dynamiser une grande coopérative agricole à la mission catholique Yanga, dans le territoire de Katako-Kombe.

 

Ainsi, c’est dans un état de tristesse profonde et sincère que la population du Sankuru pleure ce prêtre de grande valeur.

 

Lambert Opula

*************

6).-Quel malheur pour le Sankuru!
Mgr NYEME n'est plus.
(André BEKAMBO Beela)
 
 
Avec la mort de Mgr Nyeme, le Sankuru perd l'une de ses valeurs les plus sures et dont il était le plus fier.
 
André BEKAMBO Beela.
*********************
 
7).-Consternation!
(Camille TEDANDA)
Mgr Nyeme Tese faisait figure d'un géant non seulement dans son diocèse, mais aussi dans notre pays.
Je suis ému et m'associe à la douleur de tous.
 
Camille TEDANGA
*****************
 

8).-Mgr NYEME, homme illustre!
(Stany Lokengo)
Il était admirable, plein de dévouement et d'amour pour le Sankuru. Qu'il devienne et serve de modèle à tous les intellectuels sankurois.  
 
 
Stany Lokengo
*************
9).-En mémoire de Mgr NYEME!
Lettre adressée à Son Excellence Mgr Nicolas DJOMO Lola

Évêque du Diocèse de Tshumbe

(Prof. Dr. Pierre Lohohola)

 

Excellence,

 

C’est avec une grande émotion que je viens de recevoir la triste nouvelle de la disparition de Mgr Jean-Adalbert NYEME Tese.

 

L’ayant connu personnellement et ayant travaillé avec lui à l’Université Notre-Dame du Kasayi (UKA) à Kananga où il était Recteur et où j’enseigne jusqu’aujourd’hui, cette nouvelle a déchiré mon cœur et m’a plongé dans une profonde tristesse. Les mots me manquent pour exprimer réellement ce que je ressens.

 

Le Seigneur donne. Il reprend ! Il donne quand Il veut. Il reprend quand Il veut ! C’est au moment où le Diocèse de Tshumbe veut clôturer les festivités de commémoration du centenaire de l’Évangélisation que le Seigneur reprend justement celui-là même qui travaillait à cette organisation ! Haaaa…. ! Comme Tu sais nous parler, Dieu créateur ! Et cette fois-ci, Tu viens de nous dire que c’est Toi le propriétaire qui donne et qui reprend.

 

Le propriétaire ayant rappelé son serviteur, laissez-moi rendre un hommage bien mérité à ce travailleur infatigable qu’a été Mgr Jean-Adalbert NYEME Tese. Bâtisseur de la Coopérative de Yanga, le Professeur Mgr Jean-Adalbert NYEME Tese ne s’est pas arrêté là. Il a grandement contribué à l’édification de l’Université Catholique du Congo (UCC) anciennement appelée « Facultés Catholiques de Kinshasa ». C’est lui qui y a initié la Faculté d’Économie et de Développement. Il y a servi comme Professeur, comme Doyen de Faculté et comme Vice-recteur. Ayant été appelé par les Évêques de la Conférence Épiscopale Provinciale du Kassaï pour diriger un projet d’une Université ayant pour siège à Kananga, Mgr Jean-Adalbert NYEME Tese a accepté la mission et s’y est donné totalement. Et il a construit des bâtiments dans une brousse. C’est le seul Congolais qui construisait pendant la guerre ! En 1998 alors que les rebelles s’approchaient dangereusement de Kananga et que l’on recevait énormément des blessés venant du front, le bâtisseur continuait son travail. Aujourd’hui il laisse au Kassaï une université viable avec trois Campus : Kananga, Kabinda et Tshumbe. Un jour je lui disais: vos œuvres imposeront aux générations à venir respect et considération envers votre personne. Et voilà! Nous y sommes déjà!

 

Excellence,

 

Le Professeur Mgr Jean-Adalbert NYEME Tese a été une bénédiction pour le Diocèse de Tshumbe, pour toute l’Église du Congo et pour toute la nation congolaise. Comme tous les enfants de Tshumbe, je m’incline respectueusement devant sa mémoire et je vous présente mes condoléances chrétiennes à vous, à tout le Diocèse, à toute sa famille biologique et à tout le monde universitaire du Sankuru et du Congo.

Puisse son âme reposer en paix !

Puisse le Seigneur bénir encore le Diocèse de Tshumbe !

 

Prof. Dr. Pierre Lohohola

Leuven

Belgique

*******

10).-En mémoire de Mgr NYEME!

Lettre écrite aux anciens d'Onema-Ototo

(Prof. Gaspard Okitadjonga Anyikoy)

 

Bien aimés,

C'est avec tristesse, profonde consternation et émotion que nous apprenons ce jour, le décès de notre formateur, respecté recteur et aîné dans la profession enseignante, Monseigneur Jean-Adalbert Nyeme Tese.

 

Que dire? Le Seigneur nous a donné, le Seigneur nous en a fait don; don d'un serviteur passionné et engagé; don d'un initiateur, toujours projeté vers l'avant; don d'un frère accueillant; don d'un enseignant par l'action, posé et pondéré... mais le Seigneur l'a repris. Que son nom soit glorifié, pour tout le bien réalisé par la vie de son serviteur! Qu'il le prenne en pitié, pour l'humain qu'il n'aurait pas réussi à vaincre! Que par son Amour aucun de ses défauts ne lui soit compté, pour que Monseigneur Nyeme trouve paix et repose éternel auprès de son Fils, Jésus, dont il a célébré quotidiennement le mémorial.

Owandji, kotshu la woladi!
Dans l'affliction!


Professeur Gaspard Okitadjonga Anyikoy 

***********************************

11).-Disparition brutale!

Notre prêtre Mgr Adalbert Nyeme Tese se détache de nous.

(Jean-Pierre OTENGA)

  

  

Les mots manquent à la communauté des Sankurois regroupée autour du Groupe Lessankurois-Thaïlande et Panama.

 

Voilà un qui se détache de nous et pas n'importe lequel, un homme et une tête, une bibliothèque nous quitte.

 

Monseigneur waso hatokoheki pondjo, ndo we toheke Sankuru, oyale avocat wa Sankuru lee Zambi Papa!!!

