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  • : Église Catholique au Sankuru, en République Démocratique du Congo.
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  • Pierre Claude OKONDJO
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.
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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 09:51

Mgr Théophile KaboyEn mission en dehors de la ville de Goma, Mgr Théophile KABOY, Evêque du Diocèse de GOMA, ému par la situation socio-sécuritaire qui prévaut dans son diocèse et dans la Province du Nord-Kivu, envoie un message de  réconfort  au  peuple  de Dieu  et  aux  hommes  de  bonne volonté. Tout en présentant ses condoléances pastorales à toutes les personnes affectées par ces affres de la mort, il en appelle à  la  conscience  des  responsables  de  ces  tristes événements  et aux  autorités compétentes afin que «AU NOM DE DIEU» ON LES LAISSE "VIVRE"...EN PAIX!. C'en est trop, la culture de la mort à Goma et au Kivu!

 

C’est  depuis  le  mois  de  mars  2012  que  quelques  faits  et événements démontrent  que  la situation  sociale,  sécuritaire  et politique  n’est  pas  au  beau  fixe  dans  la  Province  du Nord-Kivu. Le triste  événement  du  18  novembre  2012  est  encore  frais  dans  nos mémoires,  à  en juger par ces conséquences:

- Que de vies humaines perdues, des déplacés loin de leurs villages et de leurs champs, massés dans des camps de fortune aux conditions très précaires.

- Que  de  violations  des  droits  de  l’homme,  des  enfants  contraints d’abandonner  leur scolarisation, enrôlés de  force dans des groupes armés, des  filles et  femmes  violées. Bref, la dignité humaine est bafouée.

J’en  appelle  à  la  conscience  des  responsables  de  ces  événements  et aux  autorités compétentes en ces termes: «AU NOM DE DIEU LAISSEZ-NOUS VIVRE!»

Les Négociations de Kampala, l’Accord Cadre d’Addis-Abeba, les Résolutions du Conseil de Sécurité  des Nations Unies ont été à la base de l’arrivée  de la brigade d’intervention des Nations Unies composée de tanzaniens, de sud-africains et de malawites pour traquer les forces négatives …

Chacun de ces événements faisait miroiter un avenir radieux au peuple de la Province du Nord-Kivu, fatigué par ces guerres récurrentes  de deux décennies.  

 

Mais hélas! Pourquoi traîner les aspirations de tout un peuple  au  nom  des  idéologies  et  fausses ambitions?  Le peuple n’a pas besoin d’assister aux joutes politiques comme s’il était un spectateur dans une scène théâtrale où il est incapable de passer au crible le décor au fond hégémonique. Plusieurs situations démontrent  une  conduite  paradoxale  au  détriment  de  notre  peuple qui, du reste, laisse conforter cette hypothèse. Il est temps de se dévêtir du vieil homme en vue de militer pour la paix totale.

J’en  appelle  à  la  conscience  des  responsables  de  ces  événements  et aux  autorités compétentes en ces termes: «AU NOM DE DIEU LAISSEZ-NOUS VIVRE!»  

 

J’insiste  donc  "Laissez-nous  vivre",  car  ce mois  d’août  2013 semble  de mauvais  augure pour  les  populations  civiles  au  regard  des arrestations  arbitraires  de  quiconque  dénonce  la mauvaise gestion de cette situation de crise. Bien plus, les obus largués l’après-midi  du jeudi 22  août  à  Kanyaruchinya  dans  le  Territoire  de  Nyiragongo,  ou encore,  au  centre-ville  de Goma dans  le Quartier Murara  (Office  II), et  finalement celui de samedi 24 août à Ndosho, n’ont fait qu’attiser la psychose d’insécurité par le nombre des décès et des blessés.

Je réitère mes condoléances les plus émues à toutes les personnes qui ont perdu les leurs et leurs biens et  salue  sincèrement  la  bravoure  des soldats  au  front  pour  bouter  hors  d’état  de  nuire  les ennemis. Jusques à quand  le peuple  recouvrera  la paix pour construire un monde plus beau qu’avant?

J’en  appelle  à  la  conscience  des  responsables  de  ces  événements  et aux  autorités compétentes en ces termes: «AU NOM DE DIEU LAISSEZ-NOUS VIVRE!»

Il est vrai que dans ce contexte il devient difficile de tenir. Rien qu’à répertorier le nombre des milices semant  la désolation horrifiante. A  la suite de mon message  ‘’ Relevons  la tête’’ en cette  période  de désolation,  du  06 mai  2013,  je  condamne  ce  cercle  infernal  des violences perpétrées ;  j’encourage  notre  peuple  à  tenir  bon,  «Soyez vigilants:  votre  adversaire,  le démon, comme  un lion qui rugit, va et vient, à la recherche de sa proie. Résistez-lui avec la force de  la  foi» (1P5, 8-9a). Redoublons d’effort dans  la prière pour ne pas  tomber dans le piège de ceux qui veulent créer une confusion totale dans la ville en s’en prenant aux paisibles citoyens et à leurs biens. Nous sommes tous frères.

Je  recommande  à  toutes  les  forces vives  engagées dans  cette  crise  à prendre  au  sérieux  les résolutions déjà prises pour que la paix revienne. Que les prochaines consultations nationales soient  un  espoir  pour  un avenir  radieux.  Je  souhaite  que  les  différents  délégués  des composantes  se  parlent  à  cœur  ouvert  et  qu’ils  tiennent  un même langage  en  privilégiant l’intérêt national.


Monseigneur Théophile KABOY,
Evêque du Diocèse de GOMA. 

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Published by Mgr Théophile KABOY - dans VIE SOCIALE
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