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  • : ANJASHI WA TSHUMBE
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  • : Un espace web pour informations et communications, échanges et contacts, analyses, opinions et débats sur la vie. Champs d'intérêt: Vie de l'Église Catholique Romaine et vie en République Démocratique du Congo.
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Profil

  • Pierre Claude OKONDJO
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.
  • Prêtre du Diocèse de Tshumbe, en République Démocratique du Congo. De formation philosophique et théologique. Certifié en anglais auprès de "The Language Center of Ireland". Docteur en Sciences de Communication Sociale Institutionnelle.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 20:13

République Démocratique du Congo

Ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire.

UNIVERSITE NOTRE-DAME DE TSHUMBE

« UNITSHU »

Rectorat

Tél. : (+243) 992 71 73 20 – 81 502 5756 - 81 35 75 165

E-mail : UNDT.rectorat@gmail.com

 

 

COMPTE RENDU DU COLLOQUE TENU A L’UNIVERSITE NOTRE-DAME DE TSHUMBE

DU 11 AU 14 FEVRIER 2015

 

 

PREAMBULE

Il s’est tenu du 11 au 14 Février 2015 à l’Université Notre-Dame de Tshumbe par le biais du centre ’’Foi et engagement social de l’Eglise’’ créé au sein de notre université, un colloque ayant pour thème « Quelle éducation pour une culture de la paix ? ». Le présent rapport décrit le déroulement de ce colloque dans son ensemble. Abordé dans un cadre scientifique, ce thème entendait contribuer aux efforts de rétablissement et de consolidation de la paix en terre tetela. Une paix continuellement menacée et maintes fois perturbée par des conflits individuels et communautaires aux causes multiples.

Cinq grands points qui constituent les grandes articulations du colloque seront développés dans les lignes qui suivent à savoir : l’opportunité du colloque, les catégories des participants, les interventions des conférenciers, les résolutions prises et les perspectives d’avenir.

 

1. DE L’OPPORTUNITE DU COLLOQUE

Le colloque tenu au sein de l’UNITSHU est une première dans le milieu et dans la région ; il a reçu le total assentiment des participants et de la population locale dans son ensemble. Son thème « Quelle éducation pour une culture de la paix ? » traduit les aspirations du peuple tetela depuis longtemps déchiré par des guerres intestines et des conflits récurrents accentués pour des raisons de positionnement politique, social, économique et professionnel. Cela a pris un relief particulier à partir des échéances électorales de 2006 où de massives violations des droits de l’homme sur le sol tetela ont été perpétrées pour cause d’appartenance politique ou tribale.

Le besoin de la paix étant exprimé par l’ensemble du peuple surtout dans la perspective des élections de 2016 en RDC. Les idées véhiculées dans ces assises ont généré une série des résolutions qui y ont été arrêtées à l’unanimité. Parmi les effets multiplicateurs du colloque, on peut citer en parallèle, la création par l’Evêque du Diocèse de Tshumbe du ‘’Bureau diocésain de la culture de la paix’’ et l’acquisition d’une station radiodiffusion de la culture de la paix.

D’autres effets multiplicateurs qui rentrent dans l’actif de ce colloque viennent de la population qui, très satisfaite de ce forum sur la culture de la paix, a émis les vœux de voir se multiplier plusieurs colloques du genre non seulement à Tshumbe mais aussi en d’autres lieux de l’espace géographique tetela.

 

2. DES PARTICIPANTS

Etaient attendus dans ce colloque la population de Tshumbe, les membres de l’Université Notre-Dame de Tshumbe ainsi que les invités venus de plusieurs horizons de la RDC : Kinshasa, Lodja, Katako-Kombe, Lubefu, Wembo-Nyama et les environs de Tshumbe.

Les invités présents avaient constitué un échantillon représentatif des couches sociales de la population tetela à savoir les prêtres, les religieux, les religieuses, les représentants des partis politiques, les chefs des confessions religieuses, le monde universitaire (les Professeurs, les Chefs de Travaux, les Assistants), les étudiants, les élèves, les enseignants, les autorités politico-administratives, les chefs coutumiers, etc.

Un nombre de participants évalué à plus de 300 personnes avait pris part à ce colloque qui avait duré quatre jours et dont les interventions ont captivé l’attention de tous.

 

3. DES INTERVENTIONS

Ce colloque a connu treize conférences animées par les personnalités académiques, scientifiques et les animateurs culturels du terrain. En voici quelques sujets développés.