 

Kevins-Pires

Jean-Pierre OTENGA
Lessankurois Group
*****************

TOMBEAU DE NYEME TESE

(Prof. SHANGO LT)


Hélé Hélélé Hélélélé
Cri du coeur, Cri de l'âme, Cri de douleur
L'impensable est arrivé
La Grande Faucheuse qui n'épargne personne 
A encore frappé
Et quel coup!
Hélélé Hélélélé Hélé
Il nous glace d'effroi
Il nous stupéfie
On eût cru que le Ciel nous était tombé sur la tête
On eût dit que la terre se dérobait sur nos pieds.
Stupeur!
Hélélélé Hélé Hélélé
L'instant d'avant tu étais avec nous
L'instant d'après tu n'étais plus là
Effroyable nouvelle!
Qui l'eût cru! L'inimaginable est arrivé
Hélélé Hélé Hélé
Qui qui qui pouvait imaginer la terrible
nouvelle qui nous afflige nous affole nous
Terrasse?
Nyeme Tese Nyeme Tese Nyeme Tese
Je te nomme
La Faucheuse Implacable t'a injustement
arraché à notre affection
Pourquoi pourquoi pourquoi?
Hélélélé Hélélélé Hélélélé
Ce nom qui sonne encore dans nos oreilles
Ce nom qui chante encore dans coeurs
Ce nom qui nous rappelle encore tant et tant
d'engagements justes et nobles
Ce nom qui nous parle encore de tant et tant
des choses heureuses!
Nyeme Tese Nyeme Tese Nyeme Tese

Tu n'étais pas un prêtre à tapage ni à tralala
Tu n'étais pas un prêtre à ostentation ni à exubérance
Toujours traçant ton chemin sans acrimonie, sans lamentation
Malgré les trahisons rances et les chausse-trappes
Toujours préférant l'efficacité dans l'action et dans le silence
Ta taciturnité et ta discrétion masquant en fait la noblesse du coeur
Et de l'esprit
Nyeme Tese Nyeme Tese Nyeme Tese
La Mort cruelle t'emporte aujourd'hui
La Mort cruelle nous prive de ta présence
Mais elle ne saurait effacer ton legs, témoignage
d'une vie au service de ton sacerdoce, de ton Eglise
Et de ta famille
Le "e" constituant permanent de ton nom rappelle 
l'excellence de ton être et de ton coeur
Le "e" constituant persistant de ton nom dit l'exigence 
d'efficacité au service de ton engagement sacerdotal et humain
Le "e" constituant intrinsèque de ton nom renvoie à l'Ethique
que tu enseignas
Que dire de l'"y" qui l'accompagne et qui renvoie au yin et au yang
principes par excellence d'équilibre dans l'Extrême-Orient complexe?
Que dire du "m" qui évoque ici le mérite et la mission? Mérite par le travail
inlassable au service des autres dans le dévouement et dans l'humilité
Mission, par ton sacerdoce au service de l'Evangile, au service de Dieu 
et de son peuple
Et ce "T" de ton nom, symbole de tranquillité et de ténacité, se dresse 
comme un défi aux tourments et aux tribulations de l'existence 
que tu eus à affronter et à subir!
Nyeme Tese Nyeme Tese Nyeme Tese!
Mort, le nimbe de transcendance entoure désormais ton nom.
Mort, ton nom devient désormais l'axe de convergence de
ceux qui disent non aux ténèbres et aux démons de la zizanie!
Nyeme Tese Nyeme Tese
Je te sacre Vénérable Fils du Sankuru
Et du Congo
Nyeme Tese
Nyeme
         Tese!
  
Prof. SHANGO LT
****************

 

 
Recueilli par Abbé Claude OKONDJO
 
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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 20:27

"Au lieu que Mgr Nyeme soit debout avec nous ici à l’autel, le voici plutôt étendu devant nous, sans vie! La fête à laquelle il nous avait conviés avec toute sa générosité a brutalement tourné en deuil, son propre deuil, qui nous plonge dans les larmes". Telle est l'expression de consternation que  Mgr Nicolas DJOMO traduisit dans l'homélie tenue à la messe qui clôtura le premier centenaire d'évangélisation du diocèse de Tshumbe. Une clôture  qui a connu l'épreuve du deuil de la mort inopinée du Prélat d'honneur de Sa Sainteté, le Pape Benoit XVI.

 

HOMELIE A LA MESSE DE CLOTURE DU 1er CENTENAIRE D’EVANGELISATION

ET LES FUNERAILLES DE MONSEIGNEUR JEAN-ADALBERT  NYEME TESE,

PRELAT D’HONNEUR DE SA SAINTETE LE PAPE BENEOIT XVI

***************************************************************************

Introduction

 

Mes Chers Frères et Sœurs,

 

Depuis une année, nous étions en train de nous préparer pour nous retrouver autour de cet autel, autour du Seigneur, afin de lui rendre grâce pour le don de 100 années d’évangélisation de notre diocèse. Nous n’avions aucun doute, nous allions nous retrouver à l’autel  ensemble avec Mgr Jean-Adalbert Nyeme, Président du Comité organisateur du dit Centenaire.

 

Au lieu que Mgr Nyeme soit debout avec nous ici à l’autel, le voici plutôt étendu devant nous, sans vie ! La fête à laquelle il nous avait conviés avec toute sa générosité a brutalement tourné en deuil, son propre deuil, qui nous plonge dans les larmes.

 

Notre fête d’action de grâces tourne donc en larmes. Vous  avez tous été surpris par la nouvelle de son décès. En dépit de cette triste situation impensable,  une forte délégation de hautes autorités et d’importantes personnalités est venue de Kinshasa et de Mbujimayi, tenant ainsi à nous rejoindre dans  l’action de grâces que nous rendons à Dieu mais, maintenant, dans les larmes.

 

C’est de tout cœur que nous saluons chacun et chacune d’entre vous:

 

Þ    Son Excellence Monsieur le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Représentant Personnel du  Président de la Républiqueet Chef de l’État,

Þ    Son Excellence Mgr l’Archevêque de  Kananga, Président de l’Assemblée Épiscopale Provinciale de Kananga,

Þ    Leurs Excellences Nos frères les Évêques, membres de l’Assemblée  Épiscopale Provinciale de Kananga,

Þ    Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Information et de la Communication, Porte Parole du Gouvernement et  Représentant du  Gouvernement,

Þ    Monsieur le Porte-parole du Premier Ministre et Représentant Personnel du Premier Ministre,

Þ    Messieurs les Secrétaires Généraux de Ministères du  Gouvernement Central,

Þ    Honorables Députés Nationaux,

Þ    Honorables Sénateurs,

Þ    Excellence Monsieur l’Ambassadeur de l’Ordre Souverain de Malte,

Þ    Excellences Messieurs les Ambassadeurs,

Þ    Excellence Monsieur le Gouverneur de la Provincedu Kasayi Oriental,

Þ    Honorables Députés Provinciaux,

Þ    Excellences Messieurs et Mesdames les Ministres Provinciaux,

Þ    Révérends Chefs des  Confessions Religieuses,

Þ    Chers Frères et Sœurs venus d’Europe,

Þ    Tous nos distingués invités,

 

 

Le peuple du Sankuru ici réuni, autour du corps de Mgr Jean-Adalbert Nyeme, vous salue cordialement, et vous exprime toute sa gratitude pour votre présence à ces cérémonies. La famille biologique de Mgr Nyeme ainsi que sa famille spirituelle (prêtres, religieux et religieuses, auxiliaires de l’apostolat, tous les fidèles du diocèse de Tshumbe) et moi-même vous exprimons toute notre reconnaissance.

 

Notre consternation

Avant-hier, alors que nous le croyions en pleine activité de supervision des préparatifs des célébrations de la clôture du Centenaire de l’évangélisation de notre diocèse, Mgr Jean-Adalbert Nyeme, Prélat d’honneur de  Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, Président du  Comité d’Organisation de ces célébrations, est mort à l’improviste, sans que personne s’y attende. Il allait accomplir 66 ans le 7 décembre prochain.  Toutes les personnes présentes à Tshumbe, y compris Leurs Excellences Archevêque et Evêques, membres de la Province Ecclésiastiquede Kananga, venue assister à ces festivités, étions bouleversés, sous le choc, et nous le sommes encore en ce moment.

 

Mgr Nyeme, disions-nous, était le Président du Comité organisateur de ces célébrations. Dans son grand dynamisme, il en avait conçu toute la structure. Et, il présidait, au jour le jour, à la mise en œuvre de ce qu’il avait conçu.  C’est à moins de 48 heures de l’heure de l’Eucharistie de ce dimanche 28 novembre 2010 que le Seigneur  mis fin à ses jours sur cette terre, comme il l’avait fait avec Moïse aux bords du Jourdain en face de la Terre promise (cf. Dt 34, 4-5), et ce, alors que nous étions tous autour de lui,  en pleine activité, sous sa clairvoyante direction.

 

C’est  au mois de février dernier que nous avions demandé à Mgr Nyeme d’accepter de présider à l’organisation de la Célébration du Centenaire, lors de la messe d’ouverture de l’année de grâces le 4 février à Minga, à l’endroit même où le père Achille De Münster, missionnaire de la Congrégationdu Cœur Immaculé de Marie  (CICM) célébra la première messe sur ce territoire qui allait devenir l’actuel diocèse de Tshumbe. Il avait généreusement accepté notre demande, en dépit de ses multiples charges par ailleurs.

 

Fête d’action de grâces comme l’on n’en a jamais vu

Aussitôt Mgr Jean-Adalbert Nyeme, en vue de mobiliser tous les diocésains, conçut  le mot d’ordre: «Diwandja ne anto kawote voate Tateenaka Ne ». 

 

«Notre action de grâces devra être une fête comme  l’on n’en a jamais vu ».

 

Pourquoi une action de grâces dans une fête  comme l’on n’en a jamais vu ?  Tout simplement parce que, dans son esprit, il s’agissait d’une action de grâces à rendre à Dieu pour les merveilles, extraordinaires, qu’Il a accomplies sur ce terroir, et pour des générations pendant 100 ans. Une fête comme l’on n’en a jamais vu, c'est-à-dire celle qui soit à la hauteur des bienfaits que nous avons reçus de Dieu, nos prédécesseurs et nous, depuis maintenant un siècle. C’est donc un événement unique. Il exprimait la densité spirituelle qu’il accordait à l’événement  en parlant de la célébration des 100 années d’évangélisation en termes d’«Histoire saint » du diocèse de Tshumbe. C’est encore lui, Mgr Jean-Adalbert Nyeme, l’auteur de cette heureuse formulation.

 

Cette célébration était donc pour lui, avant tout, un événement spirituel dont la hauteur ne pouvait se mesurer avec aucun événement humain. D’où l’expression: «comme l’on n’en a jamais vu». Pourquoi  s’était-il donné cette vision, à laquelle il nous conviait tous ? C’est au regard des fruits de l’Evangile, semence de la parole de Dieu (cf. Lc 8, 4-15). C’est en contemplant le tableau des bienfaits de Dieu, fruits de l’évangélisation de notre diocèse, qu’il nous a demandé de nous mettre à genoux pour rendre grâce à  Dieu, de cette manière toute spéciale. Qu’est-ce à dire?

 

Pendant un siècle l’Evangile, apporté par nos vaillants missionnaires, a été prêché. La prédication de l’Evangile à converti les cœurs et continue à en convertir. Par la prédication de l’Evangile sont entrées dans l’Eglise, par le baptême, des multitudes. Cette multitude, devenue  ainsi membre de l’Eglise, peuple de Dieu, de génération en  génération, elle a été conduite sur les chemins de la sainteté par la réception des sacrements. Par la prédication de l’Evangile et la réception des sacrements, à la suite de nos missionnaires, beaucoup ont reçu l’appel  de Dieu pour le servir d’une manière particulière en tant que prêtres, religieux, religieuses et laïques consacrées.

 

Du dynamisme de l’Évangile, en suivant en cela le commandement du Christ, l’Église née sur ce territoire, a fondé des œuvres visant au salut intégral de l’être humain. D’où la fondation d’écoles (maternelles, primaires, secondaires, jusqu’aux aux Instituts d’enseignement supérieur et à l’Université). D’où la fondation et le développement des services en faveur de la santé de la population : hôpitaux, centres de santé. A cela, il faut ajouter des services sociaux comme des orphelinats ou des foyers sociaux pour la promotion de la condition féminine. Durant ce siècle a aussi été assuré, comme nous l’a recommandé le Christ,  le service de la charité auprès de tous ceux  et celles qui attendent  d’être secourus par la compassion du  Christ.  Tout au long de ce siècle, l’Eglise catholique à Tshumbe a œuvré pour l’unité du peuple de  Dieu, en réponse à la prière du Christ au moment de quitter ce monde: «Ut unum sint»,  «Qu’ils soient un» (Jn 17, 11). Au cours des ces cinquante dernières années  souvent marquées par des turbulences socio-politiques, le combat pour la paix a toujours été au centre des préoccupations de notre Eglise particulière.