1. « L’histoire des tetela et les différentes guerres intestines » : cette conférence est allée aux sources des conflits chez les tetela depuis les origines. Il s’agit de situer ces conflits dans leur champs diachronique d’éclosion, cerner leurs modes de fonctionnement pour les prévenir efficacement.

2. « Le mariage comme pacte de pacification chez les tetela » : le tetela est un peuple au sein duquel le mariage constitue une valeur fondamentale et une richesse incommensurable. Ainsi, l’union matrimoniale constitue un moyen pour resserrer les liens de paix troublés par des conflits entre les familles, les clans ou les tribus.

3. « Le message biblique sur la paix » : la paix ne peut porter des fruits que quand elle est soutenue par la parole révélée. D’où l’importance des sources et de la signification bibliques de la paix pour inculturer ce message chez le peuple tetela.

4. « L’enseignement de la CENCO sur la paix » : la RDC a connu une dure période de troubles liés aux élections et aux conflits armés. L’Eglise catholique du Congo a été très active pour livrer des messages de paix à chaque circonstance. Ces messages constituent une source de revisitation pour célébrer la paix chez les tetela.

5. « La paix et l’évangélisation chez les tetela » : étant reconnu comme un peuple belliqueux, la parole de l’évangile qui met l’accent sur la foi en Dieu et l’amour du prochain a été très déterminante pour vivre la paix chez les tetela.

6. « Education à la paix dans la catéchèse de l’Eglise » : il s’est agi de livrer l’enseignement et la doctrine catholique au sujet de la paix.

7. « Le profil du politicien et de l’intellectuel dans la culture de la paix » : les atteintes à la paix avaient pris des proportions inquiétantes lorsque le politique et l’intelligentsia tetela se sont mêlés surtout à partir des années 1960 jusqu’à ces jours. Ces deux types d’hommes manipulent le langage, le discours et les catégories chimériques pour susciter, pour une raison ou une autre, les conflits entre les tetela. D’où la nécessité d’un type de politicien et de l’intellectuel nouveau, épris de paix chez les tetela.

8. « Education à la paix pour une nouvelle citoyenneté » : la paix étant un droit, une valeur inscrite dans l’arsenal juridique congolais, la constitution en particulier, devient une exigence fondamentale opposable à tous les citoyens. Observer la paix devient une nouvelle manière d’être citoyen par le changement des attitudes et comportements hostiles à la paix.

9. « Education à la culture de la paix en famille » : pour que la paix soit pas un rendez-vous maqué des tetela avec l’histoire, elle doit être vécue et inculquée à partir de la famille considérée comme cellule mère de la nation.

10. « Education à la paix à l’école » : il s’agit de relayer l’éducation familiale en initiant l’enfant à partir de l’école aux valeurs et aux attitudes favorables à la paix.

11. « Education à la paix dans l’enseignement supérieur et universitaire » : à travers cette conférence, il s’est agi d’accompagner l’enfant devenu adulte à l’université à dissiper les velléités de conflit car la paix doit constituer une quête permanente pour l’homme d’aujourd’hui et de demain. La paix comme valeur vécue à l’université sera répercutée dans les milieux socio-professionnels au sein de la population.

 

4. RESOLUTIONS

Des différents exposés riches et complémentaires répartis en quatre sous-thèmes et des échanges fructueux qui s’en sont suivis, il se dégage les résolutions et recommandations suivantes :

  1. Les participants s’engagent à diffuser le message du colloque sur l’éducation à la culture de la paix à travers les couches sociales dont ils sont issus.

  2. L’Université Notre-Dame de Tshumbe s’engage à publier les actes de ce colloque et à en conserver le message comme lieu d’information pour le monde scientifique, le public en général et pour le peuple tetela en particulier.  

 

5. RECOMMANDATIONS

  1. Que ce type d’atelier scientifique soit régulièrement organisé par l’UNITSHU.

  2. Que l’histoire du peuple tetela et son unité soit enseignée correctement à notre jeunesse.

  3. Que soit créé à l’UNITSHU un cadre permanent de réflexion entre les intellectuels en général et les cadres universitaires en particulier sur des questions liées à la culture de la paix.

  4. Que les moyens de résolutions de conflits utilisés jadis en cas de luttes intestines par les tetela soient revisités et actualisés.