 

C’est en contemplant cette histoire, l’Histoire sainte du diocèse de Tshumbe, que Mgr Nyeme nous conviait à une action de grâces  «comme l’on n’en a jamais vu».

 

Mgr Jean-Adalbert Nyeme fruit de l’Histoire sainte du diocèse de Tshumbe

 

Laissez-nous vous dire, chers frères et sœurs, que Mgr Jean-Adalbert Nyeme était le fruit de l’Histoire sainte du diocèse de Tshumbe. Et nous pouvons en témoigner, pour avoir grandi avec lui ici à Tshumbe, avoir fait nos études et fréquenté les mêmes classe ensemble, avoir été adopté par ses parents et lié à lui par une amitié datant de notre enfance.

 

Jean-Adalbert Nyeme était né le 7 décembre 1944, de parents profondément chrétiens : papa Wemakoy et maman Akatshi Véronique. Tous deux étaient   engagés dans les différentes paroisses où ils avaient eu à servir.  Maman Véronique Akatshi avait consacré de longues années de sa vie à l’enseignement et à la catéchèse des petits enfants. Une maman d’une foi profonde ;  tous ses enfants avaient ainsi reçu une  solide éducation chrétienne marquée par la dévotion à la  Vierge Marie.Jean-Adalbert Nyeme avait été transformé par cette éducation qui, par ailleurs, marquera toute sa vie et tous ses différents ministères.

 

Jean-Adalbert Nyeme était doté d’une foi qui le faisait croire qu’en vertu d’elle, il pouvait déplacer des montagnes. Et, des montagnes, il en a déplacé, car il avait foi au Seigneur. Quand tout nous paraissait impossible, Nyeme Jean, au contraire, croyait que c’était possible, grâce à sa foi. Cela a fait de lui un homme, un prêtre d’un dynamisme extraordinaire dans tout ce qu’il  entreprenait.  Il aimait concevoir et exécuter. C’était un créateur et un visionnaire. C’était un robot de travail, un fonceur,  mais en fait, un soldat de Dieu. Le combat qu’il menait était toujours un combat pour Dieu, un combat avec Dieu.

 

Ces talents extraordinaires reçus de  Dieu  il les a investis au service de l’Évangile par les différents ministères qu’il a exercés au cours de sa vie.  Professeur d’université, recteur d’université, il a consacré la plus grande partie de son ministère à la formation des cadres dont notre pays a besoin.  Il a consacré beaucoup d’énergie au développement communautaire des milieux ruraux par la création de la coopérative de Yanga. Il a été fondateur de l’Association des Moralistes  Congolais, cherchant à apporter ainsi sa contribution à la nécessité  ressentie de l’éthique dans l’action politique et dans tout agir social. Si nous disposons d’une Bible en Otetela aujourd’hui, c’est grâce à son travail inlassable. Si notre diocèse bénéficie de la présence des Auxiliaires de l’Apostolat, c’est grâce à son zèle pastoral.  Au niveau de notre Province Ecclésiastique,  Mgr Nyeme a été le bras pastoral des Évêques pour ce que nous pouvons appeler «Fondation Universitaire de l’Assemblée Épiscopale Provinciale de Kananga», dans ses différents Campus de  Kananga, Kabinda et Tshumbe, l’Université Notre Dame du Kasayi.

 

Jean-Adalbert Nyeme nous quitte en service commandé et nous lègue plusieurs chantiers

 

Chers frères et sœurs,

 

C’est en service commandé que Jean-Adalbert Nyeme nous quitte, en nous léguant ainsi tant de chantiers, dont certains ont été achevés, et d’autres   à poursuivre. Cela concerne la formation universitaire de nos jeunes, la Coopérativede Yanga qui devra toujours rester au service des communautés locales, les Auxiliaires de l’Apostolat, la vertu de l’hospitalité qu’il pratiquait à un haut niveau, l’idée de préparer un Synode diocésain au début du second Centenaire de l’évangélisation de notre diocèse, et j’en passe. Qui pourra combler le vide laissé par ce grand serviteur de l’Évangile?  Nous posons la question au Seigneur, sûr qu’Il nous viendra en aide, car  Il n’acceptera pas que l’œuvre que nous lègue Mgr Nyeme ne progresse plus.

 

Mais que nous dit le Seigneur d’un tel serviteur?

 

«Qui perdra sa vie à cause de l’Évangile, nous dit Jésus chez St Matthieu, la sauvera» (Mt16, 25). Mgr Nyeme a donné non seulement l’Évangile de Jésus-Christ à tous et à toutes, mais, comme le rappelle saint Paul aux Thessaloniciens  il a donné sa propre vie (cf. 1Th 2,8).  Il est  emporté dans l’espérance donné par l’Evangile qu’il a enseigné après l’avoir entendu. La croix, la résurrection du Christ, centre de notre vie et notre espérance, il y a cru et y a adhéré de  tout son cœur.

 

Il a donné sa vie en sacrifice d’action de grâces pour les bienfaits du Seigneur

 

Mais de quelle façon il donne aujourd’hui sa vie pour ceux qu’il aime?  Par cette mort inopinée, Mgr Nyeme donne sa vie en offrande d’action de grâces à  Dieu pour les 100 ans d’Histoire sainte de notre diocèse. Ainsi, comme sacrifice agréable à Dieu, nous clôturons, aujourd’hui, l’année du Centenaire avec l’enterrement de son corps. Ce jour, premier dimanche de l’Avent, restera une journée de prières, de méditation et d’action de grâces à Dieu, lui qui, dans son éternel dessein insondable, a voulu à ce que nous puissions clôturer ainsi ce Centenaire.

 

Saint Paul disait aux Philippiens que ce qui lui arrivait et lui arriverait, y compris sa mort, allait contribuer au progrès de l’Evangile (cf. Ph 1, 12). Que le sacrifice de la vie de Mgr Nyeme soit une semence pour la vitalité chrétienne dans notre diocèse en ce début du second Centenaire de son évangélisation.