  5. Que des études scientifiques soient menées dans le cadre de la recherche à l’université afin de fustiger l’idéologie du clivage Eswe-Ekonda (Savane-Forêt) et renforcer la conscience en l’unité du peuple tetela.

  6. Que la coutume soit respectée en ce qu’elle renferme comme héritage positif et comme détentrice d’un pouvoir de pacification et de réconciliation.

  7. Que dans le catéchisme enseigné pour l’initiation chrétienne soit inséré un chapitre sur la paix, avec explication des signes, symboles et images y relatifs.

  8. Que l’enseignement de la CENCO sur la paix soit vulgarisé au niveau de toutes les couches sociales.

  9. Que l’intellectuel tetela prenne conscience de sa responsabilité de leader et qu’il sache éclairer l’opinion avec honnêteté.

  10. Que la famille comme première cellule de la société offre aux enfants un milieu sain et paisible pour leur croissance et que les parents se présentent comme les premiers modèles de pacificateurs.

  11. Que l’école et les institutions d’enseignement supérieur et universitaire soient vécues comme une famille et que soient bannies en leur sein toutes les scènes de violences telles que les punitions corporelles, les abus sexuels, ainsi que la corruption sous toutes ses formes, le despotisme et autres anti-valeurs qui compromettent la paix.

  12. Que les valeurs chrétiennes et morales soient enseignées, vécues et enracinées en milieu universitaire en vue de permettre la formation de futurs cadres compétents et responsables.

  13. Que le dialogue soit instauré à tous les niveaux (famille, école, institutions supérieures et universitaires, sphère politique et autres regroupements sociaux) afin de cimenter la paix, prévenir d’éventuels conflits et le cas échéant chercher des voies de réconciliation.

  14. Que soit mis fin à la discrimination sous toutes ses formes au sein des écoles et des institutions d’enseignement supérieur et universitaire, et que la méritocratie soit encouragée comme critère d’évaluation.

  15. Que les chansons et autres récits faisant allusion à des faits de violence ou faisant appel à la violence soient proscrits.

  16. Que le milieu scolaire et d’institution d’enseignement supérieur et universitaire gardent leur caractère apolitique en vue de préserver le climat de paix.

  17. Que soient promus l’esprit de dialogue et de tolérance dans les institutions d’enseignement supérieur et universitaire.

  18. Que soit protégé un climat de paix dans les relations entre les étudiants, les agents et les autorités à l’enseignement supérieur et universitaire.

  19. Que soit renforcé auprès de nos étudiants l’abc de la sagesse, l’amour du prochain, l’altruisme, le sens du sacrifice et la culture de la personnalité pour éviter de servir de caisses de résonnance aux instigateurs à la violence.

  20. Que l’autorité diocésaine organise le service d’aumônerie dans toutes les institutions de l’ESU de sa juridiction.

  21. Que soient initiées des rencontres culturelles de célébration de la paix entre les descendants d’Onkutshu-Membele à l’instar de la rencontre d’Enyamba-a-waadi.

 

6. PERSPECTIVES D’AVENIR

Fort des acquis très positifs du premier colloque et de l’aura dont elle jouit, l’Université Notre-Dame de Tshumbe entend organiser un deuxième colloque l’année prochaine (2016) avec le thème suivant : « Culture de la paix et du développement dans la nouvelle province du Sankuru. Défis et perspectives ».

Cette thématique tombe à point nommé à l’heure du découpage des nouvelles provinces en RDC. Le Sankuru qui est érigé en nouvelle province est une région très enclavée déchirée par des conflits internes et où la pauvreté économique et matérielle bat son plein. Un tel colloque qui connaitra la participation des économistes, des opérateurs économiques et culturels ainsi qu’un éventail large de toutes les couches sociales cimentera les retombées du premier colloque sur la paix et ouvrira les horizons pour un développement économique durable dans la région. Car la paix est un ingrédient indispensable au développement.

Fait à Tshumbe, le 23 Février 2015.

 

LE RECTEUR,

 

 

Sœur WALO OMANA Rebecca

Professeur Ordinaire

UNIVERSITÉ NOTRE-DAME DE TSHUMBE (UNITSHU): QUELLE ÉDUCATION POUR UNE CULTURE DE LA PAIX?
UNIVERSITÉ NOTRE-DAME DE TSHUMBE (UNITSHU): QUELLE ÉDUCATION POUR UNE CULTURE DE LA PAIX?

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Published by Professeur Rebecca-Gemma WALO OMANA - dans EVENEMENTS
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