 

Remerciements et hommages aux pionniers et premiers messagers de l’Evangile chez nous

 

Frères et sœurs dans le Christ Jésus,

 

C’est le moment de nous rappeler et de remercier tous les pionniers et messagers de l’Evangile dans notre diocèse : les Pères missionnaires de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM,Scheut) arrivés en 1910 ; les Pères  Passionistes, qui prendront la relève dès 1936 ;  les Prêtres diocésains,  à commencer par notre aîné, Mgr Victor  Wandja, ordonné  prêtre en 1945 ; les Sœurs Pénitentes, premières religieuses à fouler notre sol en 1928 ; les Sœurs Passionistes ; les Sœurs de Ste Famille d’Ypres ; les Frères de la Passion ; les Sœurs de St François d’Assise de Tshumbe. Un remerciement spécial va à mes prédécesseurs : Son Excellence Mgr Joseph Hagendorens,  ordonné évêque en 1947, Père fondateur de ce diocèse ; Son Excellence Mgr Albert Yungu qui a fondé, entre autres, nos nombreuses Communautés Ecclésiales Vivantes (CEV); Son Excellence Mgr Paul Mambe, qui a conduit en tant qu’administrateur apostolique, notre diocèse pendant deux années. Nous pensons aussi aux martyrs de ce diocèse : Pères Ramond et Lambert, qui ont versé leur sang pour le progrès de l’Évangile dans notre diocèse. Nous n’oublions pas les nombreux Catéchistes, auxiliaires indispensables à la diffusion de la parole de Dieu à travers nos villages, toujours présents aux côté des missionnaires  dès le début de l’évangélisation. Que le Seigneur daigne rétribuer tous ses serviteurs et servantes, car c’est grâce à eux que le flambeau de la foi en Jésus-Christ a pu être porté jusqu’à ce jour, et  qu’il va pouvoir continuer à briller au cours du second Centenaire dans lequel nous entrons aujourd’hui.

 

Ce second Centenaire commence en ce premier dimanche de l’Avent. Ce que l’Église célèbre, pendant l’Avent, c’est l’avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ. Ce  Jésus que nous allons faire connaître, tout au long de ce nouveau Centenaire, par une annonce renouvelée de l’Évangile.

 

Cette annonce de l’Evangile, au cours de ce nouveau temps de grâces, aura à relever des défis de taille. Face à ces défis nouveaux, le Pape Jean-Paul, tout comme son Successeur, le Pape Benoît XVI, nous demandent de concevoir ce qu’ils appellent une «nouvelle évangélisation» qui est le thème choisi par Benoît XVI pour le Synode des Évêques d’Octobre 2012 à Rome. La nouvelle évangélisation, selon leur appel, devra l’être aussi bien dans ardeur, dans son zèle et dans ses méthodes.

 

Conclusion

 

Mgr Jean-Adalbert Nyeme, ayant rejoint la famille de notre diocèse déjà dans l’au-delà, va certainement intercéder pour nous : pour la nouvelle évangélisation, pour l’unité, l’amour, et la réconciliation dans notre diocèse ; pour que sa famille reste confortée et continue de porter le flambeau de la foi reçu des parents.

 

Nous confions ce second Centenaire de l’évangélisation de notre diocèse à la protection maternelle de la Vierge Marie, patronne de notre diocèse.  Élevé dans la tradition de la dévotion  mariale, que Mgr Nyeme retrouve aujourd’hui celle qu’il évoquait à longueur des journées tout au long de sa vie.

 

Avec Job nous disons: «le Seigneur nous l’avait donné, le Seigneur l’a repris: que le nom du Seigneur soit béni!»  (cf. Jb1, 21). Notre supplication, Seigneur, c’est que tu lui pardonne tous ses péchés et lui accorde le repos éternel. Amen.

                              

Fait à Tshumbe, Dimanche 28 Novembre 2010

  Mgr Nicolas DJOMO

  Évêque de Tshumbe

 Mgr-Nyeme-photo-CENCO.jpg

Mgr Jean-Adalbert NYEME

Prélat de Sa Sainteté Benoit XVI  

Mgr J.-A. NYEME

Recevant les félicitations de ses frères et soeurs en Christ

P1040669 (2)

Les abbés Pierre LOWA et René OKITUNDU

autour du cercueil du promotionnaire

Encensement cerceuil Mgr NYEME P1040676 (2)

Mgr Nicolas DJOMO

encense le cercueil  du promotionnaire

Prof-LOKADI-pleure-Mgr-NYEME.jpgProfesseur LOKADI en flots de larmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 09:25

L'opinion publique accuse, à tort ou à raison, les ecclésiastiques du Diocèse de Tshumbe de complicité avec les politiciens pour diviser les enfants du Sankuru et le peuple de Dieu sur base d"un faux clivage EKONDA - ESWE (FORETS - SAVANES). Elle les accuse de les dresser les uns contre les autres, en tenant des discours hypocrites de la fraternité et de l'unité.  Retrouvé le 16 août 2010, à l'issue des ordinations sacerdotales, dans la Paroisse de Tshumbe, autour de son Évêque, Son Excellence Mgr Nicolas DJOMO, le Clergé diocésain a ressenti la nécessité de prendre clairement position face aux tristes événements qui se sont succédés en mars et en avril 2010 à Lodja et à Tshumbe. De commun accord, les prêtres se sont engagés fermement devant Dieu à rester témoins d'une corporation sacerdotale unie et indivisible, mais aussi acteurs d'unité et de paix au service de l'Église locale et du Sankuru tout entier. Mieux vaut tard que jamais, se sont-ils dits,  pour célébrer les vertus de l’audace, ou au contraire, de la prudence contenues dans ce proverbe! 

Photo d'archive

 

La lutte et le sacrifice de Patrice-Emery Lumumba, héros national de la République Démocratique du Congo et grande fierté du Sankuru, n’ont pas été vains. Il consacra son combat tant aux idéaux de libération et de liberté qu'au règne de justice, de solidarité et de l'unité du pays.

 

Quand Mgr Albert Yungu, d'heureuse mémoire, convoqua la rencontre d’"Enyamba-a-waadi", il ne croyait pas si bien commencer. Sous l'inspiration de l'Esprit Divin et de la sagesse ancestrale, le Prélat avait donc compris l’importance de la vie d'unité pour un Sankuru prospère et fort. Ainsi voulait-il conduire le peuple de Dieu et les enfants du Sankuru à la source des origines pour y puiser les forces qui puissent sauvegarder et souder leur identité commune. 

 

Face aux tristes événements survenus à Lodja et à Tshumbe, en mars et en avril 2010, le Clergé du Diocèse de Tshumbe déplore la situation, s'engage fermement devant Dieu, prend position et propose une voie d'issue.

Prenant position, le Clergé:

1).- exprime sa profonde compassion aux sinistrés et victimes des événements et désavoue sans équivoque les manipulateurs;

2).- invite la famille des enfants de Dieu à la vigilance pour tenir bon devant les fauteurs des troubles sans compromettre l'unité et la solidarité; 

3).- refuse de considérer les diversités du peuple du Sankuru comme sources de déchirement, d'angoisse et d'exclusion en lieu et place d'une grande richesse. C'est pourquoi il encourage et félicite vivement tous les acteurs du développement intégral du Sankuru et souhaite qu'ils aient la liberté de se mouvoir et de s'établir sans restriction partout au Sankuru;

4).- promet de travailler plus que jamais, ensemble, main dans la main, prêtres et fidèles, et rejette énergiquement toute sollicitation d'instrumentalisation de l'Église et de son personnel au profit des intérêts égoïstes.  

Pour des manquements graves aux obligations de concorde, d'unité et de paix, le Clergé propose une voie de réconciliation:

  • Organiser dans les familles, les communautés ecclésiales vivantes et dans les Paroisses du Diocèse des rites de repentir et de pardon "afin que tous soient un" (Jn 17, 21). 

Le lecteur trouvera le document et les signataires in extenso repris ci-après:

 aternité universelle.

PRISE DE POSITION DES PRETRES DU DIOCESE DE TSHUMBE FACE AUX RECENTS EVENEMENTS SURVENUS A LODJA ET A TSHUMBE EN MARS ET AVRIL 2010

*************************************************************************************************************************************

Nous prêtres, membres du Clergé du Diocèse de Tshumbe, réunis autour de notre Évêque, Son Excellence Monseigneur Nicolas DJOMO, le lundi 16 août 2010 à l’issue des ordinations sacerdotales de nos cinq derniers prêtres, au cours de cette année du premier Centenaire de l’Évangélisation de notre Diocèse (1910 – 2010);

Appelés du milieu de notre peuple pour partager "ses joies, ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses" (Gaudium et spes, n° 1);

Et en vertu de la mission de l’Église qui est d’être le sacrement d’unité et d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut apportée par Notre Seigneur Jésus-Christ au peuple du monde entier, mission qui implique la conversion de tous (Cf Mc 1,15);

Avons ressenti la nécessité de prendre clairement position face à la situation qui prévaut dans notre région, à savoir les tensions sociales basées sur le faux clivage EKONDA (Forêts) – ESWE (Savanes), survenues déjà en 1963, toujours récurrentes, et dont les dernières tristes manifestations datent de Mars et Avril 2010 à Lodja et à Tshumbe;

Après prière et examen minutieux de ladite situation,

 

Prenons position sur ce qui suit:

1°. Face aux victimes de ces événements douloureux qui ont consisté en des nombreuses pertes de vies humaines en 1963 et des biens, en des déplacements en masse des populations entières, en des haines tenaces et en des nombreux drames dans les foyers et dans les vies privées, nous exprimons d’une part notre profonde compassion et d’autre part notre désaveu sans équivoque en l’endroit des instigateurs de ce mal.

2°. Face aux nombreuses tentatives de division et à toutes les velléités qui portent atteinte à l’unité du Sankuru et du peuple Tetela – Kusu dans son ensemble, nous invitons la Famille de Dieu à rester inébranlablement unie et solidaire.

3°. Face à toute action, parole ou geste, de nature à détruire l’unité comme le prône notre sagesse ancestrale qui dit: «Oloyi mbolee dihonga» c’est-à-dire «l’union fait la force», «Lohita otoyi hatongona odika» c’est-à-dire «un seul doigt ne ramasse pas une noix», ou encore «Coyi mfumbe» c’est-à-dire «une personne esseulée est un esclave», et conformément à l’enseignement du Christ « Que tous soient un»

(Jn 17,21), nous prenons le ferme engagement de rester les témoins d’une Église locale, Famille de Dieu, unie et indivisible.

4°. Nous encourageons et félicitons vivement tous les fils et toutes les filles du Sankuru ainsi que tous les autres qui entreprennent des actions et posent des actes louables pour le développement intégral de notre peuple partout dans notre Diocèse et au-delà.

5°. Quant aux diversités qui caractérisent notre peuple, nous n’acceptons pas qu’au lieu qu’elles soient une grande richesse dans la complémentarité, qu’elles deviennent des sources continuelles de déchirement, d’angoisse et d’exclusion.

6°. Face aux tentatives répétées d’instrumentaliser l’Eglise et son personnel dans des causes inavouées et partisanes, le Clergé refuse énergiquement et rejette pareilles sollicitations.

7°. Lors de la préparation des cérémonies de la clôture du Centenaire, que soient organisées dans les paroisses, les communautés ecclésiales de base, les familles et les forces vives, des rites de pardon et de réconciliation qui seront couronnées solennellement lors de la dernière semaine allant du 15 au 21 novembre 2010.

8°. A l’aube du deuxième Centenaire de l’Évangélisation de notre Diocèse, nous nous engageons à travailler plus que jamais, ensemble main dans la main, prêtres et fidèles, comme fils et filles du même Ancêtre éponyme Onkutshu-Membele, afin de réaliser l’idéal de réconciliation, de justice et de paix tel que voulu par le dernier Synode des Évêques pour l’Afrique tenu à Rome du 04 au 25 octobre 2009.

Nous adressons nos ferventes prières au Christ, Sauveur du monde, par l’intercession de la Vierge Marie, Mère du Rédempteur et Patronne de notre Diocèse, afin qu’Il nous garde unis dans la fraternité universelle des enfants de Dieu.

 

Fait à Tshumbe, le 16 août 2010.

 

Suivent les signatures de:

  • Mgr Albert HIOMBO
  • Mgr Jean-Adalbert NYEME TESE
  • Abbé Jules OMOKONGE
  • Abbé Pierre NDJOVU
  • Abbé Pierre LOWA
  • Abbé Adrien ONOLOWA
  • Abbé Emmanuel OKOTA
  • Abbé Richard LOLEHA
  • Abbé Victor MANYA YOHE WONDO
  • Père Michel OLENGA OKUNDJI
  • Père Pierre OHANGA
  • Abbé Jules OSSOMBO
  • Abbé Pascal DJONGELO
  • Abbé Amand KALONDA
  • Abbé Jean-Major LOHONGA
  • Abbé Roger MPOMBO
  • Abbé Michel KAHUDI
  • Abbé Berthold OKITO
  • Abbé Alphonse OKONGO
  • Abbé Joël MAMBA
  • Abbé César YOHA
  • Abbé Omer OMATOKO
  • Abbé Emery DIOWO
  • Abbé Emmanuel ASEKE
  • Abbé Abbé Sylvain LOMOLA
  • Abbé Valentin KASENDE
  • Abbé Jean-Félix KIPANGA
  • Abbé Franklin ELONGE
  • Abbé Joseph OKUNDJI
  • Abbé Joseph KAYANDE
  • Abbé Augustin SHAKO YODI
  • Abbé Michael SHOSONGO
  • Abbé Daniel LOKANGA
  • Abbé Antoine NDJEKEDIMBA
  • Abbé André-Médard OHONGO
  • Abbé François PONGO
  • Abbé Albert NGENGE
  • Abbé Dieudonné LONGONDJO

 

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 00:30

L'Église Catholique de BUKAVU, à l'Est de la République Démocratique du Congo, ramasse continuellement, depuis plus de 13 ans, les corps de ses Bergers, fidèles, prêtres, religieux et religieuses tombés sous les balles des hommes qui sillonnent impunément les coins et les recoins de l'Archidiocèse en armes à feu. Étreint par l'angoisse de deux assassinats successifs de son prêtre et d'une religieuse, Son Excellence Mgr François-Xavier MAROY, Archevêque de BUKAVU, lors d'une homélie pathétique, tenue à l'occasion de la messe des obsèques de l'Abbé Daniel CIZIMYA NAKAGAMA, tiré à bout portant et abattu la nuit du 6 décembre 2009 dans son presbytère de KABARE, traduit ses états d'âme. In extenso l'homélie de l'Archevêque:

Mgr Maroy sacre

Textes liturgiques de la célébration eucharistique du 08 décembre 2009 aux obsèques de l'Abbé Daniel: 

1°- Livre de la Sagesse 3, 1-11: Les âmes des justes, elles, sont dans la main de Dieu...Aux yeux des insensés, ils passèrent pour morts...; 
 
2°- Lettre aux Romains 8, 31-39: Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? (...) nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.
3°- Evangile selon Saint Jean 12, 24...28: si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit.

"1. Chers frères et sœurs dans le Christ, je vous salue et vous présente mes condoléances suite à l'assassinat de l'Abbé Daniel et celui de la Sœur Denise.

2. Vous le savez pertinemment bien, une grossesse dure 9 mois, et une mère qui a enduré les douleurs d’une grossesse souffre terriblement quand une autre personne maltraite son enfant. Autrement dit, ne peut maltraiter un enfant que celui ou celle qui n’a pas connu les douleurs de son enfantement.


3. La formation d’un prêtre, je la compare, à quelques exceptions près, à l'espace de temps que dure une grossesse. Mais plus qu’une grossesse, cette formation dure 10 ans. Par conséquent,  tuer un prêtre c’est offenser gravement sa mère l’Eglise. Alors, peut-on douter de la malédiction qu’ont attirée sur eux ceux qui ont assassiné l’Abbé Daniel et la Sœur Denise?


4. Chers frères et sœurs, j’étais en route vers Israël, pour qu’ensemble avec d’autres Évêques j’aille me recueillir et prier sur le lieu qu’a foulé le Christ, Notre Seigneur. A cause de ce drame, j'ai décidé de rentrer et je me suis retrouvé parmi vous. Il n’y a pas longtemps, j’étais en plein synode africain à Rome, et sans attendre sa conclusion, j'en suis sorti pour retourner au pays à cause des dégâts subis à la paroisse de Ciherano, puis au couvent des frères Maristes à Nyangezi par les ennemis de la paix dans notre pays. Si la paroisse de Kabare a été attaquée ces jours-ci, l’hôpital de Kabare l’a été quelques temps avant. Le comble, c’est le fait que ces malveillants viennent d’entrer au monastère pour tuer une des moniales dont l’une de grandes activités est "la prière". Quel contraste, mes frères et soeurs, quel contraste entre la prière et les armes!

5. Une fois informé des affres subies à Murhesa, j’ai décroché mon téléphone et ai appelé tour à tour pour qu'elles viennent à notre secours les autorités tant politiques que militaires, à Bukavu, au Kivu et même à Kinshasa. Aucun signal d'assistance ne fut observé de leur part! Une chose est vraie: le peuple ne peut pas mener une vie aussi précaire en présence des autorités provinciales, nationales et internationales irresponsables et complices de son triste sort.

Si celles-ci se voient incapables de le protéger, qu'elles le disent pour que ce peuple se prenne en charge lui-meme. Mes amis, nous le savons bien, le pouvoir de ces autorités est plus "attiré et intéressé aux dollars" et "aux matières premières" qu’à la sécurité du peuple et de ses biens; le faisant, elles vont certainement à leur perte, car l’insécurité qui en découle peut ne pas les épargner.

6. Tuer un prêtre c’est décapiter la tête d’une portion de l’Eglise. Qu’en sera-t-il des autres membres?

7. Le plan macabre de ces actes répétés consiste, dit-on, à réduire l’Église au silence. Car sa présence gêne et accuse. Mais qu’avons-nous fait du mal pour être ainsi traités et devenir la risée et l’opprobre de nos voisins? D’après ce plan diabolique, l'objectif est de paralyser la tète pour que les membres soient inefficaces; c'est-à-dire, il faut agenouiller l’Église de Bukavu pour que les inciviques opèrent en toute quiétude dans la zone. Quelle drôle de méthode? Je vous assure, mes frères et soeurs, pour mettre  l’Église à genoux, il ne sert à rien d'utiliser le fusil, c’est une grosse erreur. Les Chrétiens Catholiques ne s’agenouillent que devant l’Eucharistie.

8. A mon humble avis, nous ne devons rien nous reprocher, mes frères. Il y a une décennie, nous avons défendu les droits des Citoyens Congolais jusqu’à l’assassinat de nos Évêques, des prêtres, des religieux et des chrétiens. Sans perdre courage, nous avons aidé le peuple à aller aux élections dans le but de quitter le désordre pour redresser le pays.

9. Nous avons ainsi accompli notre devoir de citoyen en mettant en place des autorités que nous avons choisies pour nous gouverner, en se mettant au travail! Malheureusement, nous nous rendons compte qu’elles font plutôt le contraire de leurs obligations, jusqu’à vendre le pays et trahir le peuple, pour ainsi dire.

10. Qu’allons-nous faire, maintenant, en pareille situation? Est-il honorable de lapider les députés, le gouverneur de Province? Allons-nous ravir les fusils aux militaires et les utiliser à notre tour?. Hélas! Nous devons nous demander sincèrement: qui est cet ennemi qui nous ronge et nous trahit? Qui est cet ennemi que nous devons combattre ensemble?


11. Nous exhortons les militaires, les députés et les ministres provinciaux, tous et chacun selon sa catégorie, à s’acquitter de son devoir. Et que chacun se demande si réellement il sait ce qu’il doit faire avant de s’interroger sur la performance de l’autre. Et si nous constatons qu'un tel n’est pas à la hauteur de sa tâche, n’hésitons pas à le dénoncer. Prenons courage, mes chers amis.


12. Malheureusement, il existe parmi nous des gens à double face; des hypocrites, des personnes qui mangent sur deux tables: celle de l’eucharistie et celle de l'assassinat. Pendant la journée, elles touchent le corps du Christ et, pendant la nuit, elles touchent les armes à feu et font couler du sang. Qu’elles sachent qu’elles s’attirent la malédiction de l'Auteur de toute vie humaine.


13. Il n’est pas impossible que certains d’entre nous cachent chez eux ou soient eux-mêmes les ennemis de la paix que nous recherchons. Quelle duplicité! Et à quelle fin cela mène-t-il?


14. J’appelle chacun de vous à la vigilance aux fins de découvrir ces hors-la loi.  Autrement, cette aventure ne finira jamais. Une vigilance prompte et sans complaisance est nécessaire, car ces ennemis de la paix se situent à tous les échelons de la société congolaise. 

15. Voilà pourquoi, je me pose et vous pose la même question: "qui sera la prochaine victime?" C’est une anxiété que j'éprouve et que je partage avec chacun de vous.


16. La première lecture de cette célébration nous a bel et bien recommandé de ne pas avoir peur. Et celui qui essaye de nous intimider sache qu'il se trompe, car l’Eglise tire sa force des martyrs, en commençant par Jésus Christ lui-même, il y a de cela deux mille ans.


17. Chers frères et sœurs, chaque fois que le sang des chrétiens est versé innocemment, c’est un témoignage en plus. En cela, tous ceux qui ont été baptisés au nom du Christ doivent savoir qu'à chaque fois qu'ils subissent la mort et toute sorte de souffrance, ils portent sa croix. Ne reculez donc pas, allez toujours de l'avant.


18. A travers l’enterrement de l’Abbé Daniel et celui de la Sœur Denise, nous semons de nouveau de la bonne semence sur cette terre de nos ancetres afin de produire en faveur du peuple  Congolais et de l'Église Catholique de BUKAVU des fruits de paix.


19 Puisons des forces nouvelles dans ces tristes événements pour que nous puissions attirer les égarés vers la vie du salut. Les laisser errer sur le chemin de la perdition serait pécher par omission. Il est de notre devoir de nous prendre urgemment par la main en nous indiquant mutuellement le chemin qui conduit à la paix. Il n’est pas étonnant de rencontrer beaucoup de résistance chez certains. Dans ce cas, l’union faisant la force, nous pouvons ensemble les entraîner vers le bien dont notre région et notre a grandement besoin aujourd’hui.

20. Voilà le témoignage que nous attendons des chrétiens ces jours-ci. Faire le contraire c’est tromper les autres. D’ailleurs, si nous étions fermes et fidèles dans notre engagement en tant que chrétiens et citoyens de ce pays, beaucoup de choses auraient déjà changé.

21. Nous qui participons à cette célébration eucharistique, implorons le Seigneur afin qu’en partant d’ici, chacun de nous se rappelle et rappelle également aux autres le devoir d’aimer notre pays, de le reconstruire et de travailler pour l'avènement de la paix.


22. Pas plus tard qu’hier, j’ai demandé à l’Abbé Daniel de me donner la force de tenir jusqu’au bout cette célébration eucharistique. Je lui dis merci, car je suis convaincu qu’il m’a aidé en intercédant pour moi. Monsieur l'Abbé, intercède toujours pour nous afin que notre pays refuse de trahir sa souveraineté et que notre Église aille de l'avant et tienne bon dans cette situation de persécution!"


Mgr François-Xavier MAROY, Archevêque de BUKAVU
Homélie prononcée aux obsèques de l'Abbé Daniel CIZIMYA
BUKAVU/RDCONGO.-

(Texte reproduit par l'Abbé Claude OKONDJO)  

 

 

 

 

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 23:43


Le 1er mai 2009, notre jeune grand séminariste, Abbé Augustin SHAKO YODI, fils du feu Ferdinand YODI SHEMBO, issu d'une famille-village, plus de 50 enfants (cfr discours du jour du diaconat), étudiant en théologie à
l'Université Pontificale de la "Santa Croce" à Rome, a été consacré aux offices de charité et
d'administration, en la Basilique "Saint'Appolinaire" de l'Université, 

des mains de Son Éminence le Cardinal William LEVADA, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ils étaient 9 au total, venus de quatre points cardinaux du monde.
 
 
Désormais Clerc, dans l'exercice de son rôle, tel que le définit la constitution dogmatique Lumen Gentium, 29, il appartient à notre nouveau confrère dans le Clergé, "d'administrer solennellement le baptême, de conserver et de distribuer l'Eucharistie
 
d'assister, au nom de l'Église, au mariage et de le bénir, de porter le viatique aux mourants, de donner lecture aux fidèles de la Sainte Écriture, d'instruire et exhorter le peuple, de présider au culte et à la prière des fidèles, d'être ministre des sacramentaux, de présider aux rites funèbres et à la sépulture". Dans six mois canoniques, à compter du jour de son diaconat, monsieur l'Abbé Augustin SHAKO YODI deviendra prêtre pour célébrer l'Eucharistie, changer le pain en Corps et le vin en Sang du Christ. Les jours se bousculent bien vite et le grand rendez-vous pointe à l'horizon.

Deux familles étaient au rendez-vous de son diaconat: la famille religieuse diocésaine de Tshumbe et celle biologique des SHEMBO, honorée par la présence de Maman Thérèse ESEKA SHEMBO (Tante paternelle, sur la photo ci-haut derrière l'ordinand) avec à ses cotés ses deux soeurs, AMENEWO PONGO Elisabeth, LOHATA YODI Véronique et son grand frère TONDA PONGO SHEMBO Mike. 

                                               
                                             Ci-après la cérémonie en quelques photos:


Abbé Augustin, premier à gauche en aube sur la photo

Se prépare à recevoir l'imposition des mains

Imposition des mains du Cardinal, président du culte

Pendant la prière d'intercession

Abbé Augustin, premier à gauche en dalmatique sur la photo

 Abbé Augustin devant le Cardinal, président du culte,
Bible en mains

Communion du Diacre

Avec une enfant de choeur


Photo de famille avec le cardinal



Ainsi fut fait.
Abbé Claude OKONDJO
